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Delanoë, Hollande, DSK, et Royal: le PS en plein doute !
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Publié le 28/08/2008 16:34 par Angela Corrigan

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Photo : Royal
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            (Continental News)

L'université d'été de La Rochelle, ses discours, ses flonflons et ses probables prises de tête, ce ne sera pas pour eux. Adhérents « de base » de la section socialiste de Carbon-Blanc, dans la banlieue bordelaise, Patrick Labesse et Jean Galin jugeront l'apport de cette grand-messe estivale par le truchement des médias. Avant d'en entendre parler en réunion de section, dès lundi. Ils espèrent. Quoi, ils ne savent pas exactement. « Des signaux clairs pour qu'arrive quelque chose de positif. Il y a beaucoup à attendre cette année », risque Patrick Labesse.
Les deux hommes ne se connaissent pas vraiment. Ils se croisent lors des réunions. Dans ce fief « madrellien » (1), chacun prend soin de ne parler qu'en son nom propre. Sans cornac ni chapelle de référence. Mis en présence l'un de l'autre, hier après-midi, dans un parc arboré de la ville, ils découvrent pourtant les similitudes de leurs sentiments à l'endroit du PS. Ils dépiautent leur malaise, l'épluchent et le soupèsent comme un objet étrange. Car malaise il y a.
« On est lourds », commence Jean Galin, le postier, qui est à la fois « un vieux socialiste et un jeune militant », avec la carte depuis 2003. Lourds ? Patrick Labesse, le directeur d'école, reprend la même sémantique. Lourds, oui, loin aussi, loin des gens et loin des militants. « On renvoie l'image d'un parti d'élus. On met en place des écuries pour servir des ambitions personnelles. C'est vrai au plan national, mais on peut parfois en dire autant à l'échelon départemental, voire local », poursuit-il.


Le spectre de Rennes. Encarté depuis trois ans, lui non plus n'est pas un militant historique. Ou, plutôt, il l'a été. Jeune adhérent en 1985, il avait laissé tomber après le congrès de Rennes en 1990, quand le PS avait été vaporisé par la guerre des clans. Aurait-il l'impression que l'histoire repasse les plats ? « Je suis partagé entre espoir et désillusion. J'ai peur que le prochain secrétaire national ne se retrouve en difficulté avant même d'être élu lors du congrès », lâche-t-il. « Ces mecs, nos prétendants, se battent avant tout pour eux-mêmes », appuie Jean Galin sur un ton que module la consternation.
S'ils diffèrent sûrement dans leur manière d'être socialiste, les deux hommes prescrivent le même remède à la famille. « Il faut d'abord régler les conflits de personnes. Le problème du leadership verrouille tout le reste. On ne fera pas émerger un programme, on ne débattra pas vraiment dans ce contexte », estiment-ils. Les antagonismes au sommet assécheraient la base, rendraient ses efforts inopérants, sa parole inaudible. Dur constat…


Frustration. La frustration s'est installée. Car Patrick Labesse en est sûr, « on reconnaît des compétences à ces maires et à ces conseillers généraux reconduits dans les urnes ». L'un comme l'autre ont pris le temps de lire les 21 contributions qui annoncent le congrès de Reims à la mi-novembre. « On voit poindre des choses intéressantes, mais comment tout ceci sera-t-il traduit par la suite ? » s'interrogent-ils.
Rosa Ould-Ameziane n'entretient pas ce genre de doutes. Elle parle à quelques kilomètres de Carbon-Blanc, à Bègles, où elle est adhérente. Pas complètement « de base ». Ancienne Verte, elle a pris sa carte il y a deux ans, alors qu'elle était encore conseillère municipale. « 60 % des militants n'ont pas envie d'entrer dans la désignation du candidat à la présidentielle. Ce sont des trucs de boutiquiers qui n'intéressent personne. Il y a beaucoup de nouveaux militants depuis deux ans, les cartes ont été redistribuées, ça bouge ! » pense-t-elle en observant le brassage autour des contributions. « Les militants peuvent peser. Des anciens ont baissé les bras. Mais quand ils bossent, ils sont pris en compte », tranche-t-elle.
Jean Galin n'en est pas si sûr. Sa crainte est ailleurs. « Si le congrès se passe mal, il y aura quoi derrière ? C'est une question que je ne veux pas me poser, mais j'y pense… »
(1) Ancien maire de Carbon-Blanc, Philippe Madrelle est l'inamovible président du Conseil général de la Gironde.

 

Source: Sud Ouest

 
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