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Greffes capillaires: l'alerte donnée à Nantes dès 1996
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Publié le 26/09/2008 08:52 par Angela Canberra

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Photo : Santé
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            (Continentalnews)

Après un cas de septicémie découvert à la Clinique de médecine capillaire et Espace esthétique médicale à Lyon, le ministère de la santé a suspendu les activités de deux autres centres, à Nantes et Bordeaux. Le centre avait fait l’objet d’une alerte de l’Ordre des médecins de Loire-Atlantique dès 1996

Dans le cadre du dispositif mis en œuvre par les autorités sanitaires pour informer les patients ayant fait l’objet d’actes de micro-greffes capillaires dans une clinique de Lyon (SARL Clinique de médecine capillaire et Espace esthétique médicale », 44 rue de la République, à Lyon 2ème)  entre le 26 décembre 1997 et le 22 avril 2008, le ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative a mené des contrôles à Paris (XVIIe), Nantes, Bordeaux et Rennes. Les quatre centres de greffes capillaires sont dirigés par le même gérant que la "Clinique de médecine capillaire et Espace esthétique médicale" de Lyon, où le c as de septicémie a été signalé.

Alerte donnée en 1996

La clinique de médecine esthétique capillaire, située au 46 avenue Camus à Nates, épinglé par le ministère de la santé pour des problèmes d'hygiène et de prévention des infections, avait fait l'objet d'une alerte de l'Ordre des médecins de Loire-Atlantique dès 1996, a annoncé jeudi auprès de l'Ordre.

Le conseil départemental avait alerté le DDASS de Loire-Atlantique.

Deux inspections

Des inspections ont ainsi été réalisées les 22 et 23 septembre dans les centres de Nantes et de Bordeaux (clinique de micro implants capillaires, 6 rue Charles Lamoureux ; Nantes : clinique de médecine esthétique capillaire, 46 avenue Camus ; Paris : 23 rue Nollet (XVIIème) ; Rennes : 22, rue du Maréchal Joffre). Les sites de Paris et de Rennes n’exercent plus aujourd’hui d’activité. "Aujourd’hui, les sites de Paris et de Rennes n ’ exercent plus d ’ activité", selon l es autorités sanitaires.

Ces deux inspections ont mis en évidence des non-conformités dans les procédures d’hygiène et de prévention de la transmission des infections bactériennes. Une suspension d’activité temporaire de ces sites est en cours.

Les infections bactériennes apparaissent rapidement avec des signes cliniques d’emblée évocateurs (infection cutanée, fièvre etc.) et nécessitent une prise en charge médicale. Les autorités sanitaires recommandent donc aux personnes ayant reçu des soins dans ces établissements et développant ce type de symptômes d’aller consulter leur médecin traitant.

Numéro vert

Pour toute information complémentaire, un numéro vert 0 800 880 700 est ouvert pour les personnes concernées. Il est accessible de 9 heures à 19 heures.

Plus de vigilance

Le ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative demande par ailleurs aux directions départementales et régionales des affaires sanitaires et sociales (DDASS et DRASS) d’exercer une vigilance particulière sur tout signalement qui pourrait être rapporté relatif à ce type d’activités. Des inspections ciblées seront diligentées en tant que de besoin.

Des travaux visant à un meilleur encadrement des pratiques de micro-greffes capillaires et, plus largement, des actes à visée esthétique sont d’ores et déjà engagés. Ils donneront lieu à un renforcement de la réglementation en la matière dans les prochains mois, afin de mieux assurer la sécurité des usagers.

Une réforme est nécessaire

D'importants progrès en matière d’implants capillaires ont été effectués ces dernières années. La technique des micro-greffes a permis de procéder à une implantation de cheveux beaucoup plus discrète et naturelle qu’avant. L'intervention consiste à prélever des cheveux dans la région de "la couronne" (à l’arrière du crâne) où les cheveux ne tombent pas. Dans un second temps, le praticien implante les greffons (3-4 cheveux) dans la région de la calvitie ou de la tonsure.

Mais une réforme est nécessaire, car 'ce type de centre manque souvent d'un véritable encadrement." Très souvent, "il y a une grande rotation du personnel qui est mal formé", estime un spécialiste dans la micro-greffe capillaire.

