Le Conseil d'Etat a annulé les résultats du concours interne des officiers de police de septembre 2007 après la plainte d'un candidat d'origine maghrébine dénonçant une discrimination raciale.
Abdeljalel El Haddioui s'est présenté à l'épreuve orale du concours interne d'officier de la police nationale française à l'automne 2007. Il y avait un total de 40 candidats pour 27 postes à pourvoir et cette épreuve aurait alors tourné à la supercherie pour le candidat arabo-musulman.
Les examinateurs lui posent alors de drôles de questions du genre: "Monsieur, faites-vous le ramadan?", "Monsieur, vous ne trouvez pas bizarre ce gouvernement de la France avec des ministres arabes et un président à moitié hongrois?", "Monsieur, votre femme porte-t-elle le voile?", "Monsieur, votre avis sur la corruption des fonctionnaires de police marocains?".
Il aurait suffi d'une note de 8,6/20 à ce candidat pour figurer parmi les 20 admis sur les 40 candidats. Il n'a reçu qu'une note éliminatoire de 4 sur 20 à l'épreuve d'entretien, dotée du plus fort coefficient.
Monsieur Abdeljalel El Haddioui s’étonne, à juste titre me semble-t-il : “est-ce qu’on a demandé aux autres s’ils fêtaient Noël ou la Toussaint, et ce qu’ils pensaient de la discrimination positive ?”
Une étude de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes) organisme gouvernemental, portait en effet sur les mécanismes discriminatoires des procédures de recrutement.
La Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (Halde) a donc adressé une "demande d'information" au ministère de l'Intérieur.
Le Conseil d'Etat a jugé que le fait de poser de telles questions révèle de la part des examinateurs "une méconnaissance du principe d'égal accès aux emplois publics."
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, dit avoir donné des instructions aux services concernés pour permettre à ce candidat de repasser son examen.



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