A la une de l'actualité RSS
 


Actualité France
RSA: la "solidarité active" avec Martin Hirsch
  0 commentaire  |   Articles du même auteur  |   Envoyer à un ami  |   Imprimer l'article
Publié le 31/08/2008 13:07 par Angela Corrigan

Aucun commentaire n'a encore été posté.

 Réagissez maintenant à cet article !
 
Photo : Martin Hirsch
|

            (photo Clatot/ La Croix)

Le revenu de Solidarité active, qui a été promu en France par l’Agence nouvelle des solidarités actives dirigée par Martin Hirsch, est une allocation qui vise à la fois à remplacer des minima sociaux existants (comme le RMI et API), à se substituer à des dispositifs d’intéressement de retour à l’emploi (comme la prime de retour à l’emploi (PRE) et la prime pour l’emploi (PPE)) dont l’efficacité a été à plusieurs reprises contestée.

Le RSA est destiné à remplacer le revenu minimum d'insertion (RMI), l'allocation de parent isolé (API), la prime pour l'emploi (PPE) pour les allocataires des minima sociaux et les travailleurs pauvres. Il a été promu en France par l’Agence nouvelle des solidarités actives dirigée par Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté.

Le RSA c’est pour ceux qui ne travaillent pas un revenu minimum et pour ceux qui travaillent un complément de revenu. C’est donc un instrument "mixte", qui met fin aux cloisonnements entre dispositifs et qui supprime les trous dans le dispositif. Le RSA est à la fois un moyen de garantir que le retour au travail procure des revenus supplémentaires et un puissant instrument de lutte contre la pauvreté.

Le revenu de Solidarité active met fin à plusieurs situations inacceptables :

-  la perte d’argent au moment du retour au travail ;
-  la diminution des ressources à la fin de la période d’intéressement ou de cumul (souvent six mois ou un an après le retour au travail, les ressources diminuent, parce qu’il y a un cumul intégral au début, partiel ensuite, puis plus rien) ;
-  la différence de ressources entre deux personnes, selon qu’elles sont ou non passées par le RMI ;
-  des situations de pauvreté au travail ;

Il met fin au "travail gratuit" : il y a des personnes qui travaillent mais qui ne gagnent pas un centime de plus que si elles ne travaillaient pas.

Quels en sont les objectifs ?

Le revenu de Solidarité active encourage le travail, facilite le retour à l’emploi, réduit le nombre de travailleurs pauvres. Il garantit que tout retour au travail donne lieu à une augmentation de revenu et que toute augmentation des revenus du travail se traduit par une vraie amélioration des ressources des familles. Le RSA est l’un des instruments pour atteindre l’objectif de réduction de la pauvreté : la pauvreté va pouvoir à nouveau diminuer. Le RSA inversera notamment la tendance en matière de pauvreté au travail : après une augmentation de 20% du nombre de travailleurs pauvres au cours des trois dernières années, il fera diminuer ce nombre. Le RSA aidera à diminuer le nombre de ceux qui ne vivent qu’au niveau du revenu minimum. Le RSA accroîtra le taux d’activité.

Quels sont les effets attendus du RSA ?

-  Dès sa mise en place, il augmentera sensiblement les ressources de nombreux travailleurs pauvres ;
-  il permettra aux personnes qui dépendent du RMI mais qui travaillent de voir leurs revenus augmenter ;
-  le RSA facilitera le retour à l’emploi : toutes les études montrent qu’il aura un effet sur l’emploi bien plus incitatif que les systèmes actuels ;
-  il devrait favoriser le travail régulier par rapport au travail non déclaré.

Comment ça marche ?

Une personne qui n’a pas de revenu du travail continuera de toucher comme actuellement l’équivalent du RMI. C’est le RSA à taux plein, parce qu’il n’y a pas d’autres revenus. Une personne qui a de faibles revenus du travail, qu’elle soit ou non passée par le RMI, bénéficiera également du RSA, comme complément de revenu, dégressif au fur et à mesure que ses revenus du travail augmentent. Le montant qui lui est versé au titre du RSA est calculé pour que 60 à 70% des revenus du travail qu’elle gagne restent dans sa poche.

