La XVIIe Conférence internationale sur le sida s’est achevée aujourd’hui dans la capitale mexicaine, après cinq jours de débats animés impliquant quelque 22 000 participants engagés dans la riposte au sida.
Des dirigeants, décideurs, universitaires, scientifiques et militants venus du monde entier ont afflué à Mexico du 3 au 8 août 2008 pour évaluer les progrès réalisés dans la riposte au sida et déterminer les priorités futures pour l’intensification des efforts mondiaux afin de mettre un terme à l’épidémie de VIH.
Sur le thème « Pour une action universelle maintenant ! », Sida 2008 a appelé à un nouvel engagement de la part de la communauté internationale pour renforcer l’élargissement des programmes de prévention, de traitement, de soins et d’appui en matière de VIH à travers le monde, visant à offrir l’accès universel à ces services d’ici à 2010 et œuvrer en direction de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement – qui comprennent la cible qui consiste à stopper la propagation du VIH d’ici à 2015.
La prévention de la transmission du VIH a reçu un large écho au cours de cette conférence de cinq jours, et les participants ont apporté leur contribution à des sessions portant sur la complexité de l’épidémie et souligné l’importance de « connaître votre épidémie et de connaître votre riposte ». Les succès et les échecs de la prévention du VIH à ce jour ont été analysés, ce qui a permis de mieux comprendre que « l’association de mesures de prévention » est tout aussi nécessaire que « l’association de traitements » lorsqu’il s’agit d’interrompre l’épidémie de VIH – car pour deux personnes qui ont entamé un traitement antirétroviral l’an passé, cinq autres ont été nouvellement infectées.
Fournir un traitement antirétroviral, combattre la stigmatisation et la discrimination liées au VIH, renforcer les systèmes de santé, trouver un vaccin contre le VIH, et répondre plus largement aux droits humains des personnes vivant avec le VIH ont été au nombre des grands thèmes débattus lors de la conférence, qui était la première à se tenir en Amérique latine.
Sida 2008 a eu lieu à la suite de la publication du Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008 par l’ONUSIDA, qui fait état de progrès considérables en matière de réduction du nombre des nouvelles infections à VIH et des décès liés au sida au cours des deux dernières années, mais la conférence a rappelé que le sida n’a disparu dans aucune région du monde – un point qu’ont souligné le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, le Dr Peter Piot, et d’autres dirigeants impliqués dans la riposte au sida.
Au cœur même de la XVIIe Conférence internationale sur le sida se trouvait le Village Mondial, un espace de plus de 8000 mètres carrés ouvert à tous, notamment aux organisations communautaires venues des quatre coins du monde, aux groupements locaux et nationaux et au grand public. Des discussions ouvertes et actives se sont déroulées, mettant en lumière le récit des victoires remportées au niveau communautaire ainsi que les difficultés auxquelles les communautés sont confrontées et les opportunités d’améliorer leur riposte à l’épidémie.
La Conférence internationale sur le sida est le plus important forum du monde portant sur le VIH. Elle se tient tous les deux ans et est organisée par la Société internationale su sida, avec une série de partenaires, notamment l’ONUSIDA. La prochaine conférence aura lieu à Vienne, Autriche, en juillet 2010.
Progrès par pays
En adoptant la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida en 2001, les Etats Membres se sont obligés à soumettre régulièrement à l’Assemblée générale des rapports sur les progrès réalisés. Le Secrétaire général a confié au Secrétariat de l’ONUSIDA la responsabilité d’élaborer un processus pour l’établissement des rapports, d’accepter les rapports des Etats Membres en son nom, et de préparer un rapport régulier à l’intention de l’Assemblée générale. Les Etats Membres sont tenus de soumettre tous les deux ans des rapports d’activité au Secrétariat de l’ONUSIDA.
En étroite collaboration avec les gouvernements nationaux, les Coparrainants de l’ONUSIDA et les partenaires du développement, le Secrétariat a élaboré en 2003 un ensemble d’Indicateurs de base pour le suivi de la Déclaration d’engagement destiné au premier cycle de rapports. A la suite de chaque cycle de rapports, ces indicateurs ont été passés en revue et, le cas échéant, actualisés sur la base d’une analyse de la performance des indicateurs au cours des cycles de rapports précédents, des conseils de la part de leurs partenaires et des développements programmatiques.
En 2008 les pays sont priés d’utiliser le Logiciel de saisie des données CRIS pour l’établissement des rapports mondiaux.
Selon Kate Thomson, les changements ont été phénoménaux. Lorsque j’ai commencé à m’engager au début de 1987, il y avait beaucoup moins d’espoir. Les militants séropositifs étaient bien moins nombreux et la grande majorité d’entre eux étaient des homosexuels des pays du Nord – il n’y avait pratiquement pas de femmes séropositives engagées. Nous étions déterminés à faire quelque chose – à poser des questions et à exiger des réponses, à faire pression pour obtenir des services, un appui, une recherche scientifique meilleurs et un traitement qui soit efficace, à faire pression pour avoir des politiques nous protégeant contre la discrimination et les violation des droits de l’homme dont nos amis souffraient quotidiennement. Cela est toujours vrai pour de nombreuses personnes vivant avec le VIH à travers le monde.
Toutefois, pour les plus fortunés et les relativement peu nombreux d’entre nous qui sont toujours vivants, nous pouvons voir les résultas de notre militantisme, recevoir les services pour lesquels nous nous sommes battus et devenir de plus en plus investis pour créer des politiques dans nos pays et à travers le monde. En outre, au fil des années, nous avons vu plus de militants des pays du Sud s’engager dans le plaidoyer mondial. Organiser les conférences de personnes vivant avec le VIH en dehors d’Europe a été une étape importante pour reconnaître et encourager ce processus.
La Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/sida (UNGASS) de 2001 et la Déclaration d’engagement ont fourni à nos communautés un outil pour responsabiliser nos gouvernements et exprimé haut et fort la nécessité de créer des partenariats avec les personnes vivant avec le VIH et d’autres groupes de population clés. La mise en place du Fonds mondial nous a donné les moyens de mobiliser et de distribuer des montants beaucoup plus importants pour lutter contre le sida (et la tuberculose et le paludisme) que ceux que nous aurions pu imaginer un peu plus tôt.
L’essentiel des actions militantes que l’on fait se situent sur le terrain et celles-ci sont rarement reconnues au niveau international ou prises en compte pour orienter les discussions sur les politiques mondiales. C’est l’une des plus grandes faiblesses et difficultés auxquelles le mouvement mondial des personnes vivant avec le VIH est confronté. Renforcer ces liens entre les niveaux local, régional et mondial est quelque chose qui continuera d’être une difficulté permanente pour les réseaux de personnes vivant avec le VIH à horizon prévisible.
Source: ONUSIDA



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