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"Expulsion cruelle" de France d'une Chinoise
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Publié le 01/08/2008 00:51 par Angela Corrigan

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Photo : Hortefeux
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            (Continental News)

Plusieurs associations de soutien aux immigrés dénoncent l'"expulsion cruelle" de France d'une femme chinoise, renvoyée en Chine alors qu'elle souffre de fractures et mariée à un Français qui a écrit au président Nicolas Sarkozy sa peur qu'elle soit emprisonnée.

La jeune femme, qui porte un corset de la nuque au bas du dos pour des fractures très douloureuses du coccyx et d'une vertèbre lombaire, avait échappé une première fois à une expulsion le 23 juillet grâce à un défaut de procédure, selon les associations réseau Education sans frontière (RESF) et la Cimade.

Interpellée au domicile de son mari mercredi vers 7h00, Mme Nun Yu, 40 ans, a embarqué en début d'après-midi à l'aéroport parisien de Roissy dans un appareil à destination de Pékin, encadrée par deux policiers chinois venus la chercher. Elle disposait d'un certificat médical lui interdisant tout déplacement avant trois mois.
"Mon épouse avait été déboutée de ses demandes d'asile avant notre mariage, aussi j'ai peur qu'elle soit mise directement en prison à son arrivée en Chine", a déclaré à l'AFP son mari Serge Scalet qui vient d'en "appeler à l'humanité" de Nicolas Sarkozy dans un courrier adressé au président frnaçais.

Une Marocaine menacée

Madame El Aabbasi, ressortissante marocaine, est retenue depuis le 9 juillet 2008 au centre de rétention de Strasbourg-Geispolsheim. Elle est en instance de reconduite à la frontière, suite à une obligation à quitter le territoire notifiée par la préfecture du Bas-Rhin.

Cette jeune femme, mariée avec son conjoint français au Maroc en février 2004 est arrivée en France avec lui sept mois plus tard, en septembre 2004. Dès son arrivée, elle obtient un récépissé de carte de séjour puis une carte de séjour de un an qui sera renouvelée deux fois. Elle vit en France avec son mari jusqu’en juillet 2006, date à laquelle celui-ci; volage et parfois violent, la met à la porte après l’avoir violemment frappée.

Après avoir vécu un an dans un foyer, elle a trouvé un appartement où elle vit toujours. Depuis mars 2007 elle travaille dans la même maison de retraite et a signé un CDI en janvier 2008.

La direction de la maison de retraite désire la garder car elle est très appréciée, comme le prouvent les témoignages de divers résidents et de plusieurs de ses collègues de travail. Le besoin de travailleurs dans le secteur de l’aide à la personne, est mis en avant par Brice Hortefeux et est à la base d’une disposition permettant la régularisation de travailleurs sans papiers dans la loi d'octobre 2007.

Madame Aabbasi résidait régulièrement depuis trois ans en France avant que la rupture avec un mari violent ne la prive de son titre de séjour. Elle travaille et est parfaitement intégrée en France.

La Cimade demande la libération et la régularisation de Madame El Aabbasi.

Pour apporter votre soutien à Madame El Aabbasi, contactez la préfecture du bas-Rhin pour demander sa libération et sa régularisation :

5 place de la République
67070 Strasbourg
tel : 03 88 21 67 68
fax : 03 88 21 62 16
Par mail
benoit.byrski@bas-rhin.pref.gouv.fr
infos@bas-rhin.pref.gouv.fr
Par fax
03 88 21 61 55 (fax du secrétaire général)
03 88 21 62 16 (fax de la préfecture)

La responsabilité de l’administration à nouveau engagée ?

Dimanche 20 juillet 2008, un incendie s’est déclaré aux alentours de 18h30 au centre de rétention administrative (CRA) de Nantes. Cet incendie n’a heureusement pas fait de victime. Néanmoins, la personne à l’origine des faits, et qui présente des troubles psychiatriques, a été placée en garde à vue et est sous la menace de poursuites pénales.

La place de cet homme, manifestement extrêmement fragile, n’était pas en rétention. Elle n’est pas non plus devant les tribunaux.

D’après différents témoignages concordants, il semblerait que ce dimanche, en fin d’après-midi, une ressortissante biélorusse également placée au CRA de Nantes, se soit approchée de la chambre de Monsieur S. Elle a vu des flammes. Elle en a informé les autres personnes retenues qui auraient alors tenté d’alerter les policiers du centre, lesquels n’auraient pas réagi immédiatement. Trois personnes retenues ont alors cassé la porte de la chambre, dans laquelle M. S. s’était barricadé. Quand ils sont entrés à l’intérieur, M. S. était accroupi au sol. Un de ses poignets était tailladé. Selon les personnes présentes, il aurait enflammé du papier journal pour qu’ensuite le feu prenne à la literie. Il aurait ainsi tenté de mettre fin à ses jours.

Les personnes retenues font ensuite état d’une certaine confusion. Les policiers du CRA ont commencé à réagir, mais tout en laissant tous les retenus dans la zone de rétention. Apparemment les alarmes incendies ne se seraient pas déclenchées. La chambre de M. S. a été détruite et l’intégralité du circuit électrique du centre de rétention a été endommagée.

Le CRA a fermé provisoirement ses portes. A 14h30, lundi 21juillet, les sept personnes qui y étaient retenues au moment des faits ont été transférées au centre de Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande, après avoir passé plusieurs heures en LRA ou dans des locaux de garde-à-vue du commissariat Waldeck-Rousseau de Nantes.

M. S., après avoir été hospitalisé quelques heures, a été placé en garde à vue. Cet homme, en rétention depuis le vendredi 18 juillet, était connu du personnel du centre comme ayant de sérieux problèmes psychiatriques. Quelques jours avant les faits, alors qu’il se trouvait libre, il avait tenté de se suicider en voulant se jeter d’une grue haute de 40 mètres. L’intervention des pompiers avait permis de le dissuader d’accomplir ce geste fatal. Il avait aussitôt été placé en hôpital psychiatrique pendant plusieurs jours.

La Cimade déplore la décision de la préfecture de Loire-Atlantique, qui n’a pas hésité à placer en rétention un homme vulnérable, souffrant de problèmes psychiatriques avérés et récemment hospitalisé. Cette décision de placement en rétention a manifestement mis en danger l’intégrité physique et psychique de cette personne et a potentiellement menacé celle d’autrui.

La Cimade estime que des poursuites à l’encontre de M. S. – dont l’état de santé nécessite des soins spécifiques et non une réponse répressive – seraient profondément déplacées.

 
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