Exemple : une personne gagne 500 euros de salaire (un travail à mi-temps rémunéré au SMIC horaire), le RSA lui garantit un revenu d’environ 800 euros (soit 70% des 500 euros en plus plus 450 euros de filet de sécurité minimum). Si elle ne touche aucune autre allocation (sauf les aides au logement), le RSA qui lui sera versé sera de 300 euros par mois. Si elle touche d’autres allocations (comme les allocations familiales ou autres...), le rSa sera la différence entre 300 euros et le montant de ces allocations.

Pour être équitable, le montant de rSa versé prend, en effet, en compte la situation familiale et l’ensemble des revenus de la famille. C’est une différence notable avec la PPE. Le revenu garanti, à revenu du travail équivalent, est donc d’autant plus élevé que les charges de famille sont fortes.

N’est-ce pas trop compliqué ?

Le revenu de Solidarité active est une simplification sans précédent du système de soutien aux bas revenus. Il remplace plusieurs systèmes : le RMI, l’API, les systèmes d’intéressement avec les primes forfaitaires de retour à l’emploi, la prime pour l’emploi et peut-être l’allocation spécifique solidarité.

Il est beaucoup plus lisible que le système actuel, car il rend les revenus plus prévisibles. Il sera conçu de telle sorte que toute personne sache que quand elle gagne 1000 euros de plus, il y a 600 ou 700 euros qui restent dans sa poche, les aides qu’elles recevaient ne pouvant elle alors pas diminuer de plus de 300 ou 400 euros. Alors qu’aujourd’hui, une personne qui gagne 1000 euros de plus peut voir ses aides diminuer de 1000 euros.

Pourquoi ouvrir le rSa aux travailleurs pauvres ?

Le revenu de Solidarité active a été conçu parce que notre pays ne peut pas se satisfaire de deux situations inacceptables :
-  l’augmentation constante depuis vingt ans du nombre d’allocataires du RMI et de leur éloignement de l’emploi,
-  l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres.

Le dernier rapport de l’observatoire de la pauvreté rappelle que l’emploi ne protége plus de la pauvreté. Avec le rSa, l’emploi doit à nouveau protéger de la pauvreté et l’emploi doit être plus accessible. Avec le revenu de solidarité active, l’objectif "plein emploi" sera renforcé et complété par un objectif "moins d’emplois pauvres".

La généralisation du rSa améliore immédiatement la situation de nombreux travailleurs pauvres et en réduit le nombre, alors même que sur la dernière période connue, selon l’INSEE, le nombre de travailleurs pauvres a augmenté de 20%.

Que devient la prime pour l’emploi ? Est-ce elle qui finance le RSA ?

Le revenu de Solidarité active intègrera la prime pour l’emploi. Ce faisant, il en corrigera les effets d’inéquité. Aujourd’hui, la moitié des travailleurs pauvres n’en bénéficient pas.

Les conditions d’intégration de la prime pour l’emploi seront discutées et négociées en tenant compte de tous les éléments de revenu des catégories qui la perçoivent aujourd’hui. C’est avec les parlementaires et l’ensemble des partenaires sociaux que sera examinée, parmi les 9 millions de personnes qui perçoivent aujourd’hui la prime pour l’emploi :
-  ceux dont la situation dont la situation doit être améliorée : le rSa doit être supérieur à l’actuelle PPE,
-  ceux dont la situation doit être inchangée : le passage de la PPE au rSa doit être neutre ;
-  ceux pour lesquelles un complément de revenu n’est pas justifié, parce qu’il ne représente qu’une proportion très faible de leurs revenus, sans effet incitatif et parce qu’ils peuvent bénéficier d’autres effets des politiques fiscales et sociales.

Ces choix seront concertés, seront faits dans la transparence, et dans l’équité. La transition pourra être progressive.

Combien ce dispositif va-t-il coûter ?

