Jean Sarkozy, un des fils du président français Nicolas Sarkozy, a été relaxé lundi par le tribunal correctionnel de Paris. Le plaignant a été condamné à verser 2000 euros de réparation pour "procédure abusive".Jean Sarkozy a été convoqué plusieurs fois par la justice à la suite d’un accrochage en 2005 avec un automobiliste lors duquel lui était notamment reproché un délit de fuite. Mohammed Bellouti accusait Jean Sarkozy d'avoir percuté en scooter l’arrière de sa voiture le 14 octobre 2005 à Paris, et de ne pas s’être arrêté. L’automobiliste réclamait alors 260,13 euros pour frais de réparation et 4.000 euros de dommages et intérêts. Le fils du chef de l'Etat aurait dû être jugé pour "délit de fuite, défaut de maitrise, non-respect des distances de sécurité et dégradations", ce qui est passible d'amendes et de contraventions.
Jean Sarkozy ne sera pas condamné dans l'affaire du scooter. "La justice a fait ce qu'elle devait faire", s'est réjoui son avocat, Me Thierry Herzog. "Il s'agissait d'un dossier vide dans lequel on avait rapporté la preuve de l'impossibilité de l'infraction", a-t-il ajouté.
Dominique Hasselmann relate le déroulement de la séance du 29 septembre. Il est demandé à l'assistance de faire silence dans la salle. "Nous ne sommes pas au théâtre de boulevard ! Un peu de décence, s’il-vous-plaît." Il faut dire que l'accusé du jour n'est pas comme vous et moi; c'est Jean Sarkozy, le fils du président de la République française. "Faites entrer l’accusé à tort, Jean Sarkozy !", demande le président du Tribunal.
Le digne héritier de Nicolas Sarkozy est déjà innocenté avant même d'avoir défendu sa cause. C'est un "accusé à tort", nous dit-on.
Quand Jean prend la parole, il nie les les faits qui lui sont reprochés. " Je répète que je n’étais pas le 14 octobre 2005 place de la Concorde."
La question du juge n'est qu'une formalité, l'affaire étant gagnée d'avance pour le jeune Sarkozy. "Pourtant, le conducteur de la BMW, que vous auriez heurtée avant de vous enfuir sans demander votre reste, le dénommé M’Hamed Bellouti affirme avoir relevé le numéro de la plaque d’immatriculation de votre scooter.", demande le juge au fils de Nicolas Sarkozy qui refute toutes ces accusations. "C’est impossible car il faisait nuit !"
C'est ici que Jean aurait dû être confondu. Comment savait-il qu'il faisait nuit au moment des faits ? A la question "Vous étiez donc bien là ?" Il va dire qu'il a lu ce détail dans Le figaro, précisant qu'il n'y a "aucune preuve" pouvant indiquer qu'il était là. Une faille que le jeune politicien ne manquerait pas d'exploiter.
Jean Sarkozy ne manquerait pas de faire remarquer au juge qu'il est le fils de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur à l'époque des faits, et qui est devenu président de la République. Le juge est alors sous pression et ne peut que condamner le pauvre M'Hamed Bellouti à verser à Jean Sarkozy une somme de 2.000 euros pour "procédure abusive". Une somme que le fils du Chef de l'Etat va reverser à une asociation humanitaire.
M'Hamed Bellouti se dit déçu par cette décision de justice. "Je savais que la justice était inégale, mais de là à me condamner pour procédure abusive alors qu'il y avait des preuves et un témoin, c'est surréaliste dans un pays comme la France", a-t-il réagi, avouant "rester sans voix".
Le plaignant, M'Hamed Bellouti, fils de militants de l'UMP, est "désespéré" et dénonce publiquement une justice "pour les riches et une autre pour la France d'en bas qui doit se démerder". Il n'envisage pas de faire appel de cette décision de peur que la cour d'appel ne décide d'alourdir les sommes qu'il doit au fils du chef de l'Etat.
M'Hamed Bellouti a médiatisé l'affaire en estimant que Jean Sarkozy bénéficiait depuis deux ans de protections.
Il explique que le commissariat du XVIe arrondissement n'a donné aucune suite à l'affaire, malgré ses démarches, et que trois courriers envoyés par son assureur à celui de Jean Sarkozy n'ont reçu aucune réponse. Son frère est allé durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy à son QG, où il a été reçu par une employée, sans davantage de suites.
"Ça fait donc depuis un an et demi, deux ans que je me bats pour que justice soit faite. Ce qui me surprend, c'est que la plainte n'est à ce jour pas retrouvée, M. Sarkozy n'a pas été convoqué au commissariat pour la confrontation", a expliqué aux journalistes M'Hamed Bellouti.
Me Christophe Launay, avocat du plaignant, avait envisagé d'abandonner la procédure si son client était indemnisé à l'amiable.
Jean Sarkozy avait déjà attiré l'attention des médias quand il est apparu que la police avait eu recours à une recherche d'empreintes génétiques pour retrouver son scooter, volé le 7 janvier. La gauche avait alors estimé qu'il faisait l'objet d'un traitement de faveur, la recherche d'ADN étant normalement réservée aux affaires importantes.
Mohammed Bellouti se dit "consterné" par la décision de justice qui vient d'être rendue concernant ce litige qui l'opposait à Jean Sarkozy depuis près de trois ans.
Nicolas Sarkozy a deux fils, Pierre et Jean, d’un premier mariage. Il en a un troisième, Louis, de son mariage en 1996 avec son actuelle épouse, Cecilia.



1 commentaire
|


Un détail. L'épouse actuelle du chef de l'Etat s'appelle Carla et non pas Cécilia (fin de l'article).