Les vendeurs de greffes de cheveux - dont certains, experts capillaires autoproclamés - préfèrent, eux, s'en tenir à Follicular Unit Transplant, parce que Transplant, à l'opposé de Transection, n'évoque pas le bistouri : il ne faut pas affoler les candidats à la micro greffe capillaire en leur parlant de Transection  (Ndr. Transect : couper transversalement - Dictionnaire Harrap's).

Mais, pour transplanter, il faut bien, au préalable, découper au bistouri et prélever - c'est-à-dire détacher du cuir chevelu - le lambeau de chair (ou bandelette), qui sera à son tour, toujours à l'aide d'un bistouri, fractionné et divisé en unités folliculaires ou micro greffons, d'où le mot « Transection », judicieusement approprié. Au passage, il faut savoir que du fait de la transection, la perte de greffons est évaluée, au minimum, à 7%

Pour en revenir à la dénomination FUT, il serait plus logique de parler de technique FUTT , avec deux T  : T pour Transection et T pour Transplant .

Il vous sera aussi donné de lire dans certaines publications que la technique lambeau/bandelette - découpé au bistouri dans la nuque ou zone donneuse -, est aussi dénommée F.U.S.S. (Follicular Unit Strip Surgery), en français : Unité Folliculaire par Chirurgie du Lambeau (ou bande, ou bandelette). Ce qui démontre, s'il en était besoin, que la greffe de cheveux est bien un ACTE CHIRURGAL, qui, faut-il le rappeler, pour la sécurité des patients, ne doit être pratiqué que par des chirurgiens qualifiés en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, dans des cliniques agréées par les autorités sanitaires. (décrets du 11 juillet 2005 et circulaire du Ministère de la Santé, du 23 décembre 2005).

Après ce survol sémantique de la définition des termes «capillaires greffiques », abordons, à présent, le marketing et la publicité des affairistes, recyclés dans le business - très fructueux - de la micro greffe capillaire. Sans parler de leurs greffe-tout-mercenaires, faux chirurgiens, mais vrais dangers du bistouri, qui se soucient de l'éthique comme de leur premier stéthoscope, car ils prétendent - de mauvaise foi, cela va sans dire - que la greffe de cheveux ne serait pas un acte chirurgical. Ils parlent, alors, de « micro transplantation douce ».

En effet, sur tous les sites Internet des « vendeurs de greffes » - on en recense plus de cinq cents (ce business est très lucratif) sur un célèbre moteur de recherches -, vous remarquerez qu'il n'y est jamais question du premier temps opératoire de la microgreffe capillaire. La « Transection », on n'en parle pas. Et pour cause.

En revanche, on vous parlera de la microtransplantation folliculaire douce, des résultats spectaculaires avec les ultramicrogreffons (Ndr : couper les cheveux en quatre ?) et des méga séances, qui permettent d'avoir deux fois plus de cheveux en une séance, pour deux fois moins cher : « business is business » !

Lorsqu'il nous est donné de lire tous ces boniments, qui constituent de véritables publicités mensongères, pour « embobiner » des personnes souvent fragilisées psychologiquement par leurs problèmes capillaires, nous sommes scandalisés par les pratiques de ces « margoulins de la greffe », qui n'ont, et pour cause, aucun scrupule pour encaisser, à chaque séance de greffe FUT, aux médiocres résultats, la somme moyenne de 5.000 Euros, pour trois à quatre heures d'intervention (sic).

Pour résumer, les bidonneurs de la greffe ne s'attardent jamais sur le premier temps opératoire : effractif, invasif et sanglant, car cela pourrait effrayer et faire fuir les candidats à la greffe de cheveux. Il est vrai que les greffe-tout, faux chirurgiens, mais vrais mercenaires au service de financiers de la greffe capillaire, sont loin de maîtriser une technique opératoire, qui requiert longue formation, qualification, compétence et maîtrise de la technique.