Aujourd’hui, il y a environ 5,5 milliards de dépenses pour le RMI, 1 milliard pour l’API, 4,5 milliards pour la prime pour l’emploi et 0,5 milliard pour différentes aides de retour à l’emploi. Ceci représente au total 11,5 milliards d’euros de dépenses.

C’est à cet ensemble que l’on rajoute 1,5 milliards d’euros. L’effort de la nation pour les salariés modestes et les allocataires de minima sociaux passera donc de 11,5 milliards d’euros à 13 milliards d’euros. C’est dans ce cadre général que se discutera l’effet de recentrage de la prime pour l’emploi pour que ces 13 milliards soient de la dépense utile. Car le but de cette réforme n’est pas d’augmenter les dépenses sociales. C’est de les rendre justes et efficaces. Ce total diminuera au fur et à mesure que des personnes exclues du travail reprendront une activité.

Le RSA va-t-il inciter au temps partiel ? Il y a un effet d’aubaine pour l’employeur ?

Le revenu de Solidarité active apportera un soutien plus marqué à ceux qui travaillent à temps partiel. Car il s’agit souvent de temps partiel subi et de travailleurs pauvres. Pour autant, il ne doit pas remplacer les trappes à inactivité par des trappes à temps partiel.

Il n’est pas choquant de soutenir les salariés à temps partiel : souvent le retour à l’emploi ne se fait pas directement avec un emploi à plein temps et il y a des situations durables de temps partiel. Dans les emplois d’aides à la personne et dans beaucoup d’emplois de services, il y a des salariés à temps partiels, qui se trouvent dans une situation où il ne gagnent pas plus que s’ils ne travaillaient pas.

Deux situations doivent être distinguées :

-  quand ce n’est pas le salarié qui a choisi le temps partiel, il n’y a pas de raison de le pénaliser. Pour éviter que le complément de revenu lié au rSa incite à rester dans le temps partiel, il peut être proposé de réviser périodiquement le montant du rSa pour qu’une personne qui refuserait de passer à temps plein puisse voir le montant du rSa diminué ;

-  la deuxième situation est celle où ce serait l’employeur qui "profiterait" du rsa pour multiplier le temps partiel. Un avis a été demandé au conseil d’orientation pour l’emploi sur la réalité de ce risque et la manière de le réduire. La question du temps partiel subi existe avant le rSa. Elle doit être traitée avec vigueur, notamment en s’assurant que les mécanismes d’allègement de charges deviennent incitatifs pour l’employeur à privilégier le temps complet.

En tout état de cause, le rSa sera calculé pour qu’il y ait toujours un intérêt pour le salarié à passer du temps partiel au temps complet. Et le rSa, s’il n’alourdit pas le coût du travail ne rend pas les bénéficiaires du rSa moins coûteux pour l’employeur. Il n’y a pas d’effet d’aubaine direct pour l’employeur.
Quels seront les enseignements de l’expérimentation lancée dans 34 départements ?

Les programmes expérimentaux ont permis de mobiliser les services des conseils généraux et d’impliquer l’ensemble des institutions en charge de l’insertion des bénéficiaires - services déconcentrés de l’Etat, Caisses d’allocations familiales, ANPE, Assedic, Caisse primaire d’assurance maladie - mais aussi les entreprises et les associations d’insertion.

Le dispositif expérimenté dans les 34 départements ne concerne que les allocataires du revenu minimum d’insertion et de l’allocation de parent isolé alors que la généralisation du rSa concernera également les travailleurs pauvres. C’est pour aller plus vite dans l’équité que le rSa sera généralisé dès 2009.

