Deux études scientifiques importantes ont été publiées jeudi dans le New England Journal of Medecine, la plus grande revue médicale mondiale. Ces deux études étant contradictoires, elles provoquent un vif débat dans la communauté médicale. Une vidéo illustre les points de vue pour ou contre le dépistage.
Deux études viennent d’être publiées dans le NJEM, l’une en faveur du dépistage, l’autre non. Dans les deux études, la mortalité toutes causes n’a pas été modifiée par l’incitation au dépistage. Un éditorial du même numéro lance le débat avec ses lecteurs", écrit le Dr. Dominique Dupagne, l'auteur de la vidéo ci-dessous.
Le dépistage du cancer de la prostate concerne les hommes de 50 ans et plus. Le médecin pratique un toucher rectal, c'est dire qu'il introduit un doigt dans l'anus de la personne afin de détecter d'éventuelles zones dures au niveau de la prostate. Ce n'est pas douloureux. En complément du toucher rectal, le médecin peut prescrire une prise de sang : on évalue la quantité de PSA dans le sang. PSA signifie « prostate specific antigene ». Il s'agit d'une substance dont le rôle est de fluidifier le sperme. Il peut augmenter à la suite d'une infection ou d'une hypertrophie bénigne de la prostate, ou encore d'un cancer. Il arrive parfois qu'il soit nécessaire de refaire cet examen de sang pour vérifier l'évolution de ce taux. Il n'est pas nécessaire d'être à jeun. Si les résultats de l'analyse de sang révèlent que la quantité de PSA a augmenté, cela ne signifie pas automatiquement que l'on a un cancer. Le médecin va encore prescrire des examens complémentaires, le plus souvent une échographie ou une biopsie.
Le dépistage permet de détecter très tôt d'éventuelles anomalies ou des tumeurs de taille très petite, ce qui rend en général les traitements plus faciles et améliore beaucoup les chances de guérison. Pour le cancer de la prostate, le rapport entre les avantages et les risques du dépistage est encore débattu. La décision de dépister ou non ce cancer doit donc être discutée avec son médecin traitant.
Une première étude européenne initiée dans les années 1990, portant sur environ 160.000 hommes âgés de 55 à 69 ans dans huit pays différents et divisés en deux groupes de 80.000 hommes chacun par tirage au sort. Ceux du premier groupe ont eu un dosage de PSA régulier et ceux du second on bénéficié d'un dosage sans dépistage.
Les résultats de cette étude montrent une réduction de 20 % des décès par cancer de la prostate pour les personnes soumises au dosage de PSA par rapport à celles qui ne l'ont pas été.
Une nouvelle étude américaine publiée le 19 mars 2009 ne confirme pas la première. Cette deuxième enquête ne porte que sur 76.000 hommes qui ont été divisés en deux groupes, les premiers bénéficiant d'un dépistage, les autres non.
Cette seconde ne montre pas les bienfaits au dosage régulier de PSA puisque le taux de mortalité est similaire dans les deux groupes. Cette contradiction peut résulter du fait que certaines personnes du groupe sans dépistage de PSA avaient déjà antérieurement fait des dosages, ce qui fausse naturellement les conclusions.



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