Le président français, Nicolas Sarkozy, lâche du lest devant la polémique suscitée par le fichier Edvige. Il demande à la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, "d'ouvrir rapidement une concertation" sur le fichier de renseignement afin de "protéger les libertés".
Face à la contestation, Nicolas Sarkozy a convoqué à l'Elysée François Fillon, Michèle Alliot-Marie, le directeur général de la police, Frédéric Péchenard, et le patron de la direction centrale du Renseignement intérieur, Bernard Squarcini. Le président a demandé à sa ministre de l'Intérieur "d'ouvrir rapidement une concertation" qui devra être "suivie de décisions pour protéger les libertés". Il a toutefois "rappelé que la priorité était la lutte contre la délinquance." Un peu plus tôt dans la journée, Michèle Alliot-Marie avait affirmé sur RTL être prête à inscrire "dans une loi" "toutes les garanties" nécessaires aux libertés publiques. La ministre fait référence à l'une des principales revendications des anti-Edvige: que le fichier soit introduit dans le droit français par la loi, et non pas décret. Comme le souhaite la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), il serait question de limiter dans le temps le fichage des mineurs et peut-être de revoir la possibilité de mentions concernant l'orientation sexuelle des personnes fichées. Le PS juge ces concessions insuffisantes et demande un débat parlementaire, alors que le Nouveau centre -en la personne de son président Hervé Morin, ministre de la Défense- s'interrogeait dimanche, lors de son université d'été, sur l'utilité d'un tel outil.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot - Marie évoque un «droit à l'oubli» pour les mineurs fichés, au cas où ils ne commettraient aucune infraction. Des voix de plus en plus nombreuses, dont celle de Rama Yade après Hervé Morin, demandent des éclaircissements sur ce fichier. La ministre de l'Intérieur se dit notamment favorable à un «droit à l'oubli» pour les mineurs fichés, au cas où ils ne commettraient aucune infraction. Plusieurs voix, dont celle de Rama Yade, continuent de demander des éclaircissements sur ce fichier. «J'entends des inquiétudes, je veux lever ces inquiétudes et toutes les ambigüités». Ce matin, Michèle Alliot-Marie a décidé de calsmer le jeu face au tollé que suscite le fichier de renseignements Edvige. Répondant indirectement à Claude Guéant qui demandait davantage de pédagogie, la ministre de l'Intérieur propose une concession pour répondre aux inquiétudes de la Cnil, qui s'alarme du fait que des mineurs puissent être fichés dès l'âge de 13 ans. Elle avance l'hypothèse d'un «droit à l'oubli».
Parmi les dispositions polémiques instaurées dans le décret qui met en place Edvige, figure la possibilité d'y ficher des mineurs, si par exemple «ils se trouvent dans un certain nombre de groupes violents ou participent à des trafics de drogue», explique Michèle Alliot-Marie. La ministre que «si, par la suite, ils ont des conduites exemplaires», leur nom soit retiré du fichier, car «il n'y a aucune raison pour que cela les suive toute leur vie».
Cette ouverture va - t - elle provoquer une sourdine sur la polémique qui ne cesse d'enfler ?Pas évident... Le gouvernement continue de tenter de prouver l'utilité du fichier. Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, concédait mardi matin sur RTL qu'il fallait «mieux expliquer» son rôle. «Edvige, c'est finalement la régularisation d'un fichier qui existe depuis très longtemps, puisqu'il a été créé en 1991 sous un gouvernement socialiste. Son informatisation aboutit à cette régularisation», assure le proche collaborateur du président de la République Nicolas Sarkozy.



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
