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144 000 hospitalisations indésirables en France
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Publié le 27/09/2008 07:36 par Angela Canberra

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Photo : Santé
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            (Continentalnews)

Une étude rendue publique jeudi par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) montre que 144 000 personnes seraient hospitalisées chaque année pour avoir pris un médicament.

Selon cette nouvelle étude, 3,6 % des hospitalisations de court séjour sont dues à un effet indésirable lié à la prise de médicaments. Il s’agirait en particulier d’hémorragies causées par la prise d’anticoagulants.

L'augmentation des infections nosocomiales est en partie liée aux progrès diagnostiques et thérapeutiques de la médecine : la prise en charge de patients de plus en plus fragiles, notamment atteints de déficit congénital de l'immunité ou, le plus souvent, d'un déficit acquis par l'administration de médicaments immunosuppresseurs.

Il faut cependant relativiser cette affirmation d'augmentation : entre l'enquête française de prévalence de 1996 et celle de 2001, bien que la comparaison des résultats soit difficile, on observe une diminution de 13% de la prévalence des infections nosocomiales.

Les nouveau-nés, les prématurés et les personnes âgées restent particulièrement sujets aux infections nosocomiales.

Les techniques invasives utilisées dans les hôpitaux pour le diagnostic, la surveillance et le traitement ouvrent souvent de nouvelles portes à l'infection : sonde urinaire à demeure, mesure de la pression veineuse centrale, perfusions de toute nature, implantation de prothèses…

Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue adaptée.

En France, ces infections ont une prévalence de 6,87%, et la prévalence des infections de 7,5% (certains patients ayant contracté deux IN, voire plus). Les infections urinaires représentant 40% des pathologies nosocomiales suivies par les infections de la peau et des tissus mous à hauteur de 10,8%, des infections du site opératoire (10,3%) et des pneumopathies (10%).

Les infections nosocomiales compliquent 5 à 19% des admissions dans les hôpitaux généraux et jusqu'à 30% des patients en soins intensifs. En moyenne, ces infections prolongent l'hospitalisation de 4 à 5 jours.

On estime qu'il y a environ 9 000 morts par an, mais dans seulement 4 200 cas, le pronostic vital n'était pas engagé avant la déclaration de la maladie.

Les infections nosocomiales pourraient baisser en France, selon une vaste enquête conduite par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en partenariat avec les Centres de coordination et de lutte contre les infections nosocomiales (CClin) et dont les résultats préliminaires* sont publiés aujourd’hui. Cette baisse est davantage marquée pour les infections à staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM).

L’enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales s’est déroulée en juin 2006 et a concerné 2 337 établissements de santé publics ou privés, représentant 95% des lits d’hospitalisation et 358 467 patients. Il s’agit de la quatrième enquête de ce type réalisée en France depuis 1990 (la dernière remontant à 2001) et de la plus vaste enquête de prévalence des infections nosocomiales réalisée en France. L’objectif était de mesurer un jour donné (entre le 29 mai et le 30 juin 2006 selon l’établissement) la prévalence et de décrire les caractéristiques des infections nosocomiales. L’enquête devait également permettre de connaître l’usage de traitements anti-infectieux chez les patients hospitalisés. Tous les services médicaux ont été inclus dans cette étude (sauf l’hospitalisation de jour ou à domicile et les maisons de retraite hospitalières).

Le jour de l’enquête, 17 820 patients étaient infectés, ce qui représente une prévalence de 4,97% de patients infectés. Parmi ces patients, 19 296 infections ont été recensées, soit une prévalence des infections nosocomiales de 5,38%. Par ailleurs, 56 926 patients étaient traités par anti-infectieux soit une prévalence de patients traités de 15,88%. Les infections urinaires, les infections respiratoires basses et les infections du site opératoire représentaient respectivement 30, 15 et 14% de l’ensemble des infections nosocomiales recensées. Les trois micro-organismes les plus fréquemment responsables d’infection nosocomiale étaient Escherichia coli (25%), Staphylococcus aureus (19%, dont 52% résistants à la méticilline) et Pseudomonas aeruginosa (10%). La prévalence des patients infectés variait selon le type d’établissement (plus élevée dans les CHU et centres de lutte contre le cancer), le type de service (plus élevée en réanimation) et les caractéristiques des patients (plus élevée chez les patients âgés, de sexe masculin, atteints d’une maladie sévère, immunodéprimés, opérés ou exposés à un dispositif invasif : sonde urinaire, cathéter vasculaire ou intubation/trachéotomie).

Les résultats de cette enquête suggèrent une diminution modérée (-4%) de la prévalence des patients infectés par rapport à l’enquête de 2001 et une diminution plus importante (-38%) de la prévalence des patients infectés par SARM. La prévalence des patients infectés mesurée en 2006 en France se situe dans les limites basses des 4,9 à 8,5% mesurés lors d’autres enquêtes européennes depuis 2000.

Cette enquête a permis de sensibiliser davantage les établissements de santé aux infections nosocomiales et à leur surveillance. Elle a rempli cet objectif grâce à la grande mobilisation de la communauté hospitalière. Les données publiées aujourd’hui permettront d’adapter les mesures de prévention et d’optimiser la surveillance épidémiologique de ces infections. L’InVS rappelle que le maintien d’un haut niveau de prévention reste essentiel car les infections nosocomiales concernent 1 patient hospitalisé sur 20 et restent donc fréquentes. La diminution de prévalence constatée pour les SARM est encourageante, cohérente avec les données issues d’autres réseaux de surveillance et en faveur de l’impact des plans de lutte contre les bactéries multirésistantes développés ces dernières années.

 
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