Après Eric Woerth et Xavier Bertrand, Roselyne Bachelot écarte à son tour l'idée de taxer davantage la "malbouffe" et d'abaisser en contrepartie la TVA sur les fruits et légumes, comme le prévoitla mission présidée par la députée UMP Valérie Boyer pour prévenir et traiter l'obésité, qui touche en France un adulte sur deux et un enfant sur cinq.
Roselyne Bachelot, qui est opposée à l'idée de taxer la "malfouffe", a annoncé qu'elle présentera des mesures en matière de prévention et de lutte contre l'obésité dans le cadre d'un projet de loi sur la santé qui sera soumis avant la fin de l'année au Parlement. "La démarche est intéressante", affirme la ministre, "mais nous sommes dans une période difficile sur le plan économique", puisuit-elle, précisant que "taxer un certain nombre de produits reviendrait à taxer les plus faibles".
Le rapport de la mission parlementaire d'information sur la prévention de l'obésité embarrasse la majorité qui est déjà en pleine grogne contre la création de nouveaux impôts, notamment une taxe sur les revenus du capital pour financer le revenu de solidarité active (RSA).
Le rapport rendu public hier s'articule autour de 8 axes et 25 propositions pour "faire de l'équilibre nutritionnel et de la lutte contre l'obésité une grande cause nationale pour 2009".
L’épidémie d’obésité est un enjeu de santé publique qui menace le système protection sociale français. Le rapport parlementaire sur la prévention de l'obésité veut améliorer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge de l’obésité et du surpoids en France. Parmi ces 80 propositions figure la modulation de la fiscalité des aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle.
Roselyne Bachelot a déclaré mardi sur Canal + qu'elle est contre l'idée d'une modulation de la TVA sur les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle, l'augmentant pour les produits de "snacking" ou de "grignotage". Selon le rapport de la mission parlementaire, il est question de baisser la taxe pour les fruits et légumes, tandis que la TVA sur les produits de grignotage devrait être portée de 5,5 % à 19,6 %.La baisse de la TVA sur les fruits et légumes "pouvait être une idée", mais la ministre indique qu'elle était déjà très basse. "Pour l'instant je n'ai pas retenu cette solution", a déclaré Roselyne Bachelot.
Le ministre du Budget, Eric Woerth, était la première personnalité du gouvernement Fillon à dénoncer de telles mesures. " Il n’y aura pas d’augmentation de la TVA sur les aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés", a-t-il laissé entendre.,
Le ministre du travail, Xavier Bertrand, est également opposé à l'idée d'une nouvelle taxe." Je n'y suis pas favorable, parce que vous savez ce qui se passerait ? Ça augmenterait les prix, et je ne suis pas sûr que ça change les comportements", affirme-il.
Les professionnels de l'alimentation et publicitaires ont boycotté la concertation souhaitée par la ministre de la santé Roselyne Bachelot pour encadrer plus strictement la pub alimentaire dans les programmes TV pour enfants. Du côté de la grande distribution, on n'est pas prêt à retirer les sucreries de la proximité des caisses.



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