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Actualité Editorial
Un épisode de nostalgie
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Publié le 26/09/2009 11:39 par

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Photo : Légionnaire espagnol mort dans un combat contre le Polisario
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Trente-trois ans après la dernière amenée du drapeau espagnol au Sahara Occidental, des militaires espagnols reviendront en octobre aux territoires libérés par le Front Polisario et aux campements des réfugiés sahraouis à Tinduf (Algérie) pour voir ses anciens compagnons d'armes.

Il s'agit d'une "Rencontre avec l'histoire", la devise du voyage qui rassemblera les Saharauis et les Espagnols qui ont partagé un destin sous le même drapeau dans les Troupes Nomades et dans la Police Territoriale.

Organisé par Coordonnatrice Etatique d'Associations Solidaires avec le Sahara (CEAS-Sahara), le voyage aura lieu du 7 octobre au 12 octobre et il est ouvert à tous les militaires et ses familiers, même si ceux-ci n'aient pas été au Sahara.

L'Espagne a abandonné le Sahara en février 1976 et tandis qu'une partie de la population est restée dans les territoires occupés par le Maroc et la Mauritanie, ceux qui ont réussi à fuir se sont installés dans le désert algérien avec le gouvernement de la République Arabe Sahraouie Democratique (RASD) récemment proclamée.

"Toute l'armée qui servait dans le Sahara a vécu avec désespoir et frustration ce départ", remémore Javier Perote, colonel d'Infanterie en retraite.

Pour lui, comme pour beaucoup de militaires qui ont été témoins de la cession au Maroc et à la Mauritanie de celle qui était une province espagnole, le Sahara et l'image de ses villes et de ses habitants n'ont jamais cessé d'être présents dans sa rétine.

"Depuis que nous sommes partis de là j'ai cette affaire dans la tête. Je ne suis pas un militaire qui oublie le lamentable comportement du Gouvernement espagnol", déclare Perote.

Les conditions extrêmes qu'on vit dans le désert, explique ce colonel, forgent les expériences qui sont partagées avec les autres et qu'on n'oublie jamais.

Les participants visiteront les campements de réfugiés, où actuellement autour de 150.000 personnes survivent, se logeront aux "khaimas" de familles saharauis et connaîtront l'histoire et la réalité de ce peuple.

Ils voyageront aux territoires libérés et verront le "mur de la honte", de 2.500 kilomètres, bâti par le Maroc pour se défendre des incursions du Polisario et qui divise le Sahara Occidental.

Entre les activités prévues pour les chefs, officiers, sous-officiers, soldats et ceux qui ont fait le service militaire obligatoire dans le Sahara se trouve une réunion avec le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, et avec d'autres autorités sahraouies.

L'un des actes les plus émotifs sera la journée de fraternité avec l'Armée sahraouie et des anciens membres des Troupes Nomades et de la Police Territoriale.

"Là se retrouveront avec des compagnons d'autrefois qui conservent encore leur DNI (Document National d'Identité) espagnol et qui étaient à leurs ordres", affirme José Taboada, président de CEAS-Sahara.

"Les enfants de ces militaires sont aussi invités, puisqu'ils pourront voir la magie du désert dont leurs pères leur ont parlé ou expérimenter l'hospitalité des sahraouis", ajoute-t-il.

Selon Perote, il s'agit d'"une bonne occasion pour que ceux qui ont servi dans le Sahara et ont eu la frustration de la fuite de pouvoir se soulager de la mauvaise conscience de ces années".
Taboada, qui a fait le "service militaire" dans le Sahara entre 1974 et 1975, se rappelle du dernier jour à Laayoune, les larmes mélangées à l'indignation et la rage, et de ces enfants et femmes qui sortaient à la rue et affrontaient les Marocains.

Un attractif ont tant le Sahara qui était espagnol comme ses habitants pour que les nombreux militaires qui ont abandonné par la force cette ancienne province ou colonie, choisissez vous-même, veuillent s'y rendre de nouveau, 34 ans après, pour se retrouver avec les saharauis dans un territoire non contrôlé par le Maroc. Et quelque chose de bien les civils et militaires espagnols ont fait pour les saharauis, colonisés et opprimés par l'Espagne selon le langage anti-impérialiste, pour qu'ils veuillent les recevoir et fraterniser avec eux, tandis qu'ils repoussent les Marocains.

Les militaires qui avaient été destinés dans ce territoire, dont la surface équivaut à la moitié de l'Espagne, conservent un tourment et un sentiment de honte pour avoir eu à obéir au franquisme agonisant en abandonnant les sahraouis devant les Marocains et mauritaniens, envahisseurs sans aucun droit en 1975.

Les ardents jours sous le soleil par les dunes, les nuits froides et illuminées par des étoiles que les saharauis identifient pour naviguer comme des capitaines de bateau continuent d'attirer les militaires espagnols qui préparent le voyage du 7 au 12 octobre. Ils se retrouveront avec ses compagnons des Troupes Nomades et de la Police Territoriale, qui continuent de se rappeler de ces soldats qui n'étaient pas des si mauvais compatriotes ou colonisateurs. Celui qui désire se joindre à l'aventure, ouverte aux civils, trouvera des informations sur www.saharaindependiente.org.

Source : CEAS , ADN,

Traduction : Diaspora Saharaui (diasporasaharaui.blogspot.com)

 

 
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