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L'ouragan Gustav menace la convention républicaine
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Publié le 31/08/2008 17:03 par Angela Corrigan

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Photo : Obama /McCain
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            (Continental News)

L'arrivée imminente de Gustav, transformée en ouragan de catégorie 4, sur la côté sud des Etats-Unis remet sérieusement en cause la venue du président américain George Bush à la convention républicaine, qui démarre demain à Minneapolis (Minnesota). Elle devrait sacrer candidat un miraculé de la vie et de la politique.

Authentique héros de la guerre du Vietnam, John McCain est un monument national, un patriote intransigeant à la stature « gaulliste » - le général français fait partie de son panthéon personnel - ou « churchillienne », dont personne aux États-Unis ne doute qu'il a le charisme de l'homme d'État.

Alors qu'Obama peine toujours à persuader les électeurs qu'il a les épaules pour la Maison-Blanche, McCain a le style naturel du « commander in chief » pour temps de crise, du décideur courageux et expérimenté. Ce héros au corps meurtri et au profil de médaille, arborant la « Purple Heart » et toutes les distinctions militaires, n'est-il pas le chef idéal que l'empire américain vacillant attend ?

Mais la politique obéit à d'autres règles. Et rien ne fut jamais simple pour un homme marqué plus que quiconque par les blessures de la vie. Rattrapé par son âge - il serait, à 72 ans, plus âgé que Ronald Reagan à son entrée en fonction -, il doit assumer les conséquences d'une réputation d'électron libre et d'homme de (mauvais) caractère qui lui colle à la peau.

Trompe-la-mort. McCain n'en a cure et n'a peur de rien ni de personne. La mort ? Une vieille connaissance pour ce fils et petit-fils d'amiral de la Navy ayant échappé une première fois à la Faucheuse quand, en juillet 1967, son avion fut accidentellement touché par une roquette amie sur un navire US dont l'incendie fit 134 morts. Déjà sorti indemne de deux crashs durant sa formation de pilote de marine à Annapolis, « McNasty » (« le Teigneux »), comme le surnomment ses camarades, est déjà un trompe-la-mort quand son avion est descendu le 26 octobre 1967 au-dessus d'Hanoi.

Les six années qui séparent sa capture au Vietnam de sa libération, en mars 1973, forment la matière d'un récit que tout Américain connaît. Sauvé du crash et de la noyade, le pilote tombe de Charybde en Sylla. Car le Vietcong veut faire payer au fils d'amiral le prix de la guerre menée par l'Oncle Sam.

Torturé et humilié. Les Français qui regardaient « Cinq colonnes à la une » eurent la surprise de découvrir le pilote US décliner son identité depuis son lit d'hôpital au micro du journaliste de l'ORTF François Chalais. La suite sera terrible. Battu, torturé, humilié, détenu deux ans à l'isolement, McCain a le courage de refuser une libération anticipée et atteint les limites de la résistance quand, par deux fois, il tente de se suicider.

C'est ce héros adulé qui entre en politique en 1982 en Arizona. Repoussant l'accusation de parachutage - « J'aurais aimé naître et vivre dans ce bel endroit mais, que voulez-vous, j'ai surtout connu Hanoi », rétorque-t-il à son adversaire -, il fait campagne grâce à la fortune de sa nouvelle belle-famille (sa femme, Cyndy, est l'héritière des bières Hensley à Phœnix) et conquiert la députation puis le siège de sénateur de l'ultraconservateur Barry Goldwater.
Mais McCain, s'il partage le credo patriotique et libéral du républicain bon teint, est tout sauf un ultra. Et toute sa carrière au Sénat - les Arizoniens l'ont réélu sans discontinuer jusqu'à ce jour - est une succession de coups de gueule et de contre-pieds qui ont fait du sénateur « Hothead » (« Tête chaude ») « l'inclassable » par excellence.

Ses adversaires dénoncent ses entorses à la doctrine républicaine et c'est à droite de l'échiquier que viennent les critiques les plus féroces et les calomnies. En menant des campagnes musclées contre l'intrusion de l'argent privé en politique ou en dénonçant « l'intolérance et la corruption » de chefs évangélistes, McCain s'est aliéné les durs du parti et une aile religieuse qui le trouve tiède sur les sujets de société comme le refus de l'avortement ou le mariage gay.

Ses partisans soulignent au contraire la cohérence d'un homme que guide d'abord « l'intérêt national ». D'où les nombreuses coalitions bipartisanes mises sur pied avec les démocrates. Avec son ami John Kerry, ancien du Vietnam comme lui, il a milité pour rouvrir des relations diplomatiques avec Hanoi ; avec Ted Kennedy, il a plaidé pour une politique libérale d'immigration ; sur le climat, il est très proche des démocrates.

Exempt de sectarisme, McCain s'appuie aussi sur une réputation de probité à peine entamée en 1989 par le scandale Keating : impliqué dans la chute de ce banquier et promoteur qui finançait ses campagnes, le sénateur de l'Arizona s'en tira avec une simple réprimande de la commission d'enquête sénatoriale.

Bush malgré tout.

Ennemi de la langue de bois - il avait baptisé son bus de campagne « Straight Talk Express » -, McCain a gagné l'investiture républicaine parce que son « discours de vérité » a séduit les électeurs indépendants et centristes. Il faut y ajouter une aversion bien établie pour George Bush, à qui il avait disputé l'investiture en 2000. Cela lui permet de se démarquer d'un président sortant discrédité.

Mais McCain, adoubé en mars par Bush auquel il s'était rallié en 2004, est bien le successeur de l'actuel président. « Leurs positions sont très proches, à l'exception notable du dossier de l'environnement, qui ne jouera pas un grand rôle dans l'élection », souligne la politologue franco-américaine Nicole Bacharan.

Chaud partisan de l'intervention en Irak, McCain peut pourtant invoquer là encore son authenticité : très critique des méthodes de Rumsfeld, ex-secrétaire d'État à la Défense, il se targue d'avoir été visionnaire en plaidant qu'un renfort militaire ferait « gagner la guerre ». Le calme relatif qui prévaut en Irak semble lui donner raison. Mais suffit-il d'être un héros militaire pour convaincre les Américains qu'il faut rester à Bagdad ? C'est une clé du scrutin de novembre. Suivre les candidats Obama et McCain sur Continentalnews.org

 

Source: Sud Ouest

 
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