Encore un mal qui menace de s’attaquer à l’humanité tout entière. La grippe porcine, puisqu’il faut l’appeler par son nom, a fait récemment son apparition au Mexique où 1 600 cas suspects ont déjà été enregistrés avec un total de 149 morts à la date d’hier. Imputé au porc, l’agent causal en est le SIV, Swine influenza virus.
Les infections à virus influenza porcin sont la cause d’une maladie respiratoire caractérisée par de la toux, des éternuements, du jetage, des températures rectales élevées, de la léthargie.
Elle s’associe aussi à une respiration difficile et à une baisse de l’appétit. Selon les spécialistes de la santé, les signes cliniques peuvent survenir dans les 24 heures suivant l’infection, et les taux de morbidité atteignent souvent 100%. Selon les mêmes sources, il ressort aussi que des infections bactériennes secondaires peuvent aggraver les signes cliniques résultant de cette infection.
Le plus inquiétant ici est que la transmission de cette maladie se fait par contact avec des sécrétions contenant des particules virales, telles que les rejets générés par les toux et les éternuements, ainsi que les jetages nasaux.
Comprenez par là que rien qu’à serrer la main à un porteur de virus à plus forte raison l’embrasser de bouche à bouche peut vous exposer à la contamination.
Par contre, et cela a de quoi rassurer les amateurs du porc au four, la consommation de viande porcine ou d’aliments contenant du cochon ne tirerait pas à conséquence.
L’inquiétant dans ce nouveau mal, c’est sa vitesse de propagation qui pourrait lui donner les allures d’une nouvelle pandémie.
Au contraire de la grippe aviaire qui resta longtemps confinée au seul continent asiatique, sa cousine porcine, elle, se répand au galop puisque partie du Mexique, elle a vite fait d’atteindre les Etats-Unis, le Brésil, le Canada pour changer depuis quelques jours de continents : des informations recueillies sur le net faisaient état de cas suspects en Nouvelle- Zélande, mais également en Europe, notamment en France, en Angleterre et en Espagne.
C’est hélas la rançon de la libre circulation des personnes démultipliées par l’extraordinaire facilité que nous offrent les moyens de consommation. C’est donc dire que notre continent, faisant partie de cette terre dont on n’a plus besoin de faire quatre-vingts jours pour faire le tour, ne saurait, lui non plus, se croire épargné par un virus qui voyage dans les airs.
Nous n’en sommes pas encore là, mais ce n’est pas jouer les oiseaux de mauvais augure que d’affirmer que le risque de contagion serait plus grand dans nos pays où nous sommes culturellement enclins à une certaine familiarité interpersonnelle (salutations, accolades intempestives).
Qui pis est, il n’est pas sûr que les pouvoirs publics, déjà en bute à bien d’autres fléaux comme la méningite, la rougeole, le Sida, soient préparés à faire efficacement face à ce nouveau venu.
C’est pourquoi, prévenir valant toujours mieux que guérir, il est recommandé que déjà se mette en place une batterie de mesures prophylactiques pour parer à toute éventualité.
Outre les systèmes d’alertes mis en branle dans les grands aéroports (contrôle de température de certains passagers), des pays comme la Thaïlande, le Liban et la Chine ont interdit l’importation de la viande fraîche de porc.
A la date d’hier, selon nos sources, et Dieu merci, aucun cas, même suspect, n’avait encore été signalé sur le continent africain. Mais répétons-le, en nous appuyant sur les mises en garde de l’OMS, le risque d’une pandémie est bel et bien réel. Source: Kader Traoré/ L'Observateur




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