Le roi du Maroc Mohammed VI a lancé dimanche soir (3 Janvier 2010) à Marrakech le chantier d’une « régionalisation avancée » de la monarchie marocaine. Le souverain marocain entend par cette initiative la rénovation et la modernisation des structures du royaume avec un nouveau modèle gouvernemental spécifiquement marocain. Toutes les régions du pays vont bénéficier de cette dynamique de régionalisation avancée et parmi les premiers bénéficiaires sera, le Sahara occidental.
Pour assurer la dynamisation et la réussite de ce nouveau chantier, le roi du Maroc a installé une Commission Consultative de Régionalisation (CCR) dirigée par Omar Azziman (ancien ministre de la Justice et actuel ambassadeur du Maroc à Madrid) et composée de 21 membres pour la plupart hauts fonctionnaires, universitaires, juristes, historiens, géographes, sociologues et économistes, qui doivent pencher sur ce projet et s’ingénier un nouveau modèle de régionalisation, tout en évitant de sombrer dans le mimétisme ou la reproduction à la lettre des expériences étrangères, qui doit être présenté au souverain marocain avant la fin juin 2010.
Le projet de la régionalisation devra tenir en compte les spécificités de la monarchie marocaine et s’appuyer sur plusieurs fondamentaux et en particulier « l’attachement aux sacralités et aux constantes de la nation, notamment l’unité de l’Etat et du territoire, dont le souverain est le garant et le protecteur ». Il devra donner à l’action de l’Etat, une forte impulsion sur le plan territorial surtout en ce qui concerne la réorganisation de l’administration locale et la nécessité de lui conférer plus de cohérence et d’efficacité, ainsi que l’impératif de renforcer l’encadrement de proximité.
Non plus, le projet de la régionalisation ne devra pas se réduire à une simple redistribution des compétences entre le centre et les régions. Il devra donner naissance à des régions à part entière, viables et stables dans le temps, fondées sur des critères rationnels et réalistes, dirigées par des élites qualifiées et aptes à gérer au mieux les affaires de leurs régions respectives, et non à des entités purement formelles ou bureaucratiques. A cet égard, le projet devra donner naissance à des nouvelles préfectures et provinces tout en tenant compte des impératifs de la bonne gouvernance territoriale, des spécificités et des potentialités propres à chacune des régions, ainsi que des besoins de leurs populations respectives en matière de développement.
Le projet de la régionalisation sera une forme de décentralisation qui transfère aux régions des pouvoirs administratifs, économiques, et politiques. Il sera une initiative qui va accorder à la région une certaine autonomie gouvernementale afin de valoriser et défendre son identité et ses particularités et promouvoir sa situation socioéconomique. Ce projet permettra de préserver le multiculturalisme qui enrichit le Maroc et d’éradiquer les inégalités régionales par la mise en place d’un programme national de développement régional.
Le chantier de la régionalisation avancée de la monarchie marocaine permettra à chaque région d’adopter une organisation gouvernementale propre à ses spécificités qui ne transgressera en rien la charte nationale de la déconcentration, Il accordera à la région le pouvoir d’avoir sa fiscalité, de veiller à la qualité de l’enseignement et du système sanitaire et d’améliorer son infrastructure. Les citoyens de la région auront la possibilité de gérer eux-mêmes leurs affaires sociales, économiques, culturelles, et sécuritaires sur un pas égalitaire.
L’initiative de la régionalisation est un bon choix politique qui créera une atmosphère de concurrence régionale qui va donner naissance à une révolution sur beaucoup de plans. Ce qui est bon pour la région l’est aussi bon pour la nation. La recherche de l’intérêt régional conduira naturellement la nation au bien-être et à la prospérité en permettant l’apparition et la prolongation de la croissance économique ainsi que l’élévation et l’amélioration des niveaux et des modes de vie de la société marocaine. En plus de ça, cette initiative est une stratégie qui permettra d’apaiser les tensions régionalistes et de contrecarrer les revendications autonomistes de quelques entités ethniques et socioculturelles et surtout celles des séparatistes sahraouis menés par le front du Polisario.



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