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Andeva solidaire avec les victimes de l'amiante
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Publié le 11/04/2009 17:42 par La Rédaction

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Photo : Andeva
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            (© Fnath)

Les membres de l'association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) se sont rendus à Turin où se tient un procès historique impliquant deux hauts dirigeants de la multinationale Eternit. Le Centre international de recherches sur le cancer (Circ) a confirmé que l'amiante est responsable de plusieurs cancers, dont celui de la plèvre, du poumon, des ovaires ou du larynx.

Un procès historique s'est ouvert à Turin le 6 avril dernier. Au banc des accusés : MM Schmidheiny et De Marchienne, deux hauts dirigeants de la multinationale Eternit.

Les plaignants : 2900 victimes professionnelles et environnementales de l’amiante, contaminées par quatre usines d’Eternit italiennes (Casale Monferrato, Cavagnolo, Bagnoli et Rubiera).

Les employeurs sont poursuivis pour n’avoir ni protégé ni informé les salariés, pour n’avoir pas pris en charge le lavage des vêtements de travail couverts de poudre d’amiante, qui étaient lavés à domicile. Ils sont aussi accusés d’avoir livré des matériaux contenant de l’amiante à des particuliers ou des organismes privés sans les informer du danger. Circonstance aggravante : ces faits se sont produits « sur une grande échelle et pendant plusieurs décennies ».

Il faut rendre hommage à l’exceptionnelle ténacité du magistrat chargé de l’instruction.

Si ce procès a lieu aujourd’hui, c’est d’abord grâce au formidable travail de l’association et du syndicat de Casale Monferrato qui ont réuni d’innombrables documents et témoignages. Le dossier est accablant. Leur mobilisation a su lever tous les obstacles, avec le soutien des institutions régionales, qui se sont portées partie civile.

Un grand rassemblement est prévu le 6 avril, jour de l’ouverture procès, à 10 heures devant le Palais de Justice de Turin.

Des victimes viendront en cars, en train en voiture de plusieurs régions d’Italie mais aussi de France, de Belgique et de Suisse. Une importante délégation de l’Andeva et de ses associations locales est attendue. Face à la multinationale Eternit, qui a semé les souffrances et la mort sur toute la planète, la solidarité internationale des victimes de l’amiante est aujourd’hui une réalité vivante.

En France, les victimes attendent depuis 13 ans le procès pénal des responsables de la catastrophe sanitaire. L’Andeva et ses associations ont décidé de relancer les mobilisations pour que ce procès ait lieu. C’est une question de moyens et de volonté politique. Il faut donner aux magistrats du pôle de santé publique des moyens suffisants pour mener à bien une instruction de qualité dans des délais raisonnables. Il faut mettre en échec le projet de supprimer les juges d’instruction : en confiant leurs dossiers au parquet, qui dépend directement du pouvoir politique, on aboutirait inévitablement à enterrer tous les dossiers sensibles pour le pouvoir en place.

Victoire aux prud’hommes de Bergerac est confirmée par la cour d’appel de Bordeaux

Après le conseil des prud’hommes de Bergerac, la Cour d’appel de Bordeaux vient de donner gain de cause aux dix-sept anciens salariés de la société Ahlstrom, qui réclamaient une compensation payée par l’employeur pour la perte de revenu subie du fait de l’Allocation de cessation anticipée des travailleurs de l’amiante (Acaata)

L’entreprise Alsthrom, qui a exposé sans les protéger ses salariés à l’amiante, a déjà été condamnée au titre de la faute inexcusable de l’employeur.

Le tribunal des prud’hommes de Bergerac avait considéré que sa responsabilité était engagée. N’ayant ni informé ni protégé ses salariés, elle a causé un double préjudice à ceux qui sont partis en cessation ancitipée d’activité amiante :
- un préjudice financier d’abord : l’allocation n’est que de 65% de leur salaire brut antérieur ; ils se retrouvent privés d’une évolution de carrière normale et d’une retraite légitime
- un préjudice d’anxiété : ils doivent vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tâte, en sachant qu’ils ont dans les poumons des fibres qui peuvent causer des maladies graves .

La Cour d’appel de Bordeaux a suivi les conclusions des prud’hommes sur l’essentiel : elle a confirmé l’existence d’un préjudice financier (avec des montants partiellement minorés) et celle d’un préjudice d’anxiété mis à la charge de l’employeur.

Cette décision était très attendue dans la région. Le 16 février, jour de l’audience, 250 personnes s’étaient rassemblées devant la Cour d’appel de Bordeaux pour soutenir les 17 d’Alsthrom. L’annonce du jugement, largement reprise dans la presse et la télévision régionales, a été accueillie avec enthousiasme.

L’Andeva se félicite de ce jugement. Après l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Paris pour les salariés de ZF Masson, c’est la deuxième fois qu’une cour d’appel donne gain de cause à des salariés qui revendiquent un complément Acaata payé par l’employeur. Source: communiqué d'Andeva

 
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