A la une de l'actualité RSS
 


Actualité Santé
Bachelot ne veut pas d'une taxe sur la "malbouffe"
  0 commentaire  |   Articles du même auteur  |   Envoyer à un ami  |   Imprimer l'article
Publié le 01/10/2008 08:28 par Angela Canberra

Aucun commentaire n'a encore été posté.

 Réagissez maintenant à cet article !
 
Photo : Obésité
|

            (Continentalnews)

Après Eric Woerth et Xavier Bertrand, la ministre de la santé Roselyne Bachelot a à son tour écarté publiquement l'idée de taxer davantage la "malbouffe" et d'abaisser en contrepartie la TVA sur les fruits et légumes.

L'obésité est un enjeu de santé publique croissant menaçant le système de protection sociale français. Le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque majeur de plusieurs maladies maladies cardiovasculaires, respiratoires, articulaires, cancers... Les 80 propositions de rapport parlementaire permettraient de faire face à ce fléau et d'apporter des réponses à ce problème de société, lié à la consommation excessive de produits trop gras, trop salés et trop sucrés (les barres chocolatées, les chips, les sodas...) et à la sédentarité croissante.

Rappelant que l’épidémie d’obésité est un enjeu de santé publique qui menace le système protection sociale français, le rapport parlementaire sur la prévention de l'obésité analyse les actions positives enclenchées par le PNNS et formule 80 propositions visant à aller encore plus loin pour inverser la tendance en améliorant la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge de l’obésité et du surpoids. Parmi ces 80 propositions figure la modulation de la fiscalité des aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle.  Valérie Boyer a reconnu que cette modulation serait "compliquée à mettre en oeuvre" en France.

Le rapport parlementaire sur la prévention de l'obésité a été rendu public mardi par la députée UMP Valérie Boyer. Il préconise de moduler la TVA sur les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle, l'augmentant pour les produits de "snacking" ou de "grignotage" (la TVA sur les produits de grignotage serait ainsi portée de 5,5 % à 19,6 %), et la baissant pour les fruits et légumes.

Il n’y aura pas d’augmentation de la TVA sur les aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés. affirmait dernièrement le ministre du Budget, Eric Woerth, estimant qu’il était « hors de question, […] surtout dans un contexte de difficultés de pouvoir d'achat pour les Français » d’appliquer sur ces aliments une « taxe nutritionnelle », porutant recommandée dans un rapport par l'Inspection générale des finances (IGF) et de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

Rendu public mardi 30 septembre 2008, ce rapport propose, selon Les Echos, de faire passer la TVA de 5,5% à 19,6% sur les produits « trop gras, trop sucrés, trop salés qui ne sont pas de stricte nécessité », une hausse des droits d'accises t[taxes sur la consommation de certains produits, ndlr] sur les boissons sucrées et une hausse de la TVA sur « le "snacking": produits de grignotage, sandwichs, pizzas, hamburgers, etc ».

Pour l'Igas et l'IGF, « si les déséquilibres alimentaires encore constatés aujourd'hui devaient perdurer, il est peu douteux que la prévalence des troubles et pathologies chroniques augmentera […] et rendra peu soutenable l'avenir du financement de la protection sociale ».

Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, a déclaré sur Europe 1 qu'il n'était pas favorable à l'idée d'une nouvelle taxe." Je n'y suis pas favorable, parce que vous savez ce qui se passerait ? Ça augmenterait les prix, et je ne suis pas sûr que ça change les comportements".

L'OBESITE EN FRANCE

En France, la corpulence des femmes comme des hommes a fortement augmenté depuis 1981, avec une accélération depuis les années 1990. Cette évolution concerne aussi bien les jeunes que les plus âgés. Toutefois ce processus n'a pas touché également tous les groupes sociaux. Les différences géographiques se sont renforcées entre le Nord et l'Est, où la prévalence de l'obésité est la plus forte, et l'Île-de-France et la zone méditerranéenne, où elle est la plus faible. De même, l'écart entre les catégories socioprofessionnelles s'est fortement accru : l'obésité augmente beaucoup plus vite depuis 1992 chez les agriculteurs ou les ouvriers que chez les cadres et professions intellectuelles supérieures. Contrairement aux femmes, les hommes les plus pauvres ne sont pas les plus corpulents. Parallèlement, de plus en plus de personnes déclarent suivre un régime amaigrissant mais ce ne sont pas les plus touchées par l'obésité, signe que les inégalités en matière d'obésité pourraient continuer à croître.

1m75 et 77 kg pour les hommes, 1m63 et 63 kg pour les femmes

Actuellement, la taille moyenne déclarée par les hommes ayant entre 18 et 65 ans est de 1m75 et celle des femmes de 1m63. Femmes et hommes ont ainsi grandi de 1 cm par décennie depuis 1981. Leur taille était en effet respectivement de 1m74 et 1m62 en 1992 et de 1m72 et 1m61 en 1981. Leur poids moyen a également augmenté : un homme déclare peser actuellement 77 kg en moyenne et une femme 63 kg, ce qui correspond à un Indice de masse corporelle (IMC - encadré) de 25 kg/m2 pour un homme de 1m75 et de 24 kg pour une femme de 1m63. Ces poids moyens étaient de 74 et 60 kg en 1992, et de 72 et 59 kg en 1981.

