Le Maroc a interdit de nouveau samedi le retour à El-Aaiun occupé (Sahara Occidental) de la militante sahraouie des droits de l’homme, en grève de la faim à Lanzarote (îles Canaries), a annoncé à Lanzarote le chef de cabinet du ministère espagnol, Agustin Alonso, qui a déploré "profondément" la décision marocaine. "Les autorités marocaines ont refusé une nouvelle fois d'autoriser le retour de la militante sahraouie Haidar à El-Aaiun, qui dispose pourtant d’une autorisation de sortie du territoire espagnol", a-t-il souligné au cours d’une conférence de presse.
"Le Maroc n’a pas accepté les conditions exposées par le gouvernement espagnol pour le retour de la militante sahraouie", après 20 jours de grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote où elle a été expulsée par les autorités marocaines, après lui avoir confisqué son passeport, a-t-il ajouté. Devant l’intransigeance marocaine, le responsable espagnol a proposé, encore une foi, à la militante sahraouie d’accepter le statut de réfugié en Espagne comme solution à sa situation. Aminetou Haidar avait déjà rejeté les propositions du gouvernement espagnol, affirmant que la "seule chose" qu’elle voulait est de rentrer chez-elle auprès de sa famille à El-Aaiun occupé, et qu’elle poursuivrait sa grève de la faim "jusqu’au bout". "Ma dignité est au-dessus de tout. Comme mère, je pense toujours à mes enfants, mais je préfère que mes enfants vivent sans mère mais avec dignité", avait-elle affirmé à plusieurs reprises.
Pour sa part, la député du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, au pouvoir), Delia Blanco, qui devait accompagner la militante sahraouie à El-Aaiun, vendredi soir, avant le revirement du Maroc, a indiqué que Haidar "n’a pas été surprise" par le nouveau refus marocain, car "elle s’y attendait déjà". Mme Blanco, qui est également présidente de la commission de coopération internationale du Congrès des députés (chambre basse du Parlement espagnol) que "toutes les démarches seront poursuivies" pour tenter de trouver une solution à la situation de Haidar.
Elle a affirmé également que le refus marocain d’autoriser la militante sahraoui à rentrer chez-elle au Sahara Occidental "ouvre un nouveau scénario" dans les relations entre l’Espagne et le Maroc. Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, M. Antonio Guterres, avait exhorté vendredi le Maroc et l'Espagne de faciliter le transfert, vers El-Aaiun occupée, d'Aminetou Haidar. "Eu égard à la dégradation rapide de l'état de santé de Mme Aminetou Haidar, en grève de la faim à l'aéroport de Lanzarote depuis le 16 novembre, le Haut commissaire lance un appel en vertu des bons offices du HCR et, pour des motifs purement humanitaires, aux gouvernements des deux Etats directement concernés, l'Espagne et le Maroc, afin d'envisager toute mesure pouvant faciliter son transfert et sortir de l'impasse actuelle", avait indiqué le HCR dans un
communiqué.
Le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, est "préoccupé" par les tensions "croissantes" entre le Maroc et le Front Polisario, tensions qui se sont accrues avec la récente détention de plusieurs groupes de militants sahraouis et le sort de la militante sahraouie Aminetou Haidar, avait déclaré mardi dernier sa porte-parole. M. Ban a répondu par écrit à des lettres envoyées par le Front Polisario à ce sujet, a-t-elle ajouté lors du point de presse quotidien au siège des Nations unies à New York. "Le secrétaire général a appelé les deux parties à continuer à coopérer avec son Envoyé personnel, Christopher Ross, pour planifier un autre cycle de pourparlers et travailler ensemble, afin d'arriver d'un mutuel accord à une solution politique", a-t-elle ajouté.
Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), M. Jean Ping, a demandé, dans une déclaration, aux autorités marocaines de permettre à la militante sahraouie, Mme Aminetou Haidar, de retourner dans son pays, le Sahara Occidental.
"Le président de la Commission s'associe aux autres acteurs internationaux pour demander aux autorités marocaines de permettre à Mme Haidar de retourner au Sahara Occidental", indique le texte de la déclaration. "M. Ping continue de suivre de très près les développements au Sahara Occidental, en particulier ceux relatifs à la situation des droits de l'homme dans le territoire, ainsi que le cas spécifique de l'expulsion de Mme Aminetou Haidar, militante sahraouie des droits de l'homme", précise-t-il.



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