John McCain affirme que le Gustav est "un don du ciel. Il a décidé de suspendre la convention qui est suspendue aux caprices du cyclone et du candidat républicain.
L'arrivée du cyclone de catégorie 4 Gustav dans le golfe du Mexique bouscule l'agenda politique américain jusqu'à Minneapolis, dans le nord du pays, siège de la convention républicaine qui devait s'ouvrir aujourd'hui. Une semaine après les démocrates à Denver, le grand rendez-vous républicain devait aboutir jeudi à l'investiture officielle de John McCain comme candidat à la présidence des États-Unis, et de Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska, comme vice-présidente.
Mais tous les plans devraient être bouleversés par l'ouragan, attendu dès cet après-midi sur les côtes du golfe, notamment à La Nouvelle-Orléans et dans ses environs. La Maison-Blanche a indiqué dimanche que le président George W. Bush et le vice-président Dick Cheney, qui devaient s'exprimer lundi soir, ne se rendraient pas à la convention, pour se consacrer à la réponse à donner à l'ouragan Gustav. Le déplacement à Minneapolis de la première dame, Laura Bush, devrait être en revanche maintenu.
Ouverture repoussée.
Hier également, le sénateur de l'Arizona John McCain a annoncé que la convention pourrait être suspendue ou raccourcie, et son programme adapté, en fonction de la menace posée par Gustav. « Il ne serait pas convenable d'avoir un événement festif alors qu'une tragédie ou un défi terrible sous la forme d'une catastrophe nationale se déroule à côté de nous », a déclaré le candidat présumé à la présidentielle américaine. Il a également affirmé que toutes les ressources disponibles devaient être consacrées aux régions menacées.
John McCain et sa colistière, Sarah Palin, étaient hier après-midi dans le Mississippi pour constater les mesures prises en prévision de l'arrivée de Gustav. À Minneapolis et Saint Paul, les villes jumelles qui devaient accueillir environ 50 000 visiteurs, dont 2 400 délégués, l'incertitude la plus totale plane sur le déroulement de la convention républicaine. De nombreuses personnalités, dont les gouverneurs des États du Sud menacés par Gustav, ont dû annuler leur déplacement pour gérer la crise. Selon les informations recueillies par les médias américains, l'ouverture de la convention pourrait être repoussée d'un jour, et sa durée limitée.
Le spectre de Katrina.
Malgré ces conditions sans précédent, le Parti républicain n'a pas d'autre choix que de trouver le moyen de nominer officiellement John McCain, sorti vainqueur des primaires. Il a été envisagé que celui-ci accepte la nomination par vidéoconférence depuis une des régions du golfe. Les enjeux posés par Gustav sont particulièrement importants pour le Parti républicain et ses dirigeants. Ceux-ci sont attentifs à ne pas se voir reprocher leur inaction, trois ans après la réponse catastrophique de l'administration Bush à Katrina. En 2005, John McCain avait jugé « honteux » la réaction de cette administration au passage de Katrina.
L'esprit de la convention, un grand spectacle préparé depuis deux ans pour lancer en beauté la campagne présidentielle du républicain et attaquer son rival démocrate Barack Obama, devrait être profondément altéré par la gravité du moment. La convention républicaine, qui avait choisi cette année pour thème « le service avant tout », pourrait se transformer en une importante levée de fonds, une sorte de Téléthon, en faveur des régions affectées.
Après Cuba
250 000 évacuations. Maisons détruites ou endommagées par milliers, plantations ruinées, réseaux de télécommunications en panne : les Cubains commençaient hier à évaluer les dégâts considérables causés par le passage, la veille, du puissant ouragan Gustav dans l'ouest de l'île.
Cet ouragan, qui a laissé un paysage de désolation dans certaines zones de l'ouest de l'île communiste, n'a cependant fait aucun mort, selon des rapports toujours provisoires de la Défense civile qui a rapporté de nombreux blessés. Gustav, qui fait actuellement route vers le golfe du Mexique et les côtes américaines, a fait 85 morts lors de son passage ces derniers jours sur Haïti, la République dominicaine et la Jamaïque.
Quant aux dégâts matériels, la Défense civile cubaine tente d'en évaluer l'étendue, tandis que les 250 000 personnes évacuées dans les provinces occidentales de Pinar del Rio, mais aussi de La Havane, devaient commencer peu à peu à rentrer chez elles, du moins si l'état de leur maison le permettait.
L'industrie du tourisme, la plus importante rentrée de devises pour l'île, a également souffert. Quelque 1 200 étrangers, essentiellement des Italiens et des Canadiens, avaient été également évacués de Cayo Largo del Sur pour la plupart vers la station de Varadero (170 km à l'est de La Havane), prisée pour ses plages. Certains villages de la province occidentale de Pinar del Rio ont été littéralement dévastés par les vents violents de Gustav qui a traversé la région avec la force d'un ouragan de catégorie 4, sur une échelle de 5. À La Havane, placée aussi en état d'alerte, la plupart des quartiers étaient toujours privés d'électricité et de gaz hier. Suivre l'évolution de la situation heure par heure



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