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Incontinence urinaire : Pourquoi une semaine nationale ?
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Publié le 23/03/2009 17:31 par La Rédaction

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Photo : Incontinence
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L'incontinence urinaire reste encore taboue en France. Elle ne fait pas partie de ces pathologies "nobles" dont on parle sans gêne. Par pudeur, par honte, mais aussi par fatalisme ou par manque d’information, les pathologies urinaires sont trop souvent ignorées, négligées et donc non traitées : on estime que 30 % des personnes qui en souffrent ne sont pas pris en charge... Pourtant, il existe aujourd’hui des solutions performantes et appropriées aux différents types d’incontinence urinaire qui sont un véritable handicap. La 7ème Semaine Nationale de l'Incontinence permet de sensibiliser le public sur ce problème.

3 millions de Français concernés...

Plus de 3 millions de Français sont concernés par l’incontinence urinaire. Le retentissement de ce trouble s’exprime non seulement sur le plan médico-social mais surtout en termes de qualité de vie : conduites d’évitement dans la vie sociale, privée, et parfois professionnelle, problèmes de scolarisation pour les enfants et d’insertion professionnelle pour les adultes ; la nécessité de placement des personnes âgées en institution et difficulté pour trouver un établissement qui assure une prise en charge convenable.

Le message à faire passer pour cette 7e Semaine Nationale de l’Incontinence est que ce mal « ne touche pas forcément les personnes que l’on croit ». On aura par exemple la surprise de savoir que des sportives de haut niveau en sont particulièrement exposées à l’incontinence.

Ainsi, à la question « Entre une femme jeune et sportive et une femme plus âgée et en surpoids, qui court le plus de risques ? », la réponse est : « les deux ! ».

Depuis quelques années, d’autres catégories de personnes ont été identifiées comme des sujets à risque, en ce qui concerne l’incontinence urinaire d’effort (la plus répandue). Parmi ces sujets, les sportives et les personnes en surpoids.

Nous ne pouvons vivre sans respirer, sans boire, sans manger ni sans uriner ! Uriner est aussi essentiel à notre santé que d’autres fonctions vitales, car l’urine permet de débarrasser notre organisme des déchets issus du métabolisme cellulaire. Si nous passons 8 heures par jour en moyenne à dormir, soit près de 4 mois par an, nous passons, aussi, une à deux heures par mois à uriner... soit un jour par an !

Lorsque tout se passe bien, on urine sans même y penser, lorsque le besoin se fait sentir, mais il arrive qu’à la suite de dysfonctionnements du bas appareil urinaire, les mictions deviennent problématiques : rétention, difficulté à uriner (dysurie), brûlures, envies répétitives (pollakiurie) ou impérieuses qui vont jusqu’à la fuite, c’est l’incontinence...

Malheureusement, l’incontinence urinaire reste encore taboue ; elle ne fait pas partie de ces pathologies « nobles » dont on parle sans gêne. Par pudeur, par honte, mais aussi par fatalisme ou par manque d’information, les pathologies urinaires sont trop souvent ignorées, négligées et donc non traitées : on estime que 30 % des personnes qui en souffrent ne sont pas pris en charge... Pourtant, il existe aujourd’hui des solutions performantes et appropriées aux différents types d’incontinence urinaire qui sont un véritable handicap.

Qu’est-ce qu’une fuite d’urine ?

On va uriner quand on a envie et parce qu’on le décide. Faire pipi est un acte volontaire. Quand on urine sans l’avoir décidé, c’est une fuite d’urine.

Autrement dit, faire pipi dans sa culotte sans le vouloir est une fuite d’urine (en langage médical, c’est une émission involontaire d’urine). Pour être précis, les médecins parlent d’incontinence urinaire quand les fuites sont gênantes. Toutes celles qui ont des fuites et qui sont gênées savent ce que c’est.

A quoi sont dues les fuites d’urine ?

