Bir Lehlu, 17/01/2009 (SPS) "En ce début de la nouvelle année 2010, les autorités d'occupation marocaines au Sahara occidental persistent et signent dans leur politique de répression, d'escalade et des violations flagrantes du Droit international et du droit humanitaire universel", constate le Président sahraoui dans une lettre à M. Ki-moon, dont nous publions ci-après l'intégralité.
Bir Lehlu, 17 Janvier 2010
M. Ban Ki-moon,
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies,
New York
Monsieur le Secrétaire général,
En ce début de la nouvelle année 2010, les autorités d'occupation marocaines au Sahara occidental persistent et signent dans leur politique de répression, d'escalade et des violations flagrantes du Droit international et du droit humanitaire universel.
Alors que, à l’image de la communauté internationale, nous espérions que la nouvelle année apporte une évolution positive et concrète dans le respect des droits humains par le gouvernement marocain, voici qu’il continue à commettre constamment de graves atteintes aux droits des Sahraouis qu’ils soient au Sahara Occidental occupé, au sud du Maroc, dans les universités marocaines et ailleurs.
En effet, le gouvernement marocain détient encore, et à tort, sept militants sahraouis des droits humains depuis le 8 Octobre 2009. Pire encore, il continue à les soumettre aux interrogatoires et aux pressions, dans l’attente de les traduire en cour martiale, pour le seul motif d’avoir simplement visité leurs familles dans les camps de réfugiés sahraouis.
Parler en ce troisième millénaire, de traduire en cour martiale des civils sahraouis, inscrits chez les plus grandes organisations des droits de l'homme, comme défenseurs des droits humains, est un acte scandaleux et honteux par toute l'Humanité.
En plus, les autorités d’occupation marocaine persistent dans le renforcement d’un siège sécuritaire resserré sur les citoyens sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental, qui se reflète dans le cas de l'activiste des droits humains, Aminetou Haidar revenue dans son pays natal, après avoir souffert de l'expulsion injuste, pour se retrouver encerclés dans une maison ceinturé par un cordon sécuritaire englobant toutes les rues adjacentes à son domicile, au moment où ses visiteurs sont l'objet de menaces verbales et même d'arrestation.
Les mêmes autorités d’occupation marocaines continuent encore à assiéger huit militants des droits humains sahraouis, après avoir confisqué leurs papiers pour les empêcher de voyager à l'étranger. Il s’agit de Sidi Mohamed Dedech, El Arbi Messoud, Ahmed Sbai, Soltana Khaya, Atighou Brahim, Brahim El Isamili, Hmad Hamad, Abderrahman Bougarfa.
Les arrestations en masses, les procès iniques, les jugements injustes et les discours incitant au chauvinisme contre tout Sahraoui qui déclare son attachement à la Charte des résolutions des Nations Unies, notamment au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et l'indépendance, sont toujours de mise. Aujourd'hui, il y a dans les prisons marocaines, en plus de groupe des sept mentionnés ci-dessus, 52 prisonniers politiques sahraouis, répartis entre dans la prison de la ville d’El Aaiun, la capitale occupée du Sahara occidental, et dans les prisons des villes marocaines à Ait Melloul, Tiznit, Taroudant, Marrakech, Kénitra, Ben Sliman, Salé, Inezgan, Berchid et Oukacha. Voici leur liste nominative : Yahya Mohamed El Hafed, Bechri Ben taleb, Ameidan Cheikh, Berkan Mohamed, Kamal Abou EL Fadel, Ramdan El Baz, Kamal Dleimi, Maghaimima Brahim El Khalil, Mahmoud Abou EL Ghassem, Moustapha Abdedayem, Khalihenna Abou El Hacen, Lehmam Salama, Khabizi Hamadi, Lefghir Sahel, Salmi Mohamed, El Moujahid Mayara, El Bourkaoui Mohamed Mahmoud, Fethi Sid’Ahmed, Sefrouk El hassan, Khalihena Wargziz, Ethman Chahid, Sewakh jamal, El Hassan El hairech, Aziz Boukennin, Yehdih Chekrad, Fadli Beinahou, Chiyahou hamza, Fakallah Mohamed Taghiyoullah, Tahar Nourdin, Boumoud Moulay Eli, Hamid Oumar, El Basraoui Mohamed Ali, Najzm Boba, El Mahjoub Aillal, Charrafi Salama, Aillal Mahjoub, Youssef Bric, El Wali Ameidan, Khallad Hacen, Weban said, Beryaz Brahim, Eli Salem Ballagh, Lassairi Salek, Ameidan Salah, Hassan Abdalla, El Hit Mahfoud, Lissahel Erteimi, Ismaili Bechir, Mariem Sid’Ahmed, Deyhani Abdalla, toumi Baba Ali et Heddi Ahmed Mahmoud.
Monsieur le Secrétaire général,
Le gouvernement marocain endosse à lui seul la responsabilité de ce qui peut découler de telles pratiques. Nous appelons l'Organisation des Nations Unies à assumer pleinement sa responsabilité d'accélérer la décolonisation de la dernière colonie en Afrique, et permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination et à l'indépendance, à travers un référendum libre, transparent et juste.
Dans l’attente de l’organisation de ce référendum, dès que possible, il y a lieu d’assurer la sécurité et les libertés fondamentales des citoyens sahraouis sans défense. Par conséquent, nous insistons, une fois encore, à créer un mécanisme des Nations unies pour protéger les droits de l'homme au Sahara occidental occupé, les surveiller et en rendre compte, sachant que le territoire n’a pas encore bénéficié du droit à l'autodétermination, et qu’il demeure sous sa responsabilité directe.
Dans ce contexte, il devient pressant et urgent la libération du Groupe des sept, Degja Lechgar, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane, Hammadi Nassiri, Yahdih Etarouzi, Saleh Lebeihi et Rachid Sghayer, ainsi que tous les prisonniers politiques sahraouis, la levée du siège de la maison Aminetou Haidar, la remise de leurs documents à ses collègues, de jouir de leur droit naturel dans le mouvement et le déplacement, de faire toute la lumière sur le sort de plus de 500 civils disparus et 151 prisonniers de guerre sahraouis aux mains de l'Etat marocain.
Nous vous demandons également d'intervenir urgemment pour mettre un terme à la campagne de répression, de chauvinisme et d'incitation, initiées par le gouvernement marocain, et aux niveaux les plus élevés, dont le rythme s’est accéléré depuis la fin du mois de septembre 2009, et par conséquent mettre un terme aux enlèvements, arrestations, procès iniques, d'arrêter le pillage systématique des ressources naturelles, les manoeuvres et le renforcement du mur militaire marocain, qui incarne un crime contre l'humanité, tant il est pertinent de le démanteler.
Monsieur le Secrétaire général,
Les pratiques du gouvernement marocain ont créé une situation très tendue, qui s’aggrave de jour en jour, et qui n’augurent en rien de l'intention sincère de parvenir à une solution juste au conflit, mais au contraire, menacent la paix et la stabilité au Sahara occidental occupée et dans la région en général.
Malgré la volonté permanente de la partie sahraouie à coopérer d’une manière positive et constructive, vos efforts et ceux de votre Envoyé personnel tendant à organiser une nouveau round de négociations directes entre les parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, continuent à achopper sur l'intransigeance et les obstacles de la partie marocaine.
Dans l’attente de votre intervention urgente, veiller recevoir ma haute considération et mon profond respect.
Mohamed Abdelaziz,
Secrétaire général du Front POLISARIO



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