George Clooney projette d'organiser une collecte de fonds pour Barack Obama, le 2 septembre à Genève, en Suisse, selon le Los Angeles Times. Il suffit de payer 1 000 $ pour aller à une réception. Vous pouvez augmenter la mise et dîner avec Danny Ocean pour la modique somme de 10 000 $.
Lorsqu’un candidat à la présidence accepte l’argent public pour financer sa campagne durant la phase de l’élection générale, soit de fin août (date des conventions) jusqu’au scrutin début novembre, il doit renoncer aux contributions des particuliers. En revanche, les groupes d’intérêts indépendants, les associations de citoyens ou les syndicats peuvent lever des fonds et faire campagne pour le candidat de leur choix. La loi leur interdit cependant de coordonner leur action avec le candidat. Enfin, les comités nationaux des partis sont autorisés à lever des fonds indépendamment de leur candidat.
Barack Obama a renoncé en juin dernier à financer sa campagne avec des fonds publics, préférant recourir à la générosité de ses nombreux donateurs. Le candidat démocrate a décroché trois «nez de Pinocchio» sur le compteur du Washington Post qui compare les déclarations des candidats à la Maison Blanche, traquant leurs revirements. Il est le premier candidat à renoncer à la manne publique, qui fixe un seuil de dépenses, depuis la création de ce système dans les années 70 après le scandale du Watergate (lire ci-dessous).
En réalité, cette décision n’a guère surpris à Washington, même si Obama est revenu sur un engagement, pris en septembre, de «trouver activement un accord avec le candidat républicain pour préserver le système de financement public des élections». Si certains ergotent sur le fait de savoir si Obama s’était fermement engagé, ou non, à accepter l’argent public, il est certain que son équipe de campagne n’a pas «activement» cherché à trouver un accord avec son rival John McCain.
Et pour cause : depuis l’annonce de sa candidature en janvier 2007, le candidat démocrate s’est révélé être une redoutable machine à lever des fonds, dépassant record après record. A ce jour, Barack Obama a déjà amassé un trésor de près de 270 millions de dollars (173 millions d’euros), contre 122 millions pour John McCain. Plus spectaculaire, 93 % des donations sont le fait de particuliers qui ont signé des chèques de moins de 200 dollars chacun. Un phénomène sur lequel s’appuie Obama pour dire à son million et demi de contributeurs : «Vous avez déjà changé la façon dont les campagnes sont financées parce que vous savez que c’est le seul moyen de vraiment modifier la manière dont fonctionne Washington.»
Avec sa décision, Barack Obama renonce donc aux 84,1 millions de dollars de fonds publics mis à disposition des candidats entre les conventions (fin août et début septembre) et la date de l’élection (le 4 novembre). John McCain a confirmé le même jour qu’il accepterait l’argent public, tout en réagissant de façon virulente contre Barack Obama : «Il a complètement changé d’avis et est revenu, non pas sur la parole qu’il m’a donnée, mais sur l’engagement qu’il a pris avec le peuple américain.» David Brooks, chroniqueur conservateur au New York Times, faisait cyniquement remarquer que «les républicains continuent à le traiter de naïf. Mais naïf est le dernier mot que j’utiliserais pour décrire Barack Obama. Il est la créature politique la plus efficace que nous avons vue depuis des décennies.»
«Le financement des campagnes n’est pas une préoccupation majeure des Américains, je doute qu’il souffrira de cette décision, explique Anthony Corrado, professeur au Coby College (Maine) et expert du financement des élections. Même si le financement de l’élection générale fonctionne assez bien, les montants mis à disposition ne sont plus suffisants.»
C’est précisément cette insuffisance qui a vu l’émergence de groupes indépendants faisant campagne pour le candidat de leur choix. «Aucune limite n’est imposée à ces groupes, ils peuvent s’organiser très vite et recevoir des chèques de plusieurs millions si nécessaire. Nous avons vu ce qui est arrivé à John Kerry», poursuit Anthony Corrado. Le spectre du rival malheureux de George W. Bush en 2004 est précisément celui invoqué par Barack Obama pour justifier sa décision.
Attaque. Le candidat démocrate avait été victime des attaques en règle d’un groupe de vétérans du Vietnam remettant en cause son patriotisme. John Kerry ne s’en était jamais remis. «La décision d’Obama fait certes des remous aujourd’hui, mais vu le niveau d’insatisfaction dans le pays, les démocrates vont argumenter qu’il est plus important de gagner. Leurs partisans ne leur en voudront pas», commente Anthony Corrado.
Source: Liberation.fr




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