La corpulence moyenne augmente de plus en plus vite

Alors que la corpulence moyenne des hommes, mesurée par l'IMC, était stable entre 1981 et 1992, elle augmente nettement entre 1992 et 2003 (graphique 1). Cet accroissement s'observe à tous les âges et à un rythme comparable, signe que l'augmentation de la corpulence moyenne ne provient pas seulement du vieillis- sement de la population. Pour les femmes, on observait déjà une augmentation pour les moins de 35 ans et les plus de 50 ans entre 1981 et 1992. Par contre, l'IMC moyen des 36-50 ans diminuait, ce qui était encore perçu comme l'indice d'une tendance à l'amaigrissement (Bodier, 1995). Mais depuis 1992, la corpulence moyenne des femmes augmente quel que soit l'âge et d'autant plus fortement que les générations sont jeunes, ce qui peut faire craindre une accentuation dans les années futures.

Vont de pair avec ce phénomène général une augmentation des cas d'obésité et de surpoids et une diminution chez les femmes des cas de sous-poids (tableau 1). En effet, si la proportion d'hommes en sous-poids est restée stable entre 1981 et 2003, elle se réduit très nettement dans la population féminine. Le fait le plus marquant est toutefois l'élévation de la prévalence de l'obésité et du surpoids depuis les années 1990 : la prévalence de l'obésité passe de 5 à 10 % pour les hommes et de 6 à 10 % pour les femmes entre 1992 et 2003. La France compte ainsi 3,6 millions d'adultes de moins de 65 ans obèses en 2003. Quant au surpoids, il touche toujours beaucoup plus les hommes (35 %) que les femmes (21 %). En revanche, les femmes obèses sont aujourd'hui plus nombreuses que les femmes en sous-poids.

Si les différences de corpulence, et en particulier l'obésité, sont pour une part liées à des facteurs génétiques, ces derniers ne peuvent expliquer cette brusque augmentation de la corpulence, qui tient plus à des facteurs sociaux, économiques et culturels. Les personnes qui vivent dans un même milieu partagent en effet un mode de vie et des habitudes dont la corpulence, en particulier, est le reflet.

Inégalement répartie, l'obésité s'est accrue sur tout le territoire

Le nombre de personnes obèses augmente dans toutes les régions (carte). L'Est et le Nord sont actuellement les zones géographiques (ZEAT) où la prévalence de l'obésité est la plus élevée. C'était déjà le cas en 1981 : elles comptaient alors 8 % d'obèses, contre 4 % pour l'Île-de-France, par exemple. En 2003, l'Est en compte 13 % et le Nord 14 % ; l'Île-de-France n'est qu'à 8 %. Le Bassin parisien hors Île-de-France, qui se distinguait déjà en 1981, se situe actuellement juste derrière l'Est et le Nord avec 11 % d'obèses. À l'inverse, c'est la zone méditerranéenne qui a la prévalence la plus faible avec moins de 8 %. Les disparités entre zones géographiques se sont ainsi accentuées au cours des deux dernières décennies et elles restent fortes même lorsqu'on prend en compte l'âge, le niveau de vie du ménage et le niveau de diplôme des individus.

Il existe une différence importante selon le type de commune : les personnes vivant en milieu rural sont plus corpulentes que celles qui vivent en milieu urbain (tableau 2). Ainsi, un Parisien de 1m75 pèse en moyenne 2 kg de moins qu'un homme de la même taille et de la même classe d'âge, et ayant un niveau de vie et de diplôme identiques, mais habitant une commune de moins de 2 000 habitants. Cela n'est pas vrai pour les Parisiennes pour lesquelles la différence avec leurs homologues vivant en milieu rural est non significative.

Les disparités entre catégories socioprofessionnelles se creusent

L'augmentation de l'obésité entre 1981 et 2003 a touché tous les milieux sociaux, mais de grandes différences demeurent. Ainsi les écarts entre les agriculteurs, catégorie socioprofessionnelle la plus touchée par l'obésité, et les cadres et professions intellectuelles supérieures, les moins touchés, se sont creusés (graphique 2). Cette évolution date des années 1990. Au cours de la décennie précédente, la prévalence de l'obésité avait augmenté plus rapidement parmi les cadres et professions intellectuelles supérieures que dans les autres groupes ce qui pouvait laisser penser à terme à une convergence entre catégories socioprofessionnelles. Or, c'est l'inverse qui s'est produit : l'écart s'est renforcé. La prévalence de l'obésité chez les agriculteurs a en effet augmenté de plus de 7 points entre 1992 et 2003, alors qu'elle n'a crû que de 2 points chez les cadres. Après les agriculteurs, viennent actuellement les ouvriers, puis les artisans, commerçants et chefs d'entreprise et les employés. La hiérarchie reste inchangée en 2003 par rapport à 1981 : il y a toujours moins d'obèses chez les cadres que chez les ouvriers ou les agriculteurs, mais les disparités entre ces catégories se sont nettement accrues.

