Le Syndicat national des médecins/Kinshasa reconduit la grève débuté lundi 18 août. Même si Kinshasa n'est pas la RDC, elle demeure néanmoins le miroir par lequel se reflète la situation d'ensemble. La paralysie est totale. Radicale comme l'ont souhaité les blouses blanches. Tout doit être fait pour que la grève ne dure pas. Il en va de la crédibilité du volet social de cinq chantiers du gouvernement. Le gouvernement de Kinshasa a accepté, mercredi, de donner satisfaction à certaines revendications des médecins qui sont en grève depuis lundi dernier. Les pouvoirs publics ont accepté notamment d’appliquer le nouveau barème salarial réclamé par les médecins, éponger les six mois d’arriérés des primes et salaires dus aux grévistes pour l’année 2008. La grève n’est pas pour terminée malgré les assurances du pouvoir, les médecins n’ayant toujours pas levé le mot d’ordre de grève. Toutefois, ils ont accepté de maintenir un service minimum dans les hôpitaux, a fait savoir le Docteur Badjoko Mankoy, secrétaire général du SYNAMED, le Syndicat national des médecins du Congo. « Il y a des médecins qui attendent la matérialisation de la paie de la prime de risques au nouveau taux », a-t-il indiqué. «La grève sera radicale et illimitée dès ce lundi 18 août 2008 ». C'est ce qu'a annoncé à la presse le week-end dernier le secrétaire général du Syndicat national des médecins, Synamed, section provinciale de Kinshasa. Et ce, pour mettre le gouvernement devant ses responsabilités. Lui qui ne réalise toujours pas ses promesses depuis le 15 janvier de l'année en cours au sujet de la mécanisation de nouvelles unités, paiement des primes de risques, harmonisation des salaires Hier lundi, pour tout celui qui est passé par l'Hôpital général de référence de Kinshasa (HGRK), le constat est amer: La grève est effectivement radicale. Aucun médecin n'était vu dans son cabinet. Mais, on pouvait voir quelques visages animant de petits attroupements ça et là. Seuls les stagiaires étaient visibles, si pas dans les couloirs des pavillons, mais au chevet des malades avec quelques propos de consolation. Les prescriptions laissées la semaine écoulée par les docteurs étant généralement tombées en expiration. Sources: Continental News et Le Potentiel
Les malades sont abandonnés à leur triste sort. Si cela continue ainsi, il y a lieu de craindre le pire. Le désastre sera grand. Et le volet social de cinq chantiers, dans son aspect Santé et Education, sera un échec.
C'est pour ces craintes que le Dr Diabeno, président du Conseil d'administration de l'Hôpital général de référence de Kinshasa, a eu ces mots de supplication pour limiter les dégâts : « des mesures urgentes méritent d'être prises par le gouvernement en faveur de grévistes. Car nous n'avons pas de moyens adéquats pour palier la désolation créée par les médecins grévistes. Dans notre institution, nous ne pouvons compter que sur les services d'une dizaine de chefs de service et une dizaine de chefs de département. Leur nombre est très limité pour faire face aux besoins des centaines de patients. Voilà pourquoi dans l'entre temps, on se bat à gauche et à droite juste pour faire quelque chose ».
Faire quelque chose. Ceci sonne comme un cri de désespoir. La situation dans d'autres institutions publiques demeure semblable, car tous les toubibs sont logés à la même enseigne par l'Etat-employeur.
Conséquence de cette désertion : déjà des morts sont enregistrés. Même si les statistiques macabres nous ont été refusées à la mi-journée, quelques familles éplorées ont été là pour le témoigner. Une des premières victimes du débrayage s'appelle Kisibu Didier, 32 ans, décédé à 7H30. Le jeune N'djilois du quartier 12, sur avenue Bondoki, a été admis au pavillon 8 depuis 2 semaines pour un cas de complications pulmonaires.



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
