Le Dr Lengrand, président de la Commission médicale (CME) de l’hôpital de Carhaix, a ouvertement menacé de demander sa mutation si le rapprochement avec le CHU de Brest n’était pas rapidement engagé.
Une menace qui intervient alors que le directeur de l'ARH annonce le retrait de sa décision de suspendre les activités maternité et chirurgie. Une décision vécue par Christian Troadec, maire de la commune et un des artisans de la bataille pour l"hôpital au printemps dernier, comme un nouveau recul de l'Agence régionale d'Hospitalisation. Pendant ce temps-là, le recrutement de médecins se poursuit.
D'après le maire, des médecins roumains et bulgares devraient arriver en novembre. Par ailleurs, le conseil d'administration de l'hôpital a décidé de demander réparation à l'Etat pour la fermeture de ses services en mai et juin. Il réclame en justice 3,8 millions euros.
Certains médecins, emmenés par le Dr Langrand, président de la commission médicale de Carhaix, lancent un cri d’alarme : ils menacent de quitter l’hôpital de Carhaix. Dans une lettre, ce docteur dénonce le mépris du maire de Carhaix et sa passivité. En fait, ces praticiens réclament surtout un partenariat et un rapprochement avec d’autres hôpitaux comme celui de Brest.
Oui à la chirurgie, non à la maternité
Début septembre, une commission formée de médecins hospitaliers rendait son rapport. Suite à la décision de l'Agence Régionale d'Hospitalisation de fermer les services de maternité et de chirurgie, de nombreux carhaisiens avaient manifesté pour sauver ces deux activités de l'hôpital. C'est une décision du tribunal administratif qui avait annulé cette fermeture programmée. Un nouveau projet hospitalier est aujourd'hui à l'étude.
Le rapport présenté ce lundi par une commission médicale ne plaira pas forcément à tout le monde. Il préconise en effet la fermeture de la maternité à cause du manque de gynécologues et d'anesthésistes et la création d'un centre de périnatalité. Autre proposition, plus de chirurgie lourde à Carhaix mais le centre hospitalier pourrait conserver les actes simples. En médecine, la commission suggère l'ouverture de chimiothérapies et la création d'un laboratoire d'analyses de biologie d'urgence. Des compromis qui doivent encore être étudiés.
Une réaction intéressante :
Quand les médecins se borneront à envisager uniquement les intérêts des patients, la médecine devienda plus simple. Le changement est une nécessité absolue dans ce monde, et la mutualisation des moyens est une obligation incontournable. L'adaptation ne peut se faire sans douleur et sans l'abandon de certaines habitudes et privilèges ; ce n’est pas en réglant des comptes dans la presse que les médecins parviendront à faire avancer le travail de projet qui devrait se dérouler autour d’une table de travail.
Les cliniques fusionnent en multinationales, et les hôpitaux publics, s'ils ne réagissent pas, se présenteront comme des épiceries du coin face aux supermarchés;
La fusion des hôpitaux en une assistance publique du Penn-ar-Bed, comme le répètent certains médecins carhaisiens, sera la solution ultime. Il faudra du temps et de la souffrance pour y arriver. Il a fallu une guerre de 100 ans et deux guerres mondiales pour faire l'Europe, et le travail n'est pas encore achevé...
Ceci étant, ce changement doit se faire dans réflexion, la concertation et la collaboration et non a coup de bulldozer. On met en place des solutions d’avenir avant de démolir une structure démodée, fragile et précaire. La campagne de presse et les décisions entamées en mars 2008 ont été très délétères pour la sécurité des carhaisiens. Elle a largement contribué à déstabiliser l’hôpital de Carhaix au lieu d’en améliorer la sécurité.
Le travail de réflexion entre Brest et Carhaix n’est pas arrivé à terme ; il était prématuré de publier ce travail dans la presse en le qualifiant de « conclusion », sans que les 53 médecins ayant participé à cette réflexion soient consultés ; il est encore plus malvenu de qualifier ce travail de « projet médical » sans que les participants y soient associés.
A titre d’exemple, vous titrez « Oui à la Chirurgie, non à la Maternité ». Un examen attentif du résumé des propositions (en pages 71 au 77 du rapport du travail de réflexion Brest-Carhaix) envisage une fermeture du bloc opératoire la nuit. Cette « chirurgie de jour » est incompatible avec une chirurgie de qualité et inadaptée aux besoins spécifiques de la population carhaisienne. Une telle organisation signifie la fermeture pure et simple de la chirurgie à très court terme.
Comment justifier médicalement la fermeture du bloc la nuit, alors que de toute évidence il s'agit d’une proposition à visée économique ? C'est une proposition à prendre au sérieux par tout citoyen, mais qui ne peut pas être médicalement recommandée. Comment faire croire que la fermeture d’une maternité, dans une région exposée aux intempéries, est médicalement justifiée et améliore la sécurité des parturientes ? Même des femmes accouchent ailleurs, voire même à domicile, il y a des jours où elles souhaiterait avoir un service de maternité à proximité.
Savoir si les contribuables peuvent financer un tel service public est un autre débat : un débat financier et politique qui nous concerne tous, et non un débat médical - Carhaisien



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