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Immigration: Vers une Carte bleue européenne
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Publié le 27/09/2008 07:01 par Angela Canberra

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Photo : Nicolas Sarkozy
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            (Continentalnews)

Tout l'espace géographique de la Communauté européenne s'apprête, au début de l'année prochaine, à mettre en circulation la fameuse carte bleue, une sorte de permis de séjour et de travail accordé aux immigrants hautement qualifiés.

Longtemps cogitée et préparée dans les «officines» de Bruxelles et adoptée par l'ensemble des Etats membres de la Communauté européenne, l'on insiste sur le fait que l'héritière de la carte de résidence a même reçu l'aval des experts de l'OCDE et de la Commission européenne. L'objectif, selon les concepteurs de la nouvelle politique d'immigration applicable à l'intérieur de l'espace Schengen, est d'inverser une tendance jusque-là trop favorable au pays de l'Oncle Sam qui attire à lui seul plus de 55 pour cent de la main-d'oeuvre expatriée hautement qualifiée, contre 5 pour cent seulement qui daignent monnayer leur matière grise aux pays du Vieux Continent, la France et la Grande-Bretagne en premier.

Pour les chefs de l'UE, il n'est plus question que l'Europe devienne le déversoir de toute la misère du monde lorsque l'envahissant allié américain, grâce à une politique d'immigration plus ingénieuse, s'attire la crème du gotha des compétences scientifiques et technologiques mondiales et capitalise leur savoir à son seul profit.

Mais le poison mortel qui se cache dans le «pain bénit» que l'Europe veut faire manger aux immigrants hautement qualifiés est cette énième hémorragie qui pourrait s'abattre sur le pays (déjà exsangue d'une bonne partie de son intelligentsia) avec le déplacement annoncé de vagues entières de diplômés, déçus du marché algérien de l'emploi et des perspectives «peu lisibles» de l'avenir, vers l'autre rive de la Méditerranée.

Pour de nombreux observateurs, la mise en circulation du nouveau sésame européen n'est en fait rien d'autre qu'un alignement pur et simple sur l'idée crânement défendue par le locataire de l'Elysée et néanmoins sémillant président de l'Union européenne. Une façon froide et bien cynique de dire aux «autres» : «Nous voulons de vos cadres les plus qualifiés mais surtout laissez votre misère à l'intérieur de vos frontières».

Mais si la paix est la continuation de la guerre par d'autres moyens, l'Europe veut le (dé) montrer dans les faits en affichant clairement son intention de «dévider» les pays en développement de leur sève vitale pour, ensuite, ériger à ses frontières terrestres et maritimes un bouclier antihumain infranchissable contre les contingents de boat people ou ceux que l'on appelle, injustement d'ailleurs, les harraga, c'est-à-dire ceux-là mêmes qui n'ont rien à apporter au Vieux Continent, pas même de l'huile de coude à bon marché dont l'Europe exprime pourtant un besoin des plus pressants. Taillables et corvéables à merci, essorés jusqu'à l'os, les milliers d'ouvriers issus de la vieille immigration (dont l'Algérie) sont aujourd'hui renvoyés chez eux avec une ridicule aide au retour.

Si les pays ciblés par cette «éviscération» programmée de leur force de frappe scientifique et technologique restaient les bras ballants, les retombées, à peine imaginables, seront plus que catastrophiques dans un pays comme l'Algérie qui a déjà bien du mal à convaincre ses meilleurs cadres à ne pas déserter le pays, sans parler des milliers de cerveaux qui ont levé l'ancre en quête de cieux plus gratifiants. Beaucoup d'ingénieurs, de médecins, d'enseignants et d'informaticiens (on parle de 3.000 informaticiens algériens émigrés au seul Canada) attendent le moindre signal pour «sauter le pas».

Le dernier coup de sang du Conseil national des enseignants du supérieur, en réaction violente au triplement de la solde des parlementaires qu'il a qualifié «de discriminatoire et inique», ne présage rien de bon pour le pays.

 

El-Houari Dilmi/ Q. d'Oran

 
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