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Actualité Editorial
Le premier discours du président Barack Obama
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Publié le 20/01/2009 20:43 par

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Photo : Barack Obama
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Américains, Américaines, chers concitoyens, Je me présente devant vous, plein d’humilité face à la tâche qui nous attend. Je vous sais gré de la confiance que vous m’avez accordée, conscient des sacrifices faits par nos ancêtres. Je remercie le président Bush pour son service à la nation, ainsi que la générosité et la coopération dont il a fait preuve pendant toute cette transition.

44 Américains ont, à ce jour, prêté serment pour devenir président. Ces mots ont été prononcés, à l’époque d’une prospérité croissante et alors que le pays connaissait la paix. Cependant, de temps à autres, le président prête serment alors que se profilent des nuages et s’annoncent de violents orages.

A de telles époques, l’Amérique a pu aller de l’avant, non seulement grâce au talent ou à la vision de ceux qui exercent de hautes responsabilités, mais aussi parce que le peuple américain est resté fidèle aux idéaux de ses ancêtres, conformément aux documents des Pères fondateurs.Ainsi fut-il par le passé, ainsi doit-il être pour cette génération d’Américains.

Il est désormais acquis que nous sommes en pleine crise. Notre pays est en guerre, confronté à la violence et la haine. Notre économie est affaiblie. C’est là, la conséquence de l’âpreté au gain et de l’irresponsabilité de certains. Mais c’est aussi le résultat de notre incapacité à faire des choix difficiles et à préparer la nation à entrer dans une ère nouvelle.

President Barack Obama waves before giving his inaugural address at US Capitol in Washington, 20 Jan 2009
Le président Barack Obama peu avant son discours

Certains ont perdu leur maison, leur emploi, des entreprises ont fait faillite. Notre système de santé est trop onéreux, nos écoles ne sont pas à la hauteur pour un trop grand nombre de jeunes Américains. Et chaque jour qui passe apporte de nouvelles preuves que les façons dont nous utilisons l’énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.

Tels sont les indices d’une crise, comme le reflètent les données et les statistiques. Moins facile à mesurer mais tout aussi profonde est l’érosion de la confiance en notre pays – la crainte persistante que le déclin de l’Amérique est inévitable, que la prochaine génération doit réviser ses aspirations à la baisse.

Aujourd’hui, mes concitoyens, je tiens à affirmer que les défis auxquels nous sommes confrontés sont réels. Ils sont graves et nombreux. Il ne sera pas facile de les relever et cela ne pourra pas se faire rapidement. Mais nous savons que l’Amérique sera capable de la relever.
En ce jour, nous sommes rassemblés car nous savons que nous avons choisi l’espoir et non la peur, l’unité de notre commune destinée, face au conflit et à la discorde. En ce jour, nous sommes venus proclamer la fin des petites querelles mesquines, des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés, car trop longtemps, nous avons étranglé notre politique.

L’Amérique demeure une nation jeune mais, pour citer les Saintes Ecritures, le temps est
Crowds gather on the National Mall in Washington for the swearing-in ceremony of President-elect Barack Obama, 20 Jan 2009
Des centaines de milliers de personnes rassemblées à Washington pour l'investiture du président Obama
venu de mettre à l’écart les querelles infantiles.
Il est temps de réaffirmer notre foi inébranlable, de choisir une histoire meilleure, de traduire dans les faits ce précieux cadeau, cette noble idée transmise de génération en génération, à savoir que nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres, et nous méritons tous d’avoir l’occasion de jouir pleinement du bonheur.

Nous réaffirmons la grandeur de notre nation, conscients du fait que cette grandeur ne doit jamais être tenue pour acquise. Il faut la gagner. Nous n’avons jamais tenté de prendre des raccourcis ou de nous contenter de moins. Nous n’avons pas choisi la voie de la facilité, la voie de ceux qui préfèrent les loisirs au travail, de ceux qui ne recherchent que les plaisirs de la richesse et de la réputation.

Au contraire, l’Amérique est un pays de citoyens qui prennent des risques, des hommes d’action, qui font des choses – certains connaissent la renommée mais le plus souvent, les Américains sont souvent des hommes et des femmes qui travaillent dans la modestie, qui nous ont permis, au terme d’un long chemin difficile, d’accéder à la prospérité et la liberté.

Pour nous, ces citoyens ont rassemblé leurs quelques biens, ils ont parcouru les océans, à la recherche d’une vie nouvelle.
Pour nous, ces hommes et ces femmes ont connu un dur labeur, dans des ateliers, à accomplir des tâches mal rémunérées. Ils ont connu le fouet et labouré des terres arides. Pour nous, ces Américains sont morts au champ d’honneur en divers points du globe, de Concorde et Gettysburg, à la Normandie et Khe Sahn.

