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Publié le 06/09/2008 16:13 par Angela Corrigan

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Photo : Sida
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            (7sur7)

Des chercheurs américains ont découvert un gène appelé Apobec3 qui protègerait du Sida en neutralisant des rétrovirus. C'est ce qui expliquerait que certaines personnes ayant des relations avec des séropositifs ne contractent pas la maladie. Cette découverte est rendue publique au moment où un troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide se déroule au Ghana.

Une avancée décisive vers l’élaboration d’un vaccin contre le sida? Peut-être pas. D’autant que dans le domaine des interactions entre le virus du sida et le système immunitaire, bien des questions restent en suspens. Et les annonces se suivent sans apporter de réelles réponses.
Il n’empêche, dans la revue Science datée du 5 septembre, des chercheurs américains ont découvert un gène pouvant jouer un rôle clé dans la production d’anticorps qui neutralisent les rétrovirus, comme par exemple le VIH responsable du sida. Cette découverte a été faite sur des souris: elle pourrait expliquer en partie pourquoi certaines personnes exposées au VIH ne sont jamais infectées. Ce gène, appelé Apobec3 qui existe aussi chez les humains, pourrait contrôler la capacité des souris à produire des anticorps neutralisant des rétrovirus, ce qui leur permettrait de combattre avec succès des infections.

«Cette protéine Apobec 3 n’est pas nouvelle, on y travaille depuis au moins 5 ans, explique à Libération la professseure Françoise Brun Vezinet de l'hôpital Bichat, à Paris. D’ordinaire Apobec 3 est une protéine qui sert à se protéger du virus, car elle agit en déstabilisant tout le code génétique du virus. Mais dans le cas du VIH, il y en a une autre qui contre l’action d’Apobec3. Ce qu’évoque ce travail américain, c’est que les chercheurs auraient mis à jour un nouveau mécanisme, en particulier dans la production d’anticorps neutralisants».

Ces chercheurs sont encore au stade de l’hypothèse. Estimant que ce gène pourrait jouer le même rôle chez les humains et neutraliser le rétrovirus responsable du sida. Sans en apporter encore de preuves déterminantes.

Les bailleurs de fonds et les agences de développement consacrent plus de ressources que jamais à des objectifs de développement, et notamment à la riposte au sida dans les pays en développement, ce qui constitue une bonne nouvelles pour les millions de personnes infectées et affectées par l’épidémie. Pourtant, nombre de gouvernements et d’organisations se heurtent à d’énormes difficultés pour utiliser efficacement cette aide et pour se conformer aux exigences nombreuses et souvent complexes des divers donateurs. Pour résoudre ce problème, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a pris l’initiative d’aider les pays à ‘faire travailler l’argent disponible’.

Le troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide (HLF-3) se déroule du 2 au 4 septembre 2008 à Accra et il réunira des ministres de plus de 100 pays ainsi que des bailleurs de fonds, des représentants de la société civile, l’ONUSIDA, ses Coparrainants et d’autres agences de développement.

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, le Dr Peter Piot participera en qualité de membre de la délégation du Groupe des Nations Unies pour le développement (GNUD).

Les participants vont faire le point des méthodes de distribution et d’utilisation de l’aide, planifier et intensifier les efforts déployés pour améliorer l’efficacité de l’aide, en renforçant notamment les systèmes de santé, parmi d’autres objectifs de développement.

« Des améliorations sont déjà évidentes dans la manière dont l’aide au développement est organisée et distribuée, mais les résultats ne correspondent pas encore aux engagements pris à Paris en 2005. La riposte au sida a soutenu la notion selon laquelle les partenariats ouverts à tous étaient la clé du problème et nous avons été parmi les premiers à appliquer le principe de la responsabilisation en adoptant les ‘Trois Principes’ » a déclaré le Dr Piot.

« C’est en axant, de manière collective, notre action sur les résultats et la redevabilité en matière de sida que la riposte a progressé le mieux. Maintenant, il faut pérenniser ces résultats. Le plan d’action de Paris constitue un cadre, mais nous devons être ambitieux dans ce que nous exigeons de la communauté internationale pour l’avenir. »

Corriger les défauts des pratiques en matière de distribution de l’aide

e Forum, organisé par l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), la Banque mondiale et le Gouvernement du Ghana, s’appuiera sur les travaux du Forum de haut niveau 2005, au cours duquel plus de 100 pays et organisations ont adopté la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.