Certains greffe-tout sont souvent « formés » à la microgreffe capillaire, en une après-midi dans un atelier (sic) de congrès « d'officine esthétique», et se voient délivrer un diplôme au titre ronflant, mais bidon. On en connaît, qui affublent généreusement leurs cartes de visite de titres factices destinés à en mettre plein la vue aux gogos pour mieux les appâter : A 5000 Euros, en moyenne, la séance de greffe capillaire, il faut du décorum, il faut de la mise en scène, il faut du bluff. En un mot, il faut du Cinéma . C'est pour nous l'occasion d'évoquer notre célèbre Jean de LA FONTAINE (1621-1695) : « Tout greffeur vit aux dépens de celui qui l'écoute. ! »

Rappelez-vous que dans le monde de la greffe capillaire,
il y a plus souvent de grands bluffeurs que de bons greffeurs.


Notre rôle, à l'O.F.G.C., est justement d'ouvrir les yeux de tous les candidats à la greffe de cheveux, en leur montrant sept photos du premier temps opératoire d'une greffe de cheveux qui est avant tout un ACTE CHIRURGICAL , qui ne peut être pratiqué que par un chirurgien qualifié en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, dans un établissement agréé par les autorités sanitaires conformément aux décrets d'application du 11 juillet 2005 (Journal Officiel du 12 juillet 2005 sur www.legifrance.gouv.fr Ministère de la Santé) et à la circulaire du 23 décembre 2005, qui encadrent la pratique de la chirurgie esthétique.

Il est important de noter que la qualification de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, c'est sept années d'études de médecine générale + cinq années d'Internat dans un service de spécialité de chirurgie plastique + deux années de Clinicat, soit : BAC+14. Excusez du peu ! La qualification du chirurgien garantit la sécurité du patient. Rien à voir avec ces greffe-tout, autoproclamés « omnipraticiens » pour créer la confusion avec « omni plasticiens ». Vous feriez-vous opérer de l'appendicite par un généraliste ? Prendriez-vous l'avion dont le pilote n'aurait pas son brevet de pilotage ou sa licence de vol ? Le chirurgien, lui, a un « permis d'opérer » parce que son parcours professionnel atteste de sa qualification et de sa compétence. 

Quelques réactions:

Suite aux informations concernant l’affaire de la septicémie suite à une micro greffe de cheveux sur Lyon, les associations et syndicats de médecine esthétique s’insurgent en faux devant les fausses affirmations relevèes dans la presse grand public.

En effet, de nombreuses réunions ont lieu au ministère de la santé, autorisant les actes de microgreffes de cheveux à être pratiquées dans des cabinets et centres de soins médicaux, la qualification en chirurgie plastique n’étant pas indispensable à la pratique de ces actes.

Un arrêt de la cour d’appel de Lyon du printemps 2008 a confirmé ces faits.

Les Syndicats et Associations de médecine Esthétique regrettent et déplorent le cas d’infection de Lyon, mais tiennent à préciser que la complication a été totalement jugulée et que le patient n’en conserve aucune séquelle.

Ce communiqué a pour vocation d’éviter les dérapages et les commentaires abusifs, afin que la population soit clairement informée et que les allusions calomnieuses cessent.

Depuis des années les associations et syndicats de medecine esthétique réclament un encadrement des structures ou se pratiquent les actes sous anesthésie locale.

Rien, si ce n’est une loi restrictive sur les cliniques de chirurgie esthétique, et sur les qualifications des praticiens qui y exercent. Il faut que les structures ambulatoires aient également des règles de fonctionnement codifiées ce qui n’est pas le cas à ce jour. Seules des interdictions naissent permettant toujours aux moins scrupuleux de continuer leur activité.

Il faut que le ministère arrête d’interdire, mais encadre pour la sécurité des patients, il est illogique de faire en bloc opératoire hospitalier une greffe de cheveux qui se fait sous anesthésie locale dans tous les pays du monde.

Les frais sont inadaptés à une anesthésie locale, comment imaginer un dentiste qui fait une anesthésie locale sans souci, et qu’un médecin ne puisse pas la pratiquer dans son cabinet ?? Il faut un encadrement constructif pour la sécurité des patients, et non pas une évolution vers les interdictions multiples et variées. Nos syndicats n’arrêtent pas d’en informer le ministère de la santé, mais le dialogue est difficile, sous la pression du lobbying des chirurgiens plasticiens dont très peu pratiquent la greffe de cheveux. (Dr Gérard BOUTBOUL)



 

Sources: Le Ministère de la Santé et L'Observatoire

 
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