Le développement des différences entre groupes sociaux se retrouve du côté des niveaux de diplôme et des niveaux de vie. En 2003, 15 % des individus sans diplôme ou ayant au plus un brevet des collèges sont obèses, tandis que seulement 5 % des diplômés du supérieur le sont. L'écart est de 10 points : il a doublé entre 1981 et 2003. Moins un individu est diplômé, plus il a de chances d'être obèse. Cette relation se retrouve de manière plus générale pour la corpulence (tableau 2) : les moins diplômés sont les plus corpulents, avec des écarts plus importants dans la population féminine. Ainsi, une femme mesurant 1m63 pèsera en moyenne 3,9 kg de plus si elle n'a que le brevet ou pas de diplôme et 1,2 kg de moins si elle est diplômée du supérieur par rapport à une femme de mêmes taille, classe d'âge, niveau de vie et zone géographique mais de niveau bac.

Le niveau de vie oppose hommes et femmes en matière de corpulence

De même, la prévalence de l'obésité en fonction du niveau de vie des individus présente de grandes disparités. En 1981, 7 % des individus appartenant au quart des ménages ayant le niveau de vie le plus faible (premier quartile) étaient obèses, contre moins de 4 % de ceux appartenant au quart des ménages ayant le niveau de vie le plus élevé (dernier quartile). La prévalence de l'obésité augmentait déjà dans les premier et dernier quartiles entre 1981 et 1992, tandis que celle des quartiles intermédiaires était relativement stable. L'augmentation, plus forte dans les années 1990, a par contre touché tous les quartiles. En 2003, on retrouve une nette surreprésentation des obèses chez les ménages les plus pauvres par rapport aux plus aisés et l'écart a même légèrement augmenté. Mais les situations sont en réalité très différente selon le sexe : la prévalence de l'obésité chez les ménages les plus modestes (premier quartile) est de 10 % pour les hommes et de 13 % pour les femmes, alors qu'elle est respectivement de 9 et 6 % chez les plus aisés (dernier quartile). La différence observée vaut donc surtout pour la population féminine.

Ce résultat est d'autant plus intéressant que si on ne se limite pas aux seuls obèses, le lien entre corpulence et niveau de vie diffère selon le sexe (tableau 2). En effet, en tenant compte de l'âge, du niveau de diplôme et de la taille de la commune de résidence, plus le niveau de vie d'une femme est faible, plus elle est corpulente. Une femme appartenant au quartile de niveau de vie le plus faible et mesurant 1m63 pèse actuellement 2,5 kg en moyenne de plus qu'une femme de même taille et de classe d'âge, niveau de diplôme et zone géographique identiques, mais appartenant au quartile de niveau de vie le plus élevé. Pour les hommes, au contraire, ceux ayant le niveau de vie le plus faible sont en moyenne un peu moins corpulents que leurs homologues au niveau de vie élevé. À âge, diplôme et zone d'habitation identiques, les hommes les plus corpulents ne sont donc pas forcément les plus pauvres, signe que les différences de pratiques et de valorisation de la silhouette selon les milieux sociaux se doublent d'un effet de genre.

Les femmes suivent toujours plus de régimes amaigrissants que les hommes

Ce ne sont pas les individus qui sont le plus en surcharge pondérale qui suivent le plus de régimes amaigrissants : 8 % des femmes déclarent suivre un tel régime en 2003 contre seulement 3 % des hommes. Ils étaient respectivement 6 et 1 % en 1992. Le taux de régime augmente par ailleurs avec l'âge, comme la corpulence. En 2003, 1 % des 18-35 ans déclarent suivre un régime amaigrissant, 3 % parmi les 35-50 ans et 8 % parmi les 51-65 ans. Toutes les catégories socioprofessionnelles comptent plus de personnes qui déclarent suivre un régime amaigrissant en 2003 que dans les décennies précédentes (tableau 3). Les rythmes de cette évolution sont cependant différents : l'augmentation est continue pour les employés sur toute la période, alors qu'elle ne date que des années 1990 pour les agriculteurs. Agriculteurs et ouvriers restent toutefois les moins nombreux à suivre un régime en 2003 (3 %) alors qu'ils sont les plus corpulents. Les écarts entre catégories sociales en matière d'obésité pourraient donc encore s'accroître dans les prochaines années. (Thibaut de Saint Pol, division Conditions de vie des ménages, Insee)

 
Vous avez une info, un scoop, une image, une vidéo ? Inscrivez-vous pour publier sur www.continentalnews.fr
Commentaires sur cet article (0)
Aucun commentaire actuellement.


Soumettre un commentaire sur cet article
Vous devez être identifié à Continental News pour poster des commentaires. Cliquez ici pour vous inscrire.

Continental News | Contactez-nous | Conditions générales d’utilisation | Annoncer sur notre site