Le nouveau vaccin de la grippe est disponible dans toutes les pharmaties en France. L'assurance maladie incite les personnes vulnérables à se faire vacciner.
Chaque année en France, la grippe atteint 2 à 8 millions de personnes de tout âge. C'est une maladie au début brutal dont les conséquences peuvent être graves, voire dramatiques pour les personnes âgées ou malades.
Bien que les plus de 65 ans ne représentent que 5 à 11% des cas (source Réseau des GROG, données 2001-2008), ce sont elles qui paient le plus lourd tribut, avec la quasi-totalité (90%) des décès liés à la grippe....
En période épidémique, les millions de cas annuels de grippe survenant en France provoquent un absentéisme évalué à 2 millions de journées de travail pour les épidémies faibles et jusqu’à 12 millions de journées de travail pour les épidémies intenses, qui peuvent être responsables de désorganisations de la vie économique et sociale (hôpitaux, écoles, industries...). Selon l’intensité de l’épidémie, le coût de la grippe en médecine ambulatoire (hors hospitalisations et pertes de production) varie entre 230 et 840 millions d'euros.
■ La vaccination : la pierre angulaire de la prévention de la grippe
La vaccination est le principal outil de la prévention de la grippe. Son efficacité clinique est clairement établie, car elle réduit la morbidité et la mortalité, en particulier chez les sujets âgés ou fragilisés.
Le vaccin antigrippal est indiqué dans la prévention de la grippe pour tous les individus à partir de l'âge de 6 mois. Il est recommandé à partir de 65 ans et chez les patients -adultes et enfants- atteints de certaines maladies chroniques. Ces sujets âgés ou fragilisés courent le risque de développer des complications graves de la maladie, mettant leur vie en péril. Pour eux, le vaccin est pris en charge par l’Assurance Maladie.
La vaccination antigrippale est aussi très fortement recommandée aux professionnels de santé, tout à la fois exposés aux risques épidémiques et susceptibles de contaminer leurs patients et leur entourage. Depuis 2004, la recommandation de la vaccination antigrippale est étendue au personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et au personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs (guides).
De façon plus générale, la politique vaccinale française vise à protéger les personnes pour lesquelles la maladie représente un danger : l’accent a été mis sur la prévention de la mortalité plutôt que sur celle de la morbidité.
Le grand nombre de malades chaque année, les complications parfois mortelles de la maladie et les possibles changements génétiques majeurs du virus grippal, font de la grippe un problème majeur de santé publique.
LA GRIPPE
La grippe est une maladie virale. Elle est due à l’infection par les virus influenza, de type A et B. Pour les virus de type A, il existe une classification en sous-types. Chez l’homme, les virus de type A qui sont responsables des épidémies saisonnières sont actuellement les sous-types H1N1 et H3N2.
Qui vacciner ?
La vaccination contre la grippe est recommandée(1) chaque année en France pour les :
- Personnes âgées de 65 ans et plus.
- Professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque, personnel navigant des bateaux de croisière et des avions, et personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs (guides).
- Personnes, à partir de l’âge de 6 mois, atteintes d’une des pathologies suivantes :
- affections broncho-pulmonaires chroniques, dont asthme, dysplasie broncho-pulmonaire et mucoviscidose ;
- cardiopathies congénitales mal tolérées,
- insuffisances cardiaques graves et valvulopathies graves ;
- néphropathies chroniques graves, syndromes néphrotiques purs et primitifs ;
- drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalassodrépanocytose ;
- diabètes insulino-dépendants ou non insulino-dépendants ne pouvant être équilibrés par le seul régime ;
- déficits immunitaires cellulaires (chez les personnes atteintes par le VIH, l’indication doit être faite par l’équipe qui suit le patient).
- Personnes séjournant dans un établissement de santé de moyen ou long séjour, quel que soit leur âge.
- Enfants et adolescents (de 6 mois à 18 ans) dont l’état de santé nécessite un traitement prolongé par l’acide acétylsalicylique (essentiellement pour syndrome de Kawasaki compliqué et arthrite chronique juvénile).
Nouveauté 2008 : Le calendrier vaccinal 2008(1) préconise la vaccination contre la grippe de l’entourage familial des nourrissons de 0 à 6 mois présentant des facteurs de risque (prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type de broncho dysplasie, et ceux atteints de cardiopathies congénitales, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire neuromusculaire ou neurologique ou d’une affection de longue durée).
Pour la vaccination des enfants, voici le récapitulatif des recommandations présentées dans le Guide des vaccinations(2) :

Les raisons pour lesquelles la vaccination est recommandée à différentes catégories de populations sont diverses.
Pour les personnes de 65 ans et plus, ou pour ceux touchés par une affection de longue durée, il convient, avant tout, de réduire la mortalité et la morbidité.