Au moment où le projet de loi sera discuté, un bilan d’un an d’expérimentation sera fourni au Parlement. Les données concerneront le taux de retour à l’emploi, l’évolution des revenus, le type d’emploi et la qualité de l’emploi. L’expérimentation facilitera la mise en place technique du rSa.

voici le communiqué publié par Martin Hirsch sur le site d'Emmaüs France:

"En décembre 2004, le Gouvernement m’avait demandé, à titre personnel et en raison de mon expérience de Président d’Emmaüs France, de présider une commission « Familles, vulnérabilité, pauvreté ». Cette mission m’avait été confiée par Philippe Douste-Blazy, alors Ministre des solidarités, de la santé et de la famille et avait produit 15 résolutions élaborées par un groupe réunissant des responsables syndicaux et associatifs, des élus de la majorité et de l’opposition, des experts de différentes disciplines. Parmi ces résolutions destinées à permettre une politique durable de réduction du nombre d’enfants pauvres, figurait la création d’un revenu de solidarité active, dans le cadre d’une réforme en profondeur des minima sociaux.
La commission avait envisagé de mettre en place ces propositions, dont le revenu de solidarité active, par des programmes expérimentaux. Pour accélérer la mise en place de ces programmes, et devant l’intérêt marqué par plusieurs collectivités territoriales – notamment des départements faisant face à l’augmentation du nombre d’allocataires de RMI - plusieurs membres de la commission ont estimé nécessaire de créer une association : l’Agence nouvelle des solidarités actives a été ainsi constituée en janvier 2006. Quelques mois plus tard, le Premier ministre, Dominique de Villepin et le Ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, ont donné leur accord pour que cette démarche expérimentale soit soutenue par le Gouvernement. Une nouvelle mission, cette fois plus opérationnelle, m’a été confiée et j’ai été détaché pour diriger l’Agence nouvelle des solidarités actives, dans le cadre d’une convention avec l’Etat. Deux dispositions législatives ont entrouvert, début 2007, une possibilité pour les départements volontaires, de déroger aux mesures générales dans le cadre d’expérimentation sur le retour à l’emploi des allocataires de minima sociaux. Quatorze départements, de différentes colorations politiques, ont manifesté leur intention de demander à bénéficier de ces dérogations.

Au cours de la campagne électorale, plusieurs candidats ont inscrit dans leur programme la création du revenu de solidarité active, notamment les deux candidats présents au deuxième tour, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Le Président élu m’a confirmé sa volonté de le mettre en œuvre et m’a demandé d’assurer le pilotage d’une réforme des minima sociaux, telle que proposée par la commission que j’avais animée. J’ai souhaité pouvoir le faire dans le cadre des responsabilités que j’exerçais. Cependant, le Président de la République a estimé que le pilotage d’une telle réforme nécessitait, compte tenu de sa complexité et de ses implications sur le système actuel d’aide sociale, d’être exercé au sein du Gouvernement. Je n’ai pas accepté un titre ministériel, mais ai donné mon accord à une nomination, dans des fonctions nouvelles de Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, pour mettre en œuvre ces réformes.

Cette situation nouvelle me conduit à démissionner de mes responsabilités de président d’Emmaüs France, par anticipation d’un an sur la date de fin de mon dernier mandat en mai 2008.Il est évident que le mouvement Emmaüs, dont l’indépendance est constante à l’égard des pouvoirs publics et politiques, n’est en aucune manière engagé par mes choix personnels d’une implication plus directe dans la mise en œuvre de ces réformes. C’est soucieux de cette indépendance que je n’ai pas sollicité de position officielle d’Emmaüs France, tout en recueillant de très nombreux avis au sein du mouvement qui tenait son Assemblée générale il y a quelques jours. Cela a été un incomparable honneur de présider pendant cinq ans le Conseil d’administration d’Emmaüs France et je serai toujours redevable à tous les militants du mouvement des moments que nous avons vécus ensemble et conserverai au plus profond de moi-même les valeurs que nous avons en partage. " Pour tout savoir sur le RSA, visitez Continentalnews.org

 

(Sources: Emmaüs/ Site du Premier ministre)

 
Vous avez une info, un scoop, une image, une vidéo ? Inscrivez-vous pour publier sur www.continentalnews.fr
Commentaires sur cet article (0)
Aucun commentaire actuellement.


Soumettre un commentaire sur cet article
Vous devez être identifié à Continental News pour poster des commentaires. Cliquez ici pour vous inscrire.

Continental News | Contactez-nous | Conditions générales d’utilisation | Annoncer sur notre site