Le Plan Santé Outre-mer a été présenté lundi par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot en Martinique. Les départements d’outre-mer affrontent des maladies infectieuses, des formes autochtones de maladies opportunistes ou tropicales, certaines maladies chroniques à prédisposition génétique (hémoglobinopathies) et les conséquences sur la santé des pollutions environnementales spécifiques (chlordécone aux Antilles, mercure en Guyane).
Les besoins de surveillance et de recherche sont, en conséquence, importants ; mais ils sont aussi une chance pour notre pays qui est très bien positionné en matière de recherche sur les maladies émergentes et doit en profiter ; cette ambition suppose le renforcement des dispositifs existants. Ceux-ci auront alors une attractivité accrue pour les étudiants qui recherchent légitimement la proximité des pôles d’excellence pour parfaire leur formation.
La recherche suppose des conditions d’environnement que l’insularité, le défaut de masse critique ou la multiplicité des acteurs ne favorisent pas toujours. Pour y remédier, il convient de favoriser la mutualisation, les coopérations régionales, et une meilleure articulation entre métropole et outre-mer.
Il est donc décidé d’identifier deux zones de recherche, l’une Antilles-Guyane, l’autre Océan indien. Ces zones ont en effet des spécificités et des potentialités de coopération interrégionale ou internationale différentes. Elles favoriseront le rapprochement des laboratoires de recherche et des universités. Certaines structures de recherche sont d’ores et déjà en place : par exemple, à La Réunion pour les maladies émergentes (à la suite de l’épidémie du chikungunya), en Guadeloupe (drépanocytose, paludisme) ou en Guyane (grippe et arbovirose). Ces centres de recherche, en lien avec l’Université Antilles-Guyane, développeront des alliances entre eux et avec les centres et universités des pays voisins ainsi qu’avec des équipes métropolitaines comparables.
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont à cet égard un puissant vecteur de progrès : elles permettent de rompre, sinon totalement du moins en partie, avec l’isolement qui fait obstacle à la recherche, qui requiert des équipes en dialogue. L’accès (haut débit) à des bases de données scientifiques et médicales au profit des hospitaliers et scientifiques présents sur place est également une nécessité.
Pour assurer un flux satisfaisant de chercheurs et l’attractivité de ces centres, il faudra développer des partenariats entre les universités de pays limitrophes, l’Université Antilles-Guyane, des établissements de recherche comme l’Institut national de la santé et de la recherche médicale-Inserm, l’Institut Pasteur (implanté en Guadeloupe et en Guyane) et l’Institut de recherche et de développement-IRD (implanté en Guyane, La Réunion et la Martinique), et les Centres hospitaliers universitaires (CHU). Les relations entre ces établissements de recherche et d’enseignement supérieur et l’institut national de veille sanitaire, dont la mission est la surveillance et l’alerte et qui a développé de fortes compétences en épidémiologie tropicale, doivent être renforcées sur les maladies infectieuses émergentes. Les conséquences sur la santé des pollutions environnementales devront également mobiliser les organismes de recherche environnementale et agronomique.
Les délégations à la recherche et à l’innovation des centres hospitaliers et universitaires de Fort-de- France et Pointe-à-Pitre, les centres d’investigations cliniques créés dans les départements d’outre-mer seront incités financièrement à développer leurs actions de recherche. Les projets relevant du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), qui ont déjà été financés à hauteur de près de 3,5 M€ depuis la création du PHRC, seront étudiés prioritairement par les services du ministère de la Santé et des Sports, dès lors que l’excellence scientifique est au rendez-vous. Seul en effet le développement de la recherche clinique permettra aux établissements de voir progresser leur dotation en missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (MERRI) et renforcera le rôle de référence et des CHU antillais. Source : Plan santé outre-mer



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