Comme chaque année à la même époque, débute la campagne de vaccination antigrippale. Cela concerne-t-il les séropositifs ? Oui, sans aucun doute, car les complications de la grippe sont plus fréquentes lorsqu’on est porteur du VIH, et les signes plus prolongés. Le virus grippal, en outre, « consomme » des CD4, qui auront plus de difficulté à se restaurer si on est séropositif. Cette recommandation a été renouvelée dans la version 2008 du rapport Yéni. Pour les personnes reconnues en ALD 7 (déficit immunitaire primitif, qui correspond aux 100 % pour les séropositifs), la vaccination est entièrement prise en charge par l’assurance maladie. Le vaccin 2008 (il change et doit être renouvelé chaque année) sera disponible dès le 10 octobre. L’arrivée de l’épidémie de grippe étant difficile à prévoir, il est conseillé de ne pas attendre trop longtemps avant de se faire vacciner, la protection n’étant efficace que 15 jours plus tard.
Le vaccin antigrippal est-il efficace ?
La protection acquise par la vaccination ne prémunit pas à 100 % de tous les virus grippaux en circulation, en raison de la capacité étonnante de ce virus à muter. Cependant, il diminue de façon considérable le risque d’attraper la grippe, et il protège très efficacement contre les complications d’une grippe qui n’aurait pas pu être évitée.
Tout le monde peut-il en bénéficier ?
Oui, en sachant que la réponse protectrice après vaccination est très diminuée lorsque les CD4 sont en dessous de 200/mm3. Dans ce cas, le mieux est d’en discuter avec son référent VIH. Autrement, le plus simple est de se faire vacciner par le médecin traitant.
Y a-t-il d’autres vaccins à envisager ?
La vaccination antigrippale constitue un bon moment pour faire le point sur ses vaccinations, en général. En premier lieu, la vaccination antipneumococcique par le Pneumo 23, qui est très fortement recommandée (et encore peu pratiquée) chez les séropositifs. Le pneumocoque est à l’origine de pneumonies (infections bactériennes des poumons) graves, parfois même mortelles, dont la fréquence est accrue en présence du VIH. L’efficacité de la vaccination en matière de réduction des risques de pneumonie est désormais prouvée, d’où cette recommandation.
Enfin, il existe d’autres vaccinations qu’il est bon de mettre à jour : celle contre le tétanos, évidemment, mais aussi contre l’hépatite B (qui est souvent plus grave quand on est porteur du VIH) et l’hépatite A, surtout si l’on voyage, ou qu’on est gay et qu’on a plusieurs partenaires. Bref, c’est l’occasion de faire le point.
Docteur Michel Ohayon
Coordinateur médical à Sida Info Service



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