A un mois de l'élection présidentielle américaine, Barack Obama profite de la crise financière pour distancer John McCain. Une tendance qui se confirme après le débats des vice-présients Sarah Palin et Joe Biden.
La Chambre des représentants du Congrès américain a adopté, vendredi après-midi, le plan de «sauvetage» du système bancaire du pays, qui lui a été soumis par le secrétaire d'Etat au Trésor, Paulson.
Ce n'est qu'après avoir tergiversé pendant deux semaines que les «congressmen» ont donné leur feu vert, parce que écartelés entre leur conviction qu'une initiative de sauvetage du système bancaire s'impose dans l'intérêt de l'économie américaine et leur crainte, alors qu'ils sont en période électorale, d'être désavoués par leurs électeurs, dès lors que les sondages font apparaître que trois Américains sur cinq désapprouveraient le plan Paulson, et au-delà le principe même du recours à l'argent public pour voler au secours des banques privées.
Pressé par l'urgence de rendre opératoire le plan de sauvetage, le président américain, George W. Bush, l'a aussitôt promulgué après son adoption. Ce qui a eu pour effet un léger frémissement à la hausse à Wall Street et dans quelques autres places boursières internationales.
Pour autant, les milieux financiers se gardent de tout excès d'optimisme quant à l'efficacité de ce plan. C'est que les spécialistes doutent en effet qu'il produise l'électrochoc qui bloquerait la descente aux enfers dans laquelle est engagé le système financier et les conséquences que cela est en train d'induire sur l'économie réelle du pays.
De l'avis de beaucoup de spécialistes, le plan Paulson est loin d'être la panacée au marasme financier engendré par la crise des subprimes. Ils n'en soutiennent le principe que parce qu'il est la seule intervention possible pour tenter de stopper momentanément la désagrégation du système financier américain.
L'opinion américaine est pour sa part beaucoup plus réservée encore à l'égard du plan de sauvetage que ses représentants élus et les spécialistes. Les citoyens lambda, dont des centaines de milliers ont été ruinés par la crise financière, alors que des centaines de milliers d'autres ont perdu leur emploi ou sont menacés de le perdre, s'insurgent contre le fait que ce plan de sauvetage va les contraindre à mettre la main à la poche pour sauver la mise à un système qui les a plongés dans la précarité, voire la misère tout simplement.
S'il doit produire un effet de choc dans l'immédiat, c'est dans le domaine politique que ce plan Paulson le fera. Les représentants républicains au Congrès ont bien présent à l'esprit cette perspective, pour avoir voté majoritairement contre son adoption malgré les instances pressantes à faire autrement que leur ont adressées et le président George W. Bush et le candidat de leur camp à l'élection présidentielle, John McCain. Les représentants démocrates ont fait eux le pari que les électeurs américains ne les rendent pas responsables d'une crise qui doit sa survenance à la politique et aux choix économiques des républicains et qu'ils leur sauront gré d'avoir imposé des amendements au plan de sauvetage favorables aux intérêts des modestes citoyens américains.
De la manière dont les Américains apprécient ce plan se déterminera, à n'en point douter, leur comportement dans les urnes. Ce qui pourrait se traduire par d'énormes surprises.
Kharroubi Habib



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