La grève des médecins urgentistes est programmée pour le 1er décembre 2008. L'Association des médecins urgentistes (Amuf) espère ainsi dénoncer la dégradation des conditions de travail dans cette profession. Les urgentistes travaillent en moyenne 55 heures par semaine, en étant payés 39 heures. Sur une année, ils auraient donc travaillé trois mois gratuitement. Les urgentistes respecteront donc leurs obligations de service à 39 heures et seront absents des services au mois de décembre.
Ils ont pour vocation de sauver des vies, mais face à la dégradation de leurs conditions de travail les médecins urgentistes annoncent une grève illimitée, au risque de voir mourir des dizaines de personnes qui auraient dû bénéficier de leur aide.
Patrick Pelloux et le syndicat des urgentistes qu'il président attendent un geste du gouvernement, pour lever leur mot d'ordre. Concrètement, les médecins urgentistes souhaite le décompte de leurs heures supplémentaires à partir de 39 heures de travail et souhaitent un moratoire sur les fermetures de services d'urgence, notamment ceux du services mobiles (Smur) et de postes de garde.En cas de grèves, "il va y avoir des morts", préviennent-ils.
Depuis des années, les urgentistes se battent au quotidien pour sauver des vies, pour soigner toutes ces personnes qui ont besoin à un moment ou un autre du service offert par les SAMU-Smur-Urgences. L’AMUF, l’Association des Médecins Urgentistes de France, a toujours défendu la qualité de ce service public en intégrant les intérêts des urgentistes pour qu’ils aient des conditions d’exercices raisonnables.
L’AMUF constate que depuis des mois, il n’existe plus aucun dialogue social avec le Ministère de la Santé.
Après une grève des urgentistes très suivie en début d’année, des discussions de salon au ministère n’ont même pas pu aboutir à un début de négociation.
Un courrier, demandant les négociations promises, adressé à madame Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports, est resté sans réponse.
Les urgentistes ne peuvent pas assister impuissant à une entreprise de destruction continue du service public sans manifester leur colère :
- Leur retraite vient d’être réduite à 30 % de leur dernier salaire, avec une réforme de l’IRCANTEC menée contre les représentations syndicales.
- Une réforme d’une Directive Européenne, soutenue activement par la France, aboutira en décembre à ce qu’un médecin européen travaille 65 heures par semaine, reconnue 48 heures, payée en France 39 heures et cela jour et nuit jusqu’à 72 heures de suite sans repos.
- La prochaine loi HPST sur la Santé déstructurera un peu plus l’hôpital et ses services d’urgence. Le pouvoir dans l’hôpital sera exercé par un seul homme, le directeur, lui-même, sous la coupe d’un directeur d’une Agence Régionale de Santé qui lui-même est nommé par le ministre. Un pouvoir centralisé à l’extrême qui s’appuie sur le « culte du chef ».
- De la même façon, le statut des médecins hospitaliers est très menacé, avec l’orchestration par le directeur, à coup de primes et de licenciements, de la division entre les médecins.
- De plus, il est bien clair que ce gouvernement va abandonner (rapport Boënnec de l’Assemblée Nationale) la permanence des soins libérales (médecines, générale et spécialiste, de garde) à l’hôpital, sans réelle volonté de mettre des alternatives en place. Mais que se passera-t-il pour les patients quand l’hôpital sera lui-même en déshérence ? Que feront les urgentistes face à l’afflux des patients sans alternative de soins, le tout aggravé par la dégradation sociale qui s’annonce ?
L’AMUF ne peut qu’appeler les urgentistes à manifester leur colère, ces derniers ne peuvent que mettre un coup d’arrêt brutal à cette dégradation. Au mois de décembre, les urgentistes seront absents des services d’urgence : SAMU-SMUR-Urgences. Ils ont travaillé, en moyenne 55 heures par semaine, en étant payés 39 heures. Sur une année, ils auraient donc travaillé trois mois gratuitement. Les urgentistes respecteront donc leurs obligations de service à 39 heures et seront absents des services au mois de décembre. Les directeurs sont prévenus et pourront donc jouer leur rôle d’organisateur.
(Continentalnews.fr, avec des informations fournies par le CA de l'Amuf)



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