Pour les professionnels de santé en contact avec des sujets à risque et pour ceux qui encadrent les sujets vivant en milieu confiné (équipages des avions ou bateaux, guides touristiques), le but est d'éviter qu'ils ne propagent la maladie. Dans cette même optique, certains pays ont proposé de vacciner les enfants.
Prise en charge
Le vaccin antigrippal est pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale (envoi d'un bon de prise en charge par courrier au domicile) pour les sujets à risque suivants(3) :
- les personnes âgées de 65 ans et plus ;
- Les patients de tout âge atteints de l'une des maladies chroniques suivantes :
- Diabète de type 1 et diabète de type 2
- Accident vasculaire cérébral invalidant
- Néphropathies chroniques graves et syndromes néphrotiques primitifs
- Forme grave des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie), épilepsie grave
- Mucoviscidose
- Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves, cardiopathies congénitales graves
- Insuffisance respiratoire chronique grave
- Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé, infection par le virus de l'immunodéficience humaine
- Drépanocytose.
- Les personnes de moins de 65 ans qui souffrent d'asthme ou de broncho-pneumopathie chronique obstructive.
- Les enfants et adolescents, de 6 mois à 18 ans, dont l'état de santé nécessite un traitement prolongé par l'acide acétylsalicylique (syndrome de Kawasaki compliqué et arthrite chronique juvénile).
Quand vacciner ?
Du fait de la variation antigénique des virus, le vaccin est actualisé chaque année pour s'adapter à chaque nouvelle situation épidémique. Il est donc justifié de renouveler la vaccination chaque année.
En Europe, les épidémies de grippe se produisent essentiellement entre octobre et avril. Après la vaccination, une quinzaine de jours est nécessaire à la formation des anticorps protecteurs.
Il est recommandé de se faire vacciner en début de saison (et avant le 31 décembre pour la validité des bons de prise en charge de l’Assurance Maladie). Mais la vaccination garde bien sûr son intérêt jusqu’au début de l’épidémie. Il est à noter que la protection du virus ne devient pleinement effective qu’après 2 à 3 semaines.
■ Le rôle des professionnels de santé
L’amélioration de la couverture vaccinale des personnes à risque s’appuie sur l’implication active des professionnels de santé de ville.
Le médecin traitant est au cœur du dispositif. Il juge de l'opportunité de la vaccination pour son patient : c'est lui qui identifie le patient à risque, prescrit le vaccin et qui valide le formulaire de prise en charge de l'assuré pour que celui-ci obtienne gratuitement le vaccin auprès de son pharmacien. Bien plus qu'un prescripteur, le médecin a un rôle pédagogique essentiel.
Le dispositif « médecin traitant » lui confère un rôle de coordonnateur des soins, notamment dans le domaine de la prévention pour ses patients de plus de 65 ans. Pour cette population à risque, l’avenant 23 à la Convention(4) prévoit un engagement particulier en matière de vaccination antigrippale. Le taux de couverture vaccinale chez les personnes à risque, notamment les personnes âgées, doit atteindre au moins 75% d’ici 2010, conformément à la loi de santé publique, soit une augmentation de 6 points (le taux de couverture vaccinale à l’issue de la campagne 2007-2008 étant de 69% chez les 65 ans et plus). Cet objectif collectif est décliné individuellement pour chaque médecin traitant.(5)
Un nouveau rôle pour les infirmiers
Un décret paru le 02 Septembre 2008(6) organise la possibilité pour les infirmiers d’effectuer les injections de vaccination antigrippale, sans que le patient ne soit tenu d’obtenir préalablement une prescription médicale, à l’exception de la première injection qui devra continuer à être prescrite par le médecin. Les patients concernés sont les personnes âgées de 65 ans et plus, et ceux atteints de certaines pathologies chroniques.
Il prévoit en outre les conditions (vérification de l’absence de contre-indication, comme une grossesse ou une infection par le VIH) et les modalités de réalisation par l’infirmière (traçabilité de la vaccination).
Et pour les pharmaciens
De même les pharmaciens tiennent une place importante. Ils expliquent, rassurent et incitent les patients à risque à consulter leur médecin. Un projet de décret leur permettant de délivrer le vaccin à partir du bon de prise en charge sans validation préalable par le médecin devrait compléter et simplifier le dispositif.
(1)Calendrier vaccinal 2008 – Avis du Haut conseil de la santé publique (Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 22 avril 2008, n°16-17)
(2)Guide des vaccinations, 2008. INPES
(3)www.ameli.fr
(4)Arrêté du 2 mai 2007 portant approbation de l’avenant n°23 à la convention nationale des médecins généralistes et des médecins spécialistes.
(5)Dossier de presse Assurance Maladie « L’assurance maladie lance la campagne de vaccination antigrippale 2007 ».
(6)Décret n° 2008-877 et arrêté du 29 août 2008 du ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, parus au Journal Officiel du 02 septembre 2008.
D'autres infos sont disponibles sur le site du Geig



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