Des scientifiques - médecins, chimistes, cancérologues ou directeurs d'établissements de santé sont partis en guerre contre les cosmétiques pour bébés distribués aux mamans dans les maternités, qui contiendraient un véritable «cocktail toxique», selon ces spécialistes.
Un "cocktail toxique" pour les enfants
Des médecins, chimistes, cancérologues ou directeurs d’établissement de santé poussent un véritable cri d'alarme à propos des cosmétiques pour bébés distribués dans des mallettes cadeaux dans les maternités - comme «la boîte rose», distribuée depuis 50 ans ou «Baby trouss». Ils contiennent toute une gamme de produits : crème, gel lavant, eau minérale, lingettes, couches... «On a de fortes présomptions pour nombre de ces produits» et «on n'arrive pas à avoir la preuve de leur innocuité», a souligné Olivier Toma, président du Comité pour le développement durable en santé (C2DS) et directeur de clinique.
Le chimiste toxicologue André Cicolella explique que ces cosmétiques contiennent très souvent des parabens, un groupe de produits chimiques conservateurs utilisés comme antimicrobiens dans des aliments, breuvages, cosmétiques et produits pharmaceutiques dont certains interfèrent avec le système hormonal.
Plusieurs polluants chimiques environnementaux possèdent des propriétés oestrogéniques et ont été nommés « xénoestrogènes » ou « œstrogènes environnementaux ». Ils ont le potentiel de changer le fonctionnement normal endocrinien résultant une reproduction et susceptibilité au cancer. Pour que ces polluants chimiques soient oestrogéniques, ils doivent être capables de se lier aux récepteurs oestrogéniques, activer le gène réponse-œstrogène.
Des recherches utilisant des cultures cellulaires ont montré que, comme toute molécule ayant des propriétés œstrogéniques, ils favorisaient la prolifération de cellules de lignées cancéreuses hormono-sensibles. Les parabens sont employés comme antibactérien conservateur dans plusieurs produits cosmétiques, aliments et produits pharmaceutiques. Donc l’être humain est grandement exposé à ces composés. Les parabens sont capables de faire des liaisons compétitives avec les récepteurs de l’œstrogène utérin et peuvent provoquer l’activation du gène régulateur d’œstrogène. En bref, les parabens peuvent déplacer les inhibiteurs des cellules cancéreuses de leurs récepteurs. Ils sont aussi capables d’augmenter la prolifération de ces cellules comme déjà cité plus tôt. La liaison des parabens aux récepteurs des cellules cancéreuses augmente ainsi que leurs toxicités aux microorganismes augmentent en augmentant la chaîne d’alkyle.
D’après l’avis du groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments (groupe scientifique AFC):"Plusieurs parabens ont montré une activité oestrogénique in vitro. Cependant, aucune activité œstrogène n'a pu être détectée in vivo pour le méthyl paraben, l'éthyl paraben et le propyl paraben au cours d'essais utérotrophiques classiques sur la base d'administrations, perorale ou sous-cutanée, de fortes doses à des souris et des rats. Un effet utérotrophe in vivo a été observé après l'injection sous-cutanée de butyl paraben ou d'isobutyl paraben, qui ne sont pas utilisés comme additifs alimentaires. Le métabolite commun des parabens, l'acide p-hydroxybenzoïque, a été considéré comme non-oestrogénique." Plus préoccupant est la toxicité du propyl paraben, des altérations de la fonction sexuelle et une baisse de la concentration en testostérone ont été observés chez le jeune rat après administration de propyl-paraben dans le régime alimentaire. Effets non observés pour le methyl et l'ethyl paraben. L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) a ainsi indiqué le 29 septembre 2005 que : " la commission de cosmétologie s’est prononcée favorablement à la poursuite de l’utilisation, aux conditions prévues par la réglementation actuelle, de 4 des 5 parabens les plus couramment utilisés (méthyl, éthyl, propyl et butyl parabens)."
Dr. André Cicolella dit également que les cosmétiques pour bébés contiennent de l'acide éthylène diamine tétraacétique (EDTA), un stabilisateur de produits qui peut être reprotoxique, ou du bisphénol A, classé au Canada comme substance toxique.
L'EDTA, en formant des chélates ferriques, permet de lutter contre les surcharges tissulaires en fer (hypersidéroses). Il est utilisé aussi dans les intoxications par métaux lourds. Il est également utilisé comme conservateur dans les collyres, en conjonction avec d'autres conservateurs tels que le thiomersal ou le chlorure de benzalkonium. Il est aussi utilisé comme anticoagulant.
Dr. André Cicolella dénonce aussi la présence du phénoxyéthanol qui favorise l'absorption du produit par la peau, pourrait être dangereux pour le système nerveux et le sang.
Il signale enfin que l'eau minérale de la mallette est particulièrement chargée en nitrates, selon le Comité.
Des cancers
Le cancérologue Dominique Belpomme estime que «des doses très faibles de perturbateurs endocriniens peuvent induire des cancers du sein ou de la prostate 30 ans après». Il démontre aussi que la pénétration par voie cutanée était «celle qui permet la plus grande perturbation de l'organisme» comparativement aux voies respiratoires ou alimentaire, car «la peau ne sait pas détoxifier».
M. Cicolella est convaincu que certains cancers proviendraient de ces cosmétiques pour bébés. «Nous sommes confrontés à une épidémie de cancers» dont un certain nombre ont leurs origines «dès la gestation», affirme-t-il en évoquant une hausse des cancers des enfants de 1% par an en Europe. La situation est si préoccupante qu'une action urgente s'avère indispensable. «Il faut agir sur les éléments susceptibles de favoriser cette épidémie».
Les laboratoires Expansciences, fabricants des produits Mustela, a déjà rassuré les mamans en affirmant n'utiliser dans leurs cosmétiques pour bébés «que des ingrédients qui sont autorisés et dans les conditions d'autorisation».
La Fédération des Entreprises de la Beauté (anciennement appelée Fédération des Industries de la Parfumerie), est l'unique Syndicat professionnel des entreprises cosmétiques. La FEBEA, qui rassemble quelque 300 entreprises et représente 97% du secteur, dit que la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) a précisé que l'Afssaps peut en cas de doute «ordonner qu'ils soient immédiatement retirés du marché».



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