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Algérie : La zone d'ombre de l'Education nationale
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Publié le 13/09/2009 08:56 par

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Huit millions d'écoliers, collégiens et lycéens entament aujourd'hui chez nous l'année scolaire. Une rentrée qui a occasionné de douloureuses dépenses financières à la plupart des familles, dont le portefeuille est par ailleurs sévèrement sollicité par celles auxquelles elles sont contraintes de procéder en ce mois de Ramadhan.

 L'inflation n'a pas en effet épargné les prix des articles dont l'achat pour la circonstance est indispensable, que ce soit les effets vestimentaires ou les matériaux constitutifs du cartable scolaire. Les plus démunies des familles confrontées à cette charge financière qui, pour certaines, excède les maigres ressources financières dont elles disposent, trouveront un peu de réconfort dans l'instruction donnée par le chef de l'Etat au gouvernement, lors de l'audition qu'il a consacrée jeudi au secteur de l'Education nationale, d'avoir à assurer les aides financières et autres que l'Etat dispense traditionnellement ces dernières années à cette catégorie de la population à la faveur de la rentrée scolaire.

 Il est vrai que les frais d'une année scolaire sont chez nous de plus en plus hors d'atteinte pour de nombreuses familles, dont le pouvoir d'achat n'est même pas suffisant à leur permettre de faire face aux besoins vitaux de leur quotidien. Il ne faut pas s'étonner par conséquent que certaines d'entre elles en sont réduites à l'extrême limite qui est d'abréger la scolarisation de leurs enfants, voire à les en priver.

 Ce qui relativise à un certain point les efforts consentis par l'Etat pour assurer cette scolarisation à tous les enfants algériens. Et ils sont conséquents, il faut en convenir, d'année en année, comme le démontre la part de son budget consacrée au secteur de l'Education nationale. En terme de ratio, l'Algérie se classe en ce domaine dans le groupe de tête des pays qui consentent les ressources financières les plus élevées à leur système scolaire.

 Mais outre que le coût de la scolarisation ainsi garantie devient de plus en plus inabordable aux segments paupérisés de la population, il y a qu'elle pèche par la médiocrité de l'enseignement qu'elle est censée dispenser. Des réformes récurrentes ont été entreprises pour soi-disant valoriser ce dernier. Au constat du niveau qu'ont les élèves en fin de chaque cycle scolaire, c'est le diagnostic de leur échec qui s'impose.

 Alors que c'est une révolution qui doit être appliquée à notre système d'enseignement et au contenu de ce qu'il dispense, les autorités qui en ont la charge se contentent d'introduire seulement des changements superficiels et de forme. Laissant se perpétuer des conceptions rétrogrades qui donnent lieu à la diffusion d'un enseignement au rabais et en total déphasage avec l'impératif d'une scolarisation dont le but est de former une jeunesse et donc des citoyens armés d'un savoir que ne contredisent par les vérités scientifique ou historique.

 Sur ce plan, l'Algérie est à juste titre créditée d'un naufrage que les réalisations structurelles qu'elle parvient à mener à terme ne peuvent occulter. Et c'est pourquoi l'essentiel reste à faire pour elle en ce qui concerne le volet éducatif.

Kharroubi Habib

 
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