People waiting in line to enter restricted area reserved for Silver ticket holders ahead of Obama swearing-in ceremony, 20 Jan 2008
Des gens attendant de prendre place avant la cérémonie d'investiture
Très souvent, ces hommes et ces femmes ont fait des sacrifices, ils ont travaillé de leurs mains pour que nous connaissions une vie meilleure. Ils savaient que l’Amérique est plus grande que la somme des nos ambitions individuelles, plus grande que tout ce qui nous sépare – la naissance, la richesse ou les factions.

Tel est le parcours que nous poursuivons, aujourd’hui. Nous demeurons le pays le plus prospère, le plus puissant de la Terre. Le travailleur américain n’est pas moins productif que lorsque la crise a éclaté. Les Américains ne sont pas moins inventifs, les biens et services de l’Amérique ne sont pas moins recherchés qu’ils ne l’étaient la semaine dernière, le mois dernier ou l’année passée.

Nous aptitude à réussir n’en demeure pas moins égale à elle-même. Mais l’époque où nous nous reposions sur nos lauriers, l’époque où nous protégions nos intérêts étroits, où nous remettions à plus tard les décisions difficiles – cette époque est résolument révolue. A compter de ce jour, nous devons retrousser nos manches et nous atteler à la tâche de refaire l’Amérique.

Dans tous les domaines, il y a du travail à faire. L’état de notre économie doit nous mobiliser, pour passer rapidement à l’action. Et nous sommes bien décidés à agir, non seulement pour créer de l’emploi, mais pour jeter les nouveaux fondements de la croissance.

Nous allons nous atteler à la construction de routes et de ponts, nous allons doter l’Amérique d’un réseau électrique et d’une infrastructure numérique pour répondre aux besoins de notre commerce et renforcer notre cohésion. Nous allons redonner à la science la place qui devrait lui revenir. Nous allons faire appel aux progrès de la technique, pour améliorer la qualité de notre système de santé et en faire baisser le coût.

Nous allons tirer partie de l’énergie solaire, éolienne et de la biomasse, pour assurer la propulsion de nos voitures et faire tourner nos usines. Et nous allons entreprendre la transformation de nos écoles et établissements d’enseignement supérieur, pour qu’ils soient à même de relever les défis d’une ère nouvelle. Tout cela, nous sommes en mesure de l’accomplir.

Et c’est bien ce que nous allons faire.
Cela dit, certains se posent des questions sur la mesure de nos ambitions. Ils se demandant si notre système peut s’accommoder de tels plans. A ceux là, je répondrai qu’ils ont la mémoire courte. Car ils ont oublié notre acquis, ce que peuvent faire des hommes et des femmes libres, quand l’imagination nourrit le désir de réussir, quand la nécessité s’allie au courage.
Aux cyniques je dirais que le sol a bougé sous leurs pas. Que les vieux arguments politiques auxquels nous nous sommes heurtés si longtemps ne sont plus de mise. La question n’est pas, aujourd’hui de se demander si le secteur public est trop grand ou trop petit, mais bien s’il fonctionne, s’il aide les familles américaines à trouver un emploi assorti d’un salaire décent, à bénéficier de services (de santé) qu’ils peuvent se permettre, à jouir d’une retraite digne.

Quand la réponse à ces questions est Oui, alors nous sommes bien décidés à aller de l’avant. En revanche, si la réponse est négative, nous mettrons fin à ces services. Ceux qui gèrent les deniers publics seront désormais tenus responsables. Nous devrons dépenser avec sagesse, nous débarrasser de nos mauvaises habitudes, agir dans la transparence – c’est à ce prix seulement que nous rétablirons la confiance vitale entre le peuple et son gouvernement.

Il n’est pas question, non plus, de se demander si l’économie de marché est une force au service du Bien ou du Mal. Sa capacité à engendrer la richesse et accroître la liberté est sans commune mesure. Mais la crise actuelle vient nous rappeler que sans supervision, l’économie peut échapper à tout contrôle. La nation ne peut pas prospérer longtemps, quand elle ne favorise que les riches.

La mesure de la réussite de notre économie ne se juge pas seulement à l’aune de notre Produit intérieur brut – mais il s’agit de voir à qui profite cette prospérité, dans quelle mesure nous pouvons donner l’égalité des chances à tous ceux qui le souhaitent – pas par charité mais bien parce que c’est le meilleur moyen d’œuvrer au Bien commun….

 
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