« Je suis fier de ce nous avons accompli. Mais je ne suis pas content. Je suis heureux des progrès réalisés. Mais je ne suis pas satisfait », a déclaré Barack Obama qui faisait le bilan de ses cent premiers jours à la Maison-Blanche.
A l’issue de ses cent premiers jours au pouvoir, le premier président afro-américain de l’histoire des États-Unis, le président Barack Obama, a fait état des premières réalisations de sa présidence et de ce qui restait à faire lors de la conférence de presse télévisée qu’il a donnée de la Maison-Blanche le 29 avril.
« Je pense, a-t-il dit, que nous avons pris un bon départ, mais ce n’est qu’un départ. Je suis fier de ce que nous avons réalisé, mais je ne suis pas satisfait.
« Nous avons encore à faire face à des menaces allant du terrorisme, de la prolifération des armes nucléaires à une pandémie de grippe. Tout cela signifie que vous pouvez vous attendre à des efforts ininterrompus et vigoureux de la part de notre gouvernement pour renforcer notre prospérité et notre sécurité, pendant les deux cents prochains jours, les trois cents prochains jours et pendant tous les jours suivants. »
Les cent premiers jours
Le bilan des cent premiers jours ne constitue pas une mesure officielle de la présidence des États-Unis. Il s’agit d’une tradition qui remonte au président Franklin Roosevelt, qui a réussi, après son entrée en fonction en 1933, à faire adopter par le Congrès quinze grands textes de loi visant essentiellement à aider les États-Unis à se remettre de la dépression qui avait fait suite au krach boursier de 1929.
Certains observateurs ont tenté de comparer les cent premiers jours du président Obama à ceux du président Roosevelt, mais selon des historiens et des politologues il n’y a rien de magique dans cette période. « Je pense que les gens cherchent toujours un jalon ou une sorte de poteau indicateur », a déclaré M. Ross Baker, professeur de sciences politiques de l’université Rutgers.
Pour M. Obama, il s’est agi d’une période marquée par des changements considérables en matière de politique étrangère et par l’adoption de mesures économiques difficiles, et maintenant son gouvernement doit faire face à la grippe H1N1, connue aussi sous le nom de grippe porcine, qui se propage à travers le monde.
Une nouvelle démarche en matière de politique étrangère
« Lors de ma campagne électorale, je me suis engagé à changer la direction de la politique étrangère de notre pays, et nous avons commencé de le faire », a dit le président.
Pendant cette campagne, il avait fixé trois grands objectifs pour la politique étrangère des États-Unis, à savoir rétablir la stature des États-Unis dans le monde, entamer un dialogue avec des amis, des partenaires et des adversaires fondé sur le respect mutuel et œuvrer de concert en vue d’établir des partenariats ou de les renforcer.
Les États-Unis ont commencé de mettre fin à leur mission de combat en Irak, engagement que M. Obama avait pris envers le peuple américain et qu’il avait déclaré être essentiel pour renforcer la sécurité des États-Unis et de celle du peuple irakien. Au cours du premier mois après son entrée en fonction, il s’est engagé à retirer de l’Irak les forces combattantes des États-Unis d’une manière responsable. Il a déclaré devant des marines au Camp Lejeune (Caroline du Nord) : « Je tiens à dire aussi clairement que possible que notre mission de combat en Irak prendra fin le 31 août 2010. »
En ce qui concerne l’Afghanistan et le Pakistan, M. Obama a indiqué avoir établi avec les alliés des États-Unis au sein de l’OTAN une nouvelle stratégie visant le réseau de terroristes Al-Qaïda et les talibans. On pense que des membres de ces deux groupes se terrent dans les hautes montagnes qui séparent l’Afghanistan du Pakistan. À l’issue de la réunion au sommet du G20 à Londres au début d’avril, le président a annoncé une stratégie détaillée qui porte non seulement sur l’aspect militaire et sur la nécessité de garantir la sécurité des États-Unis et de leurs alliés, mais aussi sur le règlement des grands problèmes qui existent dans ces pays.
Lors de sa conférence de presse du 30 avril, M. Obama a déclaré être très inquiet au sujet de la situation au Pakistan. « Ce n’est pas parce que je pense que les talibans vont s’emparer du Pakistan. Je m’inquiète plus du fait que le gouvernement civil de ce pays est actuellement très fragile et qu’il ne semble pas être en mesure de fournir les services de base : écoles, soins médicaux, respect de la loi, un appareil judiciaire qui fonctionne pour la majorité de la population. »
Pour ces raisons, a-t-il dit, il est indispensable que les États-Unis et leurs alliés aident le Pakistan à venir en aide aux Pakistanais. « Nous leur fournirons toute la coopération que nous pourrons. »
Les 6 et 7 mai, le président Obama doit s’entretenir à Washington avec le président de l’Afghanistan, M. Hamid Karzaï, et le président du Pakistan, M. Assif Ali Zardari.
Le centre de détention de Guantanamo
Dès les deux premiers jours de son entrée en fonction, M. Obama a promulgué des décrets en vue de fermer dans un an le centre de détention situé sur la base navale américaine de Guantanamo (Cuba), de modifier le traitement et le statut des détenus et d’interdire certaines méthodes d’interrogation.
« Nous avons rejeté le faux choix entre notre sécurité et nos principes en décidant de fermer le centre de détention de Guantanamo et en interdisant la torture sans exception », a-t-il dit.
Dans le cadre de son engagement en faveur d’une politique étrangère plus active, le président s’est rendu en Europe au début du mois d’avril pour assister à la réunion au sommet du G20 à Londres qui a porté sur la crise économique mondiale, puis à la réunion au sommet de l’OTAN qui a eu trait à la nécessité de revitaliser cette alliance ainsi qu’à l’Afghanistan et au Pakistan, et à la réunion au sommet de l’Union européenne avant de terminer son voyage en Turquie. Il est également allé au Canada, au Mexique ainsi qu’à Trinité-et-Tobago pour assister dans ce dernier pays au Sommet des Amériques.
« Nous avons redoublé nos efforts dans le domaine diplomatique en vue de relever divers défis allant de la crise économique mondiale à la prolifération des armes nucléaires », a-t-il fait remarquer.



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