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Le Sahara espagnol ou le problème basque.
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Publié le 14/12/2009 21:12 par Sahara Occidental

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Photo : Pays Basque Info
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Peu avant la mort du dictateur Francisco Franco, le roi Marocain Hassan II a lancé la Marche Verte afin d’annexer le territoire du Sahara Occidental, occupé par l’Espagne depuis 1884. Le 6 novembre 1975, les Marocains, dans l'idée de la Marche du Sel du pacifiste Mohandas Karamchand Gandhi, ont cheminé pour occuper un territoire riche en phosphates et en ressources halieutiques. Sauf que cette marche, pour laquelle Hassan II avait sollicité le soutien de 350 000 volontaires civils marocains portant chacun un coran et un drapeau national, n’avait rien de pacifique. Pas moins de 25 000 soldats marocains accompagnaient le cortège royal. La Mauritanie s’est jointe elle aussi à la fête en réclamant sa part du gâteau.

L’Espagne, très affaiblie en interne et assez isolée internationalement, a alors négocié avec Rabat et Nouakchott le transfert de la souveraineté des deux tiers septentrionaux du territoire (Seguia el-Hamra) au Maroc et le tiers sud restant (Oued ed-Dahab) à la Mauritanie. Les Sahraouis n’ont pas accepté d’être vendus ; ils ont pris les armes autour du Front Polisario avec le soutien d’Alger. Confrontée à la guerre, la Mauritanie a renoncé à sa part, mais le Maroc quant à lui n’a pas cédé et contrôle toujours 80% du territoire.

 

Les îles Canaries se trouvent face aux côtes sahraouies. Ce territoire insulaire est l’un des destins touristiques préférés des européens. C’est là, à l’aéroport d’Arrecife, sur l’île de Lanzarote, que le Sahara Occidental livre aujourd’hui l’une des batailles les plus importantes de ces dernières années. Oubliés par les Espagnols, par l’ensemble des Européens, et même par l’ONU malgré la promesse d’y organiser un référendum d’autodétermination, les habitants de ce bout de l’Afrique Atlantique ont les yeux fixés sur une femme, Aminatu Haidar, militante sahraoui qui mène depuis près d’un mois une grève de la faim pour revendiquer son droit à rentrer au Sahara occidental "morte ou vivante, avec ou sans passeport".

Les autorités marocaines ont expulsé cette activiste pro-Polisario vers l'Espagne le 14 novembre, arguant notamment qu'elle avait renié sa nationalité marocaine à l'aéroport de Laâyoune, principale ville du Sahara occidental, lors des formalités de police à son retour d'un voyage aux Etats-Unis. Suite à cette expulsion –illégale car selon l’ONU aucun pays ne peut expulser ses propres ressortissants-, Aminatu Haidar a fait appel à la responsabilité historique de l’Etat espagnol et a demandé au gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero de s'impliquer en faveur de son retour et de son pays, occupé par le Maroc depuis plus de 30 ans. Mais Madrid n’a rien fait, raison pour laquelle Aminatu Haidar a décidé d’entamer une grève de la faim.

La situation est très embarrassante pour l’exécutif socialiste, car même si historiquement certains militants du PSOE ont affirmé leur soutien à la cause sahraoui, aucun gouvernement socialiste n’a voulu mettre en question la souveraineté marocaine. D’un côté, les intérêts économiques pèsent beaucoup plus que les droits collectifs d’un peuple. De l’autre, soutenir, en tant que gouvernement, le droit d’autodétermination du peuple sahraoui est un exercice comportant des risques vis-à-vis des aspirations d’autres peuples tels que les Basques. D’ailleurs, le Maroc ne cesse de faire la comparaison entre les deux pays, affirmant que tant Rabat comme Madrid font face à un même problème de séparatisme.

A l'occasion de la Journée Internationale des droits de l'Homme célébrée jeudi dernier, Aminatu Haidar, militante et mère de famille en grève de la faim, a lancé depuis son campement de base à l’aéroport d’Arrecife "un appel urgent en faveur des droits de (mon) peuple, en faveur du peuple sahraoui". Si elle attend le soutien de Madrid, elle risque de retourner au Sahara, en effet, mais dans un cercueil. A moins de déduire d'antécédents basques qu'elle pourrait se retrouver  perfusée, alimentée contre son gré et trahie par le pays qui affirme vouloir l'aider.

 

 
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