La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice est attendue en Libye ce vendredi, un déplacement qui signifie que les relations entre les Washington et Tripoli sont entrées dans une nouvelle phase. C'est la toute première visite d’un chef de la diplomatie américaine dans ce pays depuis 1953.
« La normalisation des relations entre nos deux pays permet l'expansion de la coopération bilatérale dans de nombreux domaines, notamment l'éducation, la culture, le commerce, les sciences et techniques, la sécurité et les droits de l'homme », a déclaré le porte-parole du département d'État, M. Sean McCormack, lors d'une conférence de presse tenue le 2 septembre.
Durant cette tournée qui durera du 4 au 7 septembre, Mme Rice se rendra également, après la Libye, au Portugal, en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Ce sera la première visite d'un secrétaire d'État américain en Libye depuis celle qu'avait effectuée John Foster Dulles en 1953.
« Cela montre que nos relations sont en pleine évolution. Nous sommes en train d'établir la confiance en nous appuyant sur des domaines d'intérêt mutuel », a déclaré M. McCormack. « C'est également une étape importante du succès de la politique de non-prolifération de ce gouvernement. »
Les relations se sont en effet considérablement améliorées en 2003, lorsque la Libye a accepté la responsabilité de l'attentat terroriste de Lockerbie et annoncé qu'elle mettait fin à ses programmes d'armement nucléaire, chimique et biologique. Les États-Unis ont annulé nombre des sanctions qu'ils avaient adoptées contre la Libye et l'ont rayée de leur liste des États parrains du terrorisme.
Les relations bilatérales ont connu un nouvel élan le 14 août dernier, lorsque les États-Unis et la Libye ont signé un accord de règlement des plaintes en cours. Cet accord couvre les victimes de l'attentat de 1986 contre une discothèque de Berlin qui avait fait trois morts et 229 blessés, et l'attentat perpétré contre le vol 103 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Écosse), qui avait fait 270 victimes. L'accord prévoit également le versement de dommages aux 40 Libyens tués en 1986 lorsque des avions de l'armée américaine ont bombardé Tripoli et Benghazi.
« La conclusion de cet accord a également été facilitée par l'action du Congrès des États-Unis, qui a adopté une nouvelle loi (Libyan Claims Resolution Act, Loi sur le règlement des requêtes libyennes), que le président Bush a promulguée le 4 août », a déclaré M. David Welch, secrétaire d'État adjoint aux affaires proche-orientales.
Mme Rice devrait s'entretenir avec le dirigeant libyen, M. Mouammar Kadhafi, à Tripoli, a précisé M. McCormack. Ils aborderont divers dossiers bilatéraux, dont les droits de l'homme.
Durant les entretiens qu'elle aura au Portugal, en Algérie, en Tunisie et au Maroc, Mme Rice abordera des questions bilatérales et régionales, notamment la liberté dans la région, l'élaboration d'institutions démocratiques, le conflit israélo-palestinien, la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et les efforts de soutien aux réformes démocratiques et économiques.




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