Au sein du Congrès, le Sénat a ses propres pouvoirs mais c’est la Chambre des Représentants qui examine en premier les impôts et les dépenses de l’Etat soumis par l’Administration avant de les transmettre au Sénat pour un second examen qui les retourne à la Chambre pour ajustements définitifs. En sorte que tous les plans du Président Obama ont besoin d’un coup de pouce de la part de la Lady Nancy pour aboutir.
Ce concentré de pouvoirs fait d’elle la cible actuelle des Républicains qui ont mené une entreprise de déstabilisation, ces dernières semaines, à propos de ce qu’elle savait ou non sur la torture à Guantanamo sous l’ère Bush. Car, selon la Constitution encore, Nancy Pelosi qui occupait les mêmes fonctions de Porte Parole de la House devait être informée des actes de torture. Que savait-elle ? Pourquoi n’a-t-elle rien dit et fait ? Pourquoi soutient-elle l’idée du Président Barack Obama de diffuser les photos de la torture et éventuellement d’engager des poursuites contre ceux qui les ont mis en place ? Pourquoi maintenant alors qu’elle sait tout depuis le début ?
L’annonce de la diffusion de toutes les images de torture par l’administration Obama a donné lieu à toutes les manœuvres de blocage et d’indignation possibles. La société civile était pour, au nom de la transparence et de la responsabilité des Gouvernants. Les Républicains et la CIA étaient contre alléguant le fait que ceci serait de nature à rendre les Etats-Unis vulnérables en manière de sécurité.
Dick Cheney, le premier visé, en sa qualité de Vice-Président de G. Bush chargé du dossier s’est montré le plus offensif allant jusqu’à critiquer la politique de Barack Obama en la matière. Nancy Pelosi, Démocrate, a donc été prise pour cible privilégiée par les Républicains. Et le Président Barack Obama a lui aussi dû faire volte-face. Pour raison d’Etat. Ce que Dick Cheney n’a pas manqué de souligner qualifiant la décision de Barack Obama de responsable et de réfléchie. Dick Cheney et Nancy Pelosi étaient mal embarqués dans cette affaire.
Les Républicains ironisaient sur ces Démocrates qui étaient au courant de ces actes de torture et qui n’ont rien fait pour les stopper. Dans un premier temps, Nancy Pelosi a émis l’idée qu’elle aurait été mal briefé. Elle fait partie d’une poignée de parlementaires qui ont été briefés par la CIA en 2002. Dans un second temps, elle a émis l’idée que la CIA l’aurait mentie et lui aurait caché ce qu’elle faisait exactement. D’une certaine manière, Obama ne pouvait pas la laisser tomber tant il a besoin d’elle ; suscitant ce commentaire de la part des journalistes Américains de CNN qui qualifient Nancy Pelosi de l’autre femme de Barack Obama.
Gauche caviar ou Libéraux en Limousine
Outre sa position au sein de la House, Nancy Pelosi est aussi qualifiée par les Conservateurs de stéréotype de la Gauche Caviar : riches, trônant sur leur tour d’Ivoire et inaccessibles. Nancy Pelosi est l’épouse d’un banquier influent d’une banque d’investissement. Toujours tirée à 4 épingles et arborant un brushing expert, Nancy Pelosi est le portrait robot de ce que les Républicains appellent "Libéraux en Limousine". L’équivalent de notre Gauche Caviar embourgeoisée. "Vous ne pouvez pas la manquer dans une foule d’hommes et de femmes politiques : elle est l’identité remarquable : tailleurs très chics et cheveux châtains remarquablement brushés". Double ironie donc, c’est l’argent qui fait le Pouvoir de cette Démocrate. Une cible facile pour les Républicains qui ne se sont pas gênés faisant ainsi d’une pierre deux coups.
Non seulement il n’y aura pas plus de photos diffusés sur les actes de torture des prisonniers de Guantanamo pour éviter l’effet de poudrière du côté du Monde Musulman - en représailles - mais en plus, la semaine dernière, les Démocrates et les Républicains se sont retrouvés unis sur une ligne : "pas d’anciens détenus de Guantanamo sur le territoire des Etats-Unis. Cela met la sécurité du pays en danger". Obama qui demandait 80 millions de dollars pour la fermeture de Guantanamo a essuyé un refus catégorique. Il est urgent d’attendre, lui ont rétorqué les Parlementaires. Premier refus du Congrès au Président.
Par Elise Mbock scenepublique.com



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
