Pour la première fois de son histoire, le service psychiatrie de l'hôpital de La Conception à Marseille est en grève pour dénoncer l'arrivée d'un malade particulièrement dangereux au sein de l'établissement.
L'arrivée d'un patient "dangereux" pousse les psychiatres de l'hôpital de La Conception de Marseille à descendre dans la rue. "Nous sommes conscients de nos devoirs républicains mais nous ne pouvons pas réaliser cet accueil dans des conditions satisfaisantes", affirment-ils. Pour Gérard Avena, responsable du syndicat Sud-santé, estime que cette grève soutenue par la CGT est justifiée.
Au moins 175 agents sur les quelque 240 que compte le pôle psychiatrique de la Conception ont déjà signé la pétition lancée par les syndicats Sud-santé et la CGT.
Rappelons que cet patient a déjà été accueilli une première fois dans cet hôpital. A l'époque, il avait frappé des malades et le personnel. Il avait fallu 19 personnes pour la maîtriser. Cet homme constitue une vraie menace pour le personnel, compte tenu de l'insuffisance des effectifs. Ce patient mesure plus de 2 mètres, pèse 140 kilos.
La dangerosité est une notion aux contours flous difficile à cerner et se prêtant mal à la mesure.
Elle est éclairée par des faits, mais relève aussi du risque. Les patients dangereux constituent une population indéfinie, très dispersée. La maladie mentale peut expliquer certains actes criminels, mais elle ne conduit pas forcément à avoir une attitude dangereuse pour autrui ou pour soi-même.
Le souci d’une sécurité des citoyens et le droit des victimes, toujours plus absolus, ont modifié le regard que porte la société sur les risques dus aux comportements de patients dangereux. Les lieux et les circonstances du danger sont multiples qu’il s’agisse des services d’urgences des établissements de santé, des services de psychiatrie, des cabinets médicaux, des centres d’hébergement et de réinsertion sociale, des juridictions, des prisons, de la voie publique ou encore du domicile.
Alors même que les professionnels qui prennent en charge ces patients ont un sentiment marqué d’une insécurité grandissante, la réalité de cette dangerosité n’est pas toujours démontrée. Les différentes institutions (police, gendarmerie, justice, hôpitaux...) possèdent des systèmes d’information qui leur sont propres. Mais ceux-ci sont peu utilisables pour qualifier la dangerosité des patients et son évolution. Dans les hôpitaux les comportements indésirables sont en progression sans qu’il soit prouvé que les violences à l’encontre des personnels aient crû de manière significative. Les interventions des services de police et de gendarmerie sont plus nombreuses, la Justice est également confrontée à ce sentiment d’insécurité et les établissements pénitentiaires doivent prendre en charge un nombre élevé de détenus présentant des troubles mentaux. Certes, les institutions comme les professionnels paraissent moins tolérants devant les incivilités et la violence, pour autant le nombre des plaintes reste limité. (Legislation-psy.com)



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