À l'issue d'une nouvelle mission de médiation entreprise par Nicolas Sarkozy, la Russie a annoncé son retrait total de Géorgie d'ici un mois, à l'exception des provinces sécessionnistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, dont elle a reconnu l’indépendance. Le président français n’a pu arracher plus malgré son coup de gueule à Moscou. La Russie a décidé de renforcer sa présence militaire en Abkhazie et en Ossétie du Sud.
Il a exigé qu'ils ne soient que tous les deux. «Nicolas» et lui. Pour franchir les quelques mètres qui séparent la résidence présidentielle du lieu de la conférence de presse, en contournant le jet d'eau. Barroso, qu'il nomme d'un vague «et un partenaire européen», n'est autorisé à les rejoindre qu'après, et à jouer son rôle muet aux côtés du président français. Medvedev a le sens de l'image et des préséances.
Dmitri et Nicolas, qui font environ la même taille, sont aussi raides l'un que l'autre. Et affichent tout deux, au micro, un sourire satisfait. Medvedev va droit au sujet qui l'importe : la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud - «ce choix est définitif et sans retour», dit-il. Il s'agissait pour la Russie de «sauvegarder l'existence de deux peuples» face à l'agression géorgienne. Le reste ne pose pas de problèmes...
Embarqués dans une négociation pas facile, Nicolas Sarkozy, de son côté, n'est pas moins mécontent de l'accord signé hier.
Il consacre d'ici une semaine le retrait des «checks-points» russes en Géorgie, entre Poti et Senaki. D'ici au 1er octobre, le retour à la situation d'avant le 7 août, retrait complet des forces russes et géorgiennes qui retournent dans leurs cantonnements.
Observateurs de l'UE
Le principe des observateurs internationaux est maintenu, et il sera complété par la présence d'«au moins 200 observateurs de l'UE». Enfin des discussions internationales débuteront dès le 15 octobre à Genève, elles porteront notamment sur la sécurité dans la région et la question des réfugiés. Ce point n'était pas acquis.
«La discussion a été fructueuse. Nous pouvons maintenant nous envoler vers la Géorgie pour expliquer ce que nous avons signé !», lançait crânement Nicolas Sarkozy. «C'était le maximum que l'on puisse faire», commentait lui-même le président français. Qui se félicitait de la conclusion heureuse «en un peu plus d'un mois d'un conflit qui aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves, si l'Europe ne s'était pas engagée... Les armes ne parleront plus».
«Dans cette crise, on a vu l'émergence d'un acteur de poids», dit Sarkozy, qui ne parle pas de lui... mais de «l'Europe» qui a pu «trouver un apaisement dans une guerre au Caucase»... « C'est l'Europe qui a obtenu le cessez-le-feu ! C'est l'Europe qui a discuté avec le président Medvedev ! C'est l'Europe qui va engager la négociation internationale !» N'en jetez plus.
Et voilà, «deux nouveaux Etats sont apparus» avec lesquels la Russie va signer des accords, dit Medvedev en souriant. «Le reste, voir les fantômes de l'Union soviétique derrière tout ça, n'est que commérages et fantaisies».



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