Cette réunion participe d’un mouvement plus large mené par des organisations comme l’ONUSIDA, qui a débuté à la fin des années 1990 lorsque les pays bénéficiaires ont fait valoir que les donateurs devaient soutenir l’établissement des priorités nationales et harmoniser leurs approches, pour que les pays soient en mesure de coordonner leurs activités sida et faire meilleur usage des financements apportés par les bailleurs. Les donateurs et les agences d’aide internationale se sont aussi progressivement rendu compte que les exigences multiples qu’ils imposent aux pays épuisaient de précieuses ressources et engendraient des doubles emplois.

Les ‘Trois Principes’

En 2004, lors d’une Réunion de haut niveau à Washington, l’ONUSIDA a montré l’exemple en approuvant les ‘Trois Principes’, qui demandent la consolidation des activités sida au sein d’un pays et un appui pour que les pays partenaires puissent constituer :

  1. un cadre national d’action sur le sida;
  2. une instance nationale de coordination de la lutte contre le sida ; et
  3. un système de suivi et d’évaluation à l’échelon pays.

Les ‘Trois Principes’ traduisent en action la Déclaration de Paris. Au lieu de voir les ressources utilisées de manière fragmentée, avec en conséquence de nombreuses lacunes, ces principes permettent aux pays de les cibler pour obtenir une riposte plus efficace.


Progrès

Des progrès ont été réalisés dans l’amélioration de l’alignement du soutien apporté aux activités sida à l’échelle mondiale et dans l’allègement du fardeau pour les pays, ainsi que dans l’élaboration et dans le renforcement de la qualité des politiques, institutions et processus qui font avancer les ‘Trois Principes’.

Ceci a eu pour effet d’améliorer la qualité et la quantité de l’appui technique apporté à la formulation des stratégies nationales de lutte contre le sida, d’intégrer le sida dans les plans de développement, de mettre en place des équipes communes des Nations Unies sur le sida ainsi que des programmes communs et d’élaborer des outils de redevabilité. Le rapport sur les progrès réalisés et les leçons tirées de l’efficacité de l’aide dans les ripostes au sida (Progress update and Lessons Learned from Aid Effectiveness in AIDS Responses) relate ce que l’ONUSIDA a appris grâce à sa participation à ces processus.

Expérience du Ghana en matière d’harmonisation et de coordination

Le Ghana est l’hôte qui convient pour ce HFL-3 car il est un bon exemple d’harmonisation en action, engagé qu’il est depuis plusieurs années dans l’application des ‘Trois Principes’ et des recommandations de la Cellule mondiale de réflexion et dans l’amélioration de l’alignement de sa riposte au sida.

En 2006, le Ghana a créé une équipe commune des Nations Unies sur le sida et a appliqué des processus participatifs pour prendre des décisions avec de multiples parties prenantes. Cette méthode a renforcé la reconnaissance de la Commission sida du Ghana (GAC) comme unique autorité nationale sur le sida. Elle a en outre encouragé un fort sentiment d’identification nationale à la riposte au sida, qui a permis l’élaboration d’un Cadre stratégique national (2006-2010) doté d’un plan unique de suivi et d’évaluation, formulé conformément aux grandes lignes des ‘Trois Principes’.

La GAC prévoit de poursuivre l’application de ces principes, notamment en renforçant ses partenariats avec les donateurs et les capacités des acteurs nationaux, y compris les organisations communautaires et le secteur privé, afin qu’ils contribuent de manière cohérente à la riposte nationale. Elle prévoit également d’améliorer les systèmes de collecte, d’analyse, de communication et d’utilisation des données sida, pour une programmation davantage fondée sur le concret, et de s’occuper systématiquement des besoins des groupes exposés à un risque accru de VIH.

Il reste encore beaucoup à faire

Pourtant, le Ghana, comme de nombreux pays, doit toujours faire face à des problèmes dans la coordination des multiples bailleurs, projets et processus. Il faut améliorer la cohérence afin que les Nations Unies soient ‘unies dans l’action’ et que les donateurs s’alignent davantage pour aider les pays à élargir leur riposte au sida. Le HLF-3 est considéré comme une importante occasion d’évaluer les progrès, de définir les étapes à venir et d’intensifier les efforts parmi les donateurs, les pays et les agences des Nations Unies.

 
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