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OGM : prison ferme requise contre José Bové
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Publié le 16/08/2008 14:07 par Angela Corrigan

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Photo : Bové
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            (Continental News)

Huit mois de prison ferme et 4 ans de suppression des droits civiques contre José Bové ont été requis par le vice-procureur de la République, Jérôme Bourrier. Contre Marc Giblet, l'agriculteur qui avait tiré en direction des "faucheurs" et percuté avec son véhicule 4x4 plusieurs voitures garées sur le chemin de son exploitation, 10 mois de prison avec sursis ont été requis.

José Bové, ancien porte parole de la Coordination paysanne et candidat à l'élection présidentielle de 2007, a comparu devant une chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Bordeaux (Gironde) présidée par Catherine Coudy, pour "dégradation d'un bien appartenant à autrui en réunion".

Les prévenus "faucheurs" sont accusés d'avoir dégradé le 4 novembre 2006 un stock de 2 300 tonnes de maïs transgénique stocké dans un silo à Lugos (Gironde). Huit mois de prison ferme et 4 ans de suppression des droits civiques contre José Bové ont été requis par le vice-procureur de la République, Jérôme Bourrier. Contre Marc Giblet, l'agriculteur qui avait tiré en direction des "faucheurs" et percuté avec son véhicule 4x4 plusieurs voitures garées sur le chemin de son exploitation, 10 mois de prison avec sursis ont été requis.

"Nous nous battons contre quelques aventuriers décidés à produire du maïs OGM pour le commercialiser en Espagne où les réglementations sont laxistes" (...) "J'ai déjà été emprisonné 4 mois pour mes actions et je suis prêt à y retourner pour avoir mis du brou de noix dans ce silo afin d'en établir la traçabilité" a rappelé le leader paysan José Bové.

Actions récentes

Bové et sa bande ont encore ravagé deux champs en début du mois dans la Vienne. Pour José Bové, ils sont dans leur bon droit. "Les faucheurs volontaires avaient identifiées quatre parcelles de Mon810 dans la Vienne. Deux ont été détruites la semaine dernière sans revendication, et là nous avons décidé de détruire les deux autres parcelles publiquement", confie-t-il à Reuters.

Ils ont d'abord détruit une parcelle de 4.000 m² située à proximité de la centrale nucléaire de Civaux, au sud-est de Poitiers. Ils se sont ensuite rendus sur la commune proche de Valdivienne, ou ils ont détruit un champ de 1.500 à 2.000 m², selon le militant altermondialiste.

José Bové est devenu célèbre à cause de ses actions de désobéissance civile au sujet des OGM. Chacune de ses sortie bénéficie d'une forte médiatisation, ce qui lui confère une réelle notoriété.

Sur le terrain comme devant la justice, l'entreprise avec qui la Confédération paysanne entretient des rapports les plus conflictuels est Monsanto, une firme américaine, en impulsant des réglementations plus strictes sur la recherche et l'industrie biotechnologique française et européenne. Réglementations qui, selon ces critiques, portent préjudice à ses activités. Cette lutte, il l'a aussi porté au nom de Via Campesina autour du monde, comme dernièrement à Bamako. Il y déclare qu'il est intolérable de pousser les agriculteurs des pays pauvres à cultiver les OGM pour ensuite les empêcher de replanter les graines produites par ces plantes sous prétexte de protection de brevets. Mais son combat se prolonge aussi en Inde, en Amérique latine ou à Hong-Kong où il sera gardé en centre de rétention et interdit de territoire lors de la manifestation du G8 en 2006. Cela n'empêchera pas des paysans coréens d'y manifester hardiment.

Il lui est reproché par ailleurs d'utiliser l'action directe pour lutter contre les OGM, sous prétexte « du principe de précaution », de défense de la santé des citoyens (certains OGM modifieraint le métabolisme des consommateurs et la majorité des citoyens seraient contre les OGM dans l'alimentation), les difficultés des paysans agriculteurs (62 % sont contre les OGM, surdosages d'herbicides, risques avérés de contamination) ou apiculteurs voisins (OGM-insecticides) qui subissent la contamination, ainsi que l'appauvrissement des paysans qui pratiquerait ce genre de culture via des taxes sur les brevets de ces plantes et enfin de la « liberté d'opinion et d'expression », alors que d'après le tribunal qui l'a jugé, dans ce cas, rien ne l'empêcherait de saisir un tribunal pour réclamer leur interdiction. Il persiste dans sa pratique de la « désobéissance civile » malgré les avertissements de la justice établissant qu'elle n'était ni justifiée ni proportionnée. Pourtant, l'Union Européenne fait payer tous les mois une lourde amende pour ses cultures d'OGM en plein champ, celle-ci étant interdite dans l'Union et la directive européenne n'ayant pas été transposée par la France.

Enfin, il lui est reproché d'avoir une attitude « obscurantiste » vis à vis de la recherche scientifique en sabotant les recherches sur les OGM, invoquant le principe de précaution, empêchant ainsi de vérifier l'innocuité, de connaître ou de prouver la réalité des effets secondaires qu'il allègue de ces produits.

José Bové justifie son action en arguant d'une une fin suffisamment importante. Il avance par exemple que l'effet néfaste d'une alimentation à base d'aliments OGM sur les animaux, comme les insectes et les rongeurs, a été démontré par certains biologistes. D'autre part, et toujours selon lui, des études ont déjà démontré que certains OGM cultivés en France étaient dangereux, mais ces études n'ont pas été rendues publiques par les organismes officiels de protection de la santé en France, comme ça a été le cas pour la vache folle, ou lors de l'incident de Tchernobyl, montrant ainsi un déficit latent de protection des citoyens au bénéfice des industries.

Il existe une complémentarité entre les différents combats de José Bové comme par exemple sa lutte contre les OGM et celle contre le libéralisme. Ainsi celui ci dénoncerait les effets négatifs des OGM hors contamination qui seraient déjà connus dans de nombreux pays, notamment en Argentine où l'on s'aperçoit que l'argument de réduction de l'utilisation des pesticides ne tient que sur une ou deux semences, où les champs voisins se sont retrouvés détruits et des populations voisines malades de par l'utilisation d'herbicides censés rentabiliser les champs de soja OGM, où la culture massive d'OGM contrôlée par des fonds de pension étrangers a accéléré l'exode rural de la petite paysannerie, venant ainsi agrandir les bidonvilles.

José Bové déclare s'attaquer principalement à la culture OGM en plein champ, dont les risques de contamination seraient connus. Cependant, il a saccagé des plantations OGM à l'intérieur des serres et installations d'un centre de recherche du CIRAD permettant d'éviter de telles contaminations.

Avec 16 autres militants, il entame une grève de la faim le 3 janvier 2008 pour obtenir le respect par le gouvernement de son engagement d'enclencher la clause de sauvegarde contre les OGM prévue dans la directive européenne 2001/18, clause qui permettrait de fait un moratoire sur la culture des OGM en France. Lire le dossier complet sur Continentalnews.org

 
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