Demain, le Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances remettra son premier rapport au Président de la République. Dans son programme de recommandations, deux mots sont tabous : quotas et statistiques ethniques remplacés par le mot pourcentage. Neutralité républicaine oblige.
Nommé à la mi-Décembre, le Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances avait pour mission d’identifier les freins à la diversité et à faire des propositions pour lutter contre les discriminations dans notre société. Le premier moment consiste à faire une synthèse sur l’état de la diversité. La seconde étape réside dans les propositions qui seront formulées par la commission mise en place à cet effet. Première étape donc, demain avec le programme des recommandations.
Reçu par BFM à 14 h 30, le Commissaire Yazid Sabeg a indiqué les lignes forces de son rapport. D’abord l’idée que 90 % de la situation de la diversité en France repose sur l’école. L’école devrait être plus efficace et plus juste. Dans ce sens, il est prévu d’accueillir 30 % de jeunes boursiers dans les grandes écoles et d’élargir le vivier de nos classes prépas. L’autre volet concerne un monde du travail qui devrait être plus inclusif pour les jeunes. Etre jeune c’est déjà un problème. Etre jeune issu des quartiers défavorisés c’est un double problème. Il faudra changer cela et ne plus considérer la jeunesse comme une variable d’ajustement ou comme quantité négligeable. "C’est un risque économique insupportable".
Comment explique-t-on les blocages des chefs d’entreprises français ? Question de l’animatrice de la tranche du 12-15 h de BFM radio.
Le marché du travail présente des formes de rigidité. Certaines sont objectives comme la difficulté dans la création des emplois. D’autres sont sous-jacentes et concernent les mécanismes d’éviction des jeunes. Les inégalités scolaires de départ font que beaucoup de jeunes ne sont pas préparés à l’emploi. D’où l’importance de la formation.
500 000 jeunes sont dans l’alternance soit à travers des contrats de professionnalisation ; soit dans des contrats d’alternance. Ce chiffre va passer à 1 million par an. Il faudra donc plus de contribution de la part du monde des entreprises et, de son côté, l’Etat doit soutenir l’effort des entreprises. C’est peut-être l’occasion de se pencher sur les autres formes de rigidité du marché du travail. Le travail des seniors par exemple et les conditions de séparation.
Y aura-t-il des sanctions pour les entreprises qui ne respecteront pas les quotas ?
Réponse. On étudie un système de bonus malus.
Statistiques ethniques, quotas, pourquoi ces mots nous font-ils aussi peur ?
Le peuplement a changé. Notre société est désormais multiethnique. Il n’y a pas de communautarisme chez nous. Pourtant, le talent n’est pas pesé à son juste poids selon la couleur de la peau. Par conséquent, l’idée que la République est égalitaire ne marche pas aussi mécaniquement.
A quoi ont servi les ZEP [zones d'éducation prioritaire ?
A amortir les catastrophes. Elles n’ont pas corrigé l’inégalité de l’offre scolaire. Ce qui nous amènera d’ailleurs à revoir le zonage scolaire. On ne peut pas penser l’école sans penser la ville et on ne peut pas penser l’emploi sans penser l’école.
Par Elise Mbock - scenepublique.com
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