La découverte par les douaniers à l’aéroport international Léon Mba de Libreville de trois valises remplies de fusils de type calibres 12, suscite de nombreuses interrogations et la crainte tant du côté de la population que du gouvernement ayant exigé jeudi soir une enquête approfondie pour établir les responsabilités dans cette affaire troublante.
Les armes, 27 au total, étaient soigneusement rangées dans trois valises identiques. Les trois curieux bagages ont été enregistrés puis embarqués comme tous les autres dans un avion de ligne d’Air France assurant la liaison Paris – Libreville dans la nuit du 18 juillet dernier.
Chose curieuse, les trois bagages ont été abandonnés sur le tapis roulant par leurs présumés propriétaires à l’arrivée à Libreville. Sur le talon de deux valises était mentionné le nom de Jean Luc Platon alors que le troisième portait celui de Michel François Claude, deux ressortissants français clients du vol ayant transporté les litigieux colis.
Selon le quotidien gabonais l’Union, le personnel d’Air France à Libreville ne s’est pas expliqué face une telle découverte. Les deux passagers ont unanimement refusé être les propriétaires de tels colis, même si ceux-ci ont été enregistrés en leurs noms.
Tout cela parait bien simple et facile, mais aussi grave qu’alarmant. Air France, compagnie préférée des dirigeants africains et leader du trafic aérien en Afrique francophone, a donc pu transporter des si dangereux colis sans en connaître les propriétaires réels.
Le sujet fait la une des conversations. Tous les gabonais se posent de nombreuses questions demeurées sans réponses. Les douteux bagages sont réellement sortis des soutes d’Air France ? Comment ont-ils franchi le dispositif de sécurité mis en place à Roissy Charles de Gaule, l’un des principaux aéroports de France ? Les fusils à calibre 12 ne sont-ils pas considérés comme des objets dangereux quand on sait que même un couteau est une arme dangereuse en matière d’aviation civile ?
Ce n’est plus un secret pour personne. Tous les bagages sont désormais passés au scanner, terrorisme oblige. Le principe de détection d’objets dangereux n’aurai-t-il pas fonctionné à Roissy Charles de Gaule ?
Si vraiment ces armes n’ont pas atterri à Libreville par un vol d’Air France, pourquoi la compagnie, jalouse de son image de marque et de sa réputation, n’a-t-elle pas démenti les allégations gabonaises ? Pourquoi reste-t-elle silencieuse alors qu’elle est si gravement éclaboussée ? Et si les deux prétendus propriétaires seraient africains, quelle serait la réaction de la compagnie ? Dans un autre sens, qu’est-ce qui devait arriver si ces calibres 12 avaient atterri en France dans un avion de ligne gabonaise ?
Il est difficile de comprendre cette sombre affaire à moins que la France ait décidé, par le biais de cette affaire, de tester le dispositif de sécurité à Roissy ainsi que dans les avions de ligne d’Air France. S’il s’agit d’un test, alors son succès est total. A Paris, Air France et même le Gabon doivent doubler de vigilance.
Gaston Ella/ Gabonpage



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