Le "négationniste de l’Holocauste", Jean-Marie Le Pen, a réaffirmé mercredi au Parlement européens que les chambresà gaz ne sont qu'"un détail de l'histoire de la guerre mondiale", provoquant ainsi la colère des eurodéputés. Les principaux partis de l'assemblée se sont tous réunis pour réviser le réglement intérieur dans le but d'empêcher au leader du FN de présider la séance inaugurale.
Le leader du Front National (FN), Jean-Marie Le Pen, qui s'est exprimé mercredi 25 mars 2009 devant les eurodéputés à Strasbourg, en réponse aux déclarations du président du groupe socialiste du Parlement européen, Martin Schulz, qui avait qualifié la veille, lors d'une conférence de presse, Jean-Marie Le Pen de "vieux fasciste" et de "négationniste de l’Holocauste", a estimé être victime "d'accusations diffamatoires", déclarant qu'il s'est borné à expliquer que "les chambres à gaz étaient un détail de l'Histoire de la guerre mondiale". Il rappelle qu'il a été "condamné à 200 000 euros de dommages et intérêts" et dénonce une violation de la liberté d'opinion en Europe et en France. Jean-Marie Le Pen a demandé à Martin Schulz "de bien vouloir formuler des excuses pour une accusation qui est mensongère". Martin Schulz a indiqué qu'il empêcherait Jean-Marie Le Pen de présider en tant que doyen, la prochaine session inaugurale du parlement européen, le 14 juillet 2009.
L’idée que Jean-Marie Le Pen, leader historique du Front national puisse présider la séance inaugurale du Parlement européen, le 14 juillet prochain, en sa qualité de doyen de l’hémicycle, tourmentait déjà de nombreux eurodéputés de gauche. Loin de se faire discret - ce n’est pas le genre la maison -, le vieux chef frontiste (81 ans en juin) a ravivé la controverse en reprenant, mercredi à Strasbourg, la vieille antienne négationniste qu’il ressort épisodiquement depuis 1987.
Suite à ce nouveau dérapage (parfaitement contrôlé), la perspective de voir M. Le Pen diriger la séance d’installation de l’assemblée nouvellement élue est devenue difficilement concevable. D’autant qu’il y a un précédent fâcheux. En 1989, le cinéaste Claude Autant-Lara, lui aussi élu FN, avait dû à son grand âge (88 ans) l’honneur de présider la séance inaugurale. Le discours qu’il avait prononcé à cette occasion avait provoqué un tel scandale que le règlement intérieur avait (déjà) été modifié, ôtant au doyen le droit de faire un discours introductif.
Faire barrage à Le Pen est désormais le mot d’ordre, et le sujet sera à l’ordre du jour de la conférence des présidents des groupes politiques, jeudi. Réticent à s’engager sur cette voie avant la sortie du patron du FN, le Parti populaire européen a changé son fusil d’épaule.



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
