Le régime de Mohamed VI repousse systématiquement toutes les démarches internationales destinées à permettre le retour d'Aminatou Haidar à El Aaiun. Les demandes formulées par la Secrétaire d'État nord-américaine Hillary Clinton, par le ministère des affaires étrangères français, par le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon, par le Comisariat de l'ONU pour les Réfugiés, l'Union Européenne et quelques gouvernements amis du Maroc, comme celui que préside Rodríguez Zapatero, ont été considérés inopportuns par les Autorités de Rabat. Le régime alaouite s'en tient à sa formule : "le cas d'Aminatou Haidar n'est pas des droits de l'homme, mais un cas politique", pour justifier son niet.
Pedro Canales, 17-12-2009
Le gouvernement de Mohamed VI arbore une fausse "unanimité nationale" sur la question du Sahara, avec laquelle il essaie de justifier que la totalité de la classe politique, des organisations corporatives et de la société civile, se trouvent alignées sans fissures avec la position qui défend le Palais royal. Rien de plus loin de la réalité. Non seulement des intellectuels prestigieux et connus, des professeurs d'Université et des journalistes, non seulement ont réitéré que "il est nécessaire de donner la parole aux saharauis", au même temps ont dénoncé les arrestations, les tortures, les violations aux droits de l'homme qui commettent les forces policières dans les villes du territoire sahraoui, mais quelques formations politiques marocaines se sont clairement exprimées contre la position officielle qui affiche le régime.
Le parti politique La Voie Démocratique, l'une des formations de la gauche marocaine, défend ouvertement le "droit d'autodétermination" pour les sahraouis. D'autres leaders de partis minoritaires, certains originaires de la formation Illal Amam qu'Abraham Serfaty dirigeait dans les années 70 et par laquelle il a purgé 17 ans de prison avant d'être expulsé en France, se sont également soulevés pour défendre le référendum d'autodétermination pour le peuple sahraoui.
La position intransigeante de la monarchie alaouite envers Aminatou Haidar, va au-delà de la question du Sahara Occidental. Le régime de Rabat veut silencier une voix de la société civile qui a une reconnaissance internationale, qui exige que la Déclaration Universelle des Droits de l'homme s'applique au Maroc. Une Declaration qui inclut entre autres le droit à la libre circulation dans son propre pays, la prohibition de la torture et des arrestations arbitraires, du droit à la défense, et le droit de choisir librement la confession religieuse.
Le Maroc vulnère systématiquement ces droits universels. Le journaliste Chakib Khiyary, vient de connaître sa sentence pour payer 80 mille euros et quatre ans de prison ferme, pour avoir dénoncé une trame de corruption et de trafic de drogue au nord du Maroc, dans laquelle étaient impliquées des hauts officiers de l'Armée et la Gendarmerie réelle.
En ce qui concerne la liberté de culte, supposément garantie par les Lois marocaines, elle vient de recevoir un sacré coup avec une nouvelle arrestation de prédicateurs chrétiens de la région d'Oujda. Deux sudafricains, deux Suisses et une guatémaltèque, ont été expulsés du pays par procédé d'urgence. Sans jugement. La Police les a arrêtés dans une maison de la localité balnéaire méditerranéenne de Saidia, et les a expulsés du pays dans les heures suivantes.
La vulnération des droits démocratiques et des libertés fondamentales a eu dans le cas de l'ex-militaire Kaddour Terhzaz un triste exemple. Cet employé supérieur des Forces Armées Royales, était le numéro deux de l'Armée de l'Air, durant la guerre du Maroc contre le Front Polisario. Une fois le cessez-le-feu proclamé en 1991, le Colonel Major Terhzaz a fait l'impossible pour que les prisonniers marocains qui se trouvent dans les mains du Polisario soient libérés. Plus tard, quand Mohamed VI accéda au trône après la mort de son père Hassan II, Kaddour Terhzaz s'est personellement occupé du sort des prisonniers qui rentraient au Maroc après des années de captivité dans le désert de Tindouf.
Il a récemment essayé d'écrire une lettre au roi pour dénoncer la situation des soldats et de sous-officiers qui avaient été libérés et qui étaient systématiquement marginalisés par l'État-Major des FAR. L'honnêteté de cet officier et sa disponibilité vers ses subordonnés, lui a valu un jugement dans un tribunal militaire qui a été soldé avec 12 ans de prison pour "attentat à la sécurité externe de l'État et divulgation de secrets de la défense nationale". L'aviateur, dans sa missive dirigée au Roi, disait simplement que les avions n'étaient pas équipés d'une protection antimissile.
La répression contre Aminatou Haidar est destinée à empêcher la formation d'un vaste mouvement de droits civiques et pour les libertés individuelles qui est n train de germer au Maroc. C'est pour cette raison que le régime se maintient intransigeant, même si l'activiste sahraouie devait payer avec sa vie.
Traduction : Diaspora Saharaui



2 commentaires
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je confirme, on est des royalistes. car le roi nous unifie. et, c'est un bon roi quoiqu'ils disent les jaloux. avec lui on a acquis des libertés et, droits que d'autres pays Africains ou Arabes n'ont pas la chance de les avoir. on est un pays moderne ouvert. son économie est en plein croissance.
