Un homosexuel exclu du don de sang a porté plainte à Alès contre X pour dénoncer ce qu'il considère comme une "discrimination" légitimée par un arrêté fixant les critères de sélection des donneurs. L'Etablissement français du sang (EFS), à l'origine de ce refus, n'a pas encore réagi.
Les nouveaux critères de sélection, définis par un arrêté paru au Journal Officiel le 18 janvier 2009, excluent les personnes homosexuelles des dons du sang en raison des risques liés au virus du Sida. Ce décret est l’application d’une directive européenne imposant la rédaction d’un arrêté sur la sélection des donneurs, indique le Ministère de la Santé. Les nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le 19 avril 2009.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, dit avoir sollicité l’avis des experts et des agences sanitaires pour asseoir sa décision sur une évaluation médicale solide. Il ne s'agit pas d'une discrimination comme l'estime ce Français de 28 ans. En matière de risques liés au sida, tous ces experts ont fait part à Roselyne Bachelot de deux éléments :
Le premier étant qu'il y a une période muette de plusieurs jours, entre le moment où la personne a été en contact avec le virus et le moment où le virus circule dans le sang et donc devient détectable. Ce qui pose un vrai problème.
Ensuite, "les données épidémiologiques sont incontestables : entre 10 et 18 % des gays sont contaminés, alors que ce pourcentage est de 0,2 % pour les hétérosexuels", rappelle la Ministre de la Santé. Les situations épidémiques n'étant pas les mêmes, "il y a un risque, et ce risque est trop élevé, d’où le maintien de cette contre-indication", conclut Roselyne Bachelot.



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