Le président français, Nicolas Sarkozy, était attendu jeudi par un millier de personnes à l'heure de la rentrée des classes dans la cour du nouveau lycée français Charles-de-Gaulle, dans le quartier de Mezzeh, au cœur de Damas : des expatriés français, bien sûr, dont les enfants représentent 40 % des 850 élèves de l'établissement, mais aussi des Syriens et des Syro-Libanais, dont quelques généreux donateurs ayant permis de mener à bien ce projet phare de la présence française en Syrie.
Accompagné du ministre syrien de l'Éducation et du gouverneur de Damas, flanqué de Bernard Kouchner, Patrick Devedjian et Philippe Marini (sénateur des Français de l'étranger et président du Groupe d'amitié France-Syrie), Sarkozy a visité plusieurs salles de classe et échangé avec quelques élèves d'un établissement qui rassemble sur un seul lieu (et propriété de la France) tous les niveaux scolaires, de la maternelle à la terminale.
Lancée en 2001, confirmée lors de la visite à Damas de Jacques Chirac, la reconstruction du lycée aura survécu à la brouille survenue en 2005, quand le prédécesseur de Sarkozy décida de geler les relations franco-syriennes après l'assassinat de Rafic Hariri. « Et pour les Syriens, cette visite d'un président français est tout simplement un retour à la normale après un éloignement regrettable », témoigne un Français de Damas, frappé par la qualité de l'accueil réservé par les autorités syriennes au nouveau locataire de l'Élysée. « On n'a pas vu de scènes de liesse organisées, mais l'autoroute de Mezzeh était pavoisée de drapeaux tricolores, la presse rend compte largement de la visite et l'opinion se réjouit de voir un vieux lien renoué. » Devant la communauté française, Sarkozy a tenu à justifier ce retour en Syrie. « Certains m'accusent de revenir trop vite, mais il faut savoir ne pas partir trop tard », a expliqué le président, un rien sibyllin. Vantant les liens historiques avec Damas et Alep, il a exposé les projets économiques - futures ventes d'Airbus à Syrian Air, contrats énergétiques qui permettraient à Paris et à Damas de faire remonter leurs échanges à un niveau plus convenable (Total a d'ailleurs confirmé hier la signature de trois contrats pétrogaziers).
Tout se tient. Revenir en Syrie, c'est revenir au Proche-Orient. Et le minisommet à quatre (France, Qatar, Turquie et Syrie) qui s'est tenu en fin de matinée a permis à Sarkozy d'envoyer des signaux : Caucase, Darfour, Iran, Liban, Israël, en une heure, tous les points chauds ont été survolés. Trop vite ? L'essentiel était de montrer que tout se tient dans la région.
Quant à Assad, le voilà revenu sur la scène internationale sans avoir lâché grand-chose, notamment dans une négociation esquissée avec Israël. Il s'est tout de même chargé de deux messages : convaincre l'allié iranien qu'il vaudrait mieux surseoir à son ambition nucléaire, et transmettre au Hamas, via l'émir du Qatar, une lettre confiée à la France par les parents du caporal franco-israélien Gilad Shalit, toujours détenu par les islamistes palestiniens.
Source: Sud Ouest



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