La justice française va incarcérer la représentante officielle d’un Etat étranger, qu’elle sait a priori parfaitement innocente ? Une question que se pose de nombreux Africains.
Cette proche du président Kagamé et huit autres de ses compatriotes sont recherchés par la justice française pour leur participation présumée à l’attentat dans lequel fut tué, en 1994, l’ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana. Cette attaque au missile contre l’avion présidentiel a déclenché, on se rappelle, le génocide de quelque 800 000 Tutsis.
A propos des responsabilités dans ce massacre, Paris et Kigali, aujourd’hui en rupture de banc, se tiennent néanmoins l’un l’autre par la barbichette. Paris épingle, dans une enquête, des proches de Kagamé pour leur participation au génocide, Kigali fait de même en pointant du doigt 33 responsables civils et militaires français.
Le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière, lance, en 2006, des mandats d’arrêt internationaux contre neuf Rwandais pour leur implication dans le massacre, le Pays des mille collines rompt ses relations avec l’Hexagone.
Rose Kabuye est arrêtée à Francfort pour son assistance au commando qui a perpétré l’attentat contre Habyarimana, Kigali se met à rédiger des mandats d’arrêt internationaux contre des Français qu’il suspecte d’intelligence avec les génocidaires.
C’est dire donc qu’en matière de mesure de réciprocité, le flegmatique Kagamé n’est point avare. Deux jours après l’interpellation de Rose Kabuye, l’homme fort de Kigali, en voyage officiel en Allemagne, a pu rendre visite, dans sa prison, à l’ex-combattante de l’APR.
Alain Saint Robespierre, l'Observateur



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
