Les membres du parti républicain semblent conquis par le choix de la gouverneure Sarah Palin comme colistière. Passionnée de chasse et chrétienne militante, elle est opposée à l'avortement et souhaite que la théorie créationniste soit enseignée dans les écoles. Elle est surnommée la Margaret Tchatcher américaine à cause de son caractère.
Devant la convention républicaine, John McCain devait accepter formellement, la nuit dernière, d'être candidat à la Maison Blanche en novembre. Ses concessions à la droite du parti, dont le choix de Sarah Palin comme colistière, risquent de le priver de voix au centre de l'électorat américain.
John McCain, sénateur de l'Arizona et héros de la guerre du Vietnam, cultive à l'envi sa réputation de forte tête, volontiers en porte-à-faux avec son parti sur certains thèmes sensibles. Mais il a dû faire des pas significatifs sur sa droite depuis l'échec de sa candidature à l'investiture républicaine en 2000.
M. McCain a ainsi proposé de rendre permanentes des baisses d'impôts provisoires auxquelles il s'était initialement opposé, durci son discours sur l'immigration, le mariage homosexuel ou l'avortement. il avait même donné l'accolade à feu le télévangéliste Jerry Falwell, figure de la droite ultra-conservatrice qu'il avait un temps qualifié d'« agent de l'intolérance ».
Ce faisant, McCain se rapproche du courant dominant républicain, explique Stephen Hess, du centre de réflexion conservateur Brookings Institute. « Il fait ce que doit faire tout politicien tentant d'être élu par un parti important : d'abord s'assurer que sa base est solide avant d'aller vers les gens qui pour une raison ou une autre hésitent ».
Plusieurs ténors de l'aile conservatrice du Parti républicain, qui s'étaient publiquement opposés à McCain, ont été conquis par le choix de la gouverneure Sarah Palin comme colistière. Passionnée de chasse et chrétienne militante, elle est opposée à l'avortement et souhaite que la théorie créationniste soit enseignée dans les écoles.
Sarah Palin a d'ailleurs enthousiasmé la convention républicaine lors de son intervention mercredi soir à Saint Paul (Minnesota). Avec cette phrase déjà fameuse : « La différence entre une maman qui accompagne ses enfants au hockey et un pitbull ? Le rouge à lèvres ! » ; c'est la seule fois où elle s'est écartée du texte, pourtant musclé, de son discours... rédigé par un des rédacteurs les plus incisifs du président George W. Bush, Matthew Scully. Sa prestation a reçu les éloges de la presse américaine. Mais pour remporter la Maison Blanche, il faudra convaincre les électeurs indépendants et une partie des ex-électrices de Hillary Clinton qui ont pu être effrayés par ce ton agressif.
Palin n'est pas la seule concession faite par John McCain : il a aussi autorisé l'aile conservatrice du parti à élaborer un programme électoral considéré comme le plus radical de son histoire récente. « Il y a un vocabulaire plus dur sur la sécurité frontalière, sur l'environnement ; nous avons une position très dure en matière d'opposition à l'avortement », reconnaît Kendal Unruh, délégué du Colorado.
« Les républicains espèrent que McCain puisse réussir deux choses en même temps : adopter des positions conservatrices sur les questions qui intéressent la base tout en gardant son côté non-orthodoxe », analyse Michael Dimock, du Centre de recherche Pew.
Le problème est que les questions de société, qui avaient attiré nombre de démocrates vers le parti républicain -les fameux « Reagan démocrates »- ont été remplacées par les préoccupations économiques. Et sur celles-ci, comme sur la santé, l'éducation ou même la guerre en Irak, les démocrates et Barack Obama ont un large avantage auprès des électeurs dits « indépendants ». Suivre les nouvelles de Sarah Palin en temps réel sur Continentalnews.org
Source: DNA



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