Petite visite guidée de la vessie et de son fonctionnement La vessie est une poche qui contient l’urine fabriquée en permanence par les reins. C’est un réservoir qui se détend pour se remplir et se contracte pour uriner (pour être précis la vessie est un muscle).

Pour les médecins le fait d’uriner est la miction. L’urine est conduite au-dehors par un tuyau appelé urèthre qui part de la vessie.

Normalement, le système est étanche, il ne fuit pas car il y a des systèmes antifuites.

Il existe deux sortes différentes de fuites d’urine

Les pertes d’urine qui se produisent au cours d’un effort, qui s’appellent incontinence urinaire d’effort (IUE en abrégé). Ces pertes sont dues soit au sphincter qui marche mal, soit au manque de tonus du plancher du ventre.

Les pertes d’urine qui se produisent quand on ne peut pas se retenir car l’envie est trop forte. C’est la vessie qui est malade. Le sphincter n’est pas abîmé et son soutien est solide. Ce problème de fuites est appelé urgenturie ou impériosité mictionnelle.

Certaines femmes n’ont pas de chance car elles ont des fuites à l’effort et des fuites dues à des envies trop pressantes (pour les médecins, l’incontinence urinaire est mixte).

Pourquoi tant de gêne ?

Parce que parler d’incontinence, c’est faire référence aux fonctions d’excrétion de notre organisme, qui suscitent souvent une pudeur bien plus exacerbée que d’autres sujets, pourtant longtemps tabou comme la sexualité (Lire encadré : Une question de pudeur). Et malgré la visibilité de la continence dans les médias, beaucoup de patients hésitent encore à consulter ou bien repoussent l’échéance, refusant de se sentir concernés.

D’autant que l’incontinence urinaire est toujours liée à la notion de vieillissement et de dépendance, de perte d’autonomie et de contrôle de soi. Idée reçue assurément, à tout le moins vérité partielle. Car, si « la dame âgée » souffre, en effet, souvent d’incontinence urinaire, il y a d’autres sujets à risques... et de beaucoup plus jeunes.

On ne s’y attendrait pas forcément, et pourtant, deux typologies sont particulièrement vulnérables et de plus en plus nombreuses : les femmes sportives, les femmes en surpoids.

La thématique de cette 7e semaine nationale de l’incontinence sera donc articulée autour de la préservation de la continence chez les personnes à risque, en s’appuyant sur les cas de femmes jeunes et sportives et de femmes en surcharge pondérale.

En 2009, ces « délits de fuite », ne doivent plus amener des conduites d’évitement, comme se priver de sorties, voire de relations intimes, ou bien amener à se contenter de solutions strictement palliatives (comme les protections absorbantes, qui contribuent un peu plus à dégrader l’image de soi). Dans tous les cas, ces attitudes d’évitement, adoptées par crainte de parler de ses « petits ennuis » à son entourage ou à son médecin traitant, altèrent peu ou prou la qualité de vie, privée, sociale, voire professionnelle. Les mesures préventives existent, des examens performants aussi, ainsi que des rééducations adaptées, de nombreux traitements médicamenteux et, dans certains cas, des interventions chirurgicales.

Le sport c’est bon pour la santé, mais ...

Le sport c’est bon pour la santé, et de plus en plus de gens ont une activité physique régulière. Mais il est clairement établi que, chez la femme, certains sports, ou une activité physique trop intense, peuvent avoir des effets néfastes sur la statique pelvienne et donc entraîner une incontinence urinaire d’effort. Ainsi voit-on se multiplier, ces dernières années, le nombre de plaintes pour fuites d’urine au cours d’un effort physique dans les milieux sportifs de haut niveau, entre autres. Car, quelle que soit la tranche d’âge, le sport peut multiplier de 3 à 5 (selon l’activité) le risque d’IUE, et ce pour toutes les pratiquantes, même amateurs.

On le sait, l’IUE survient lorsque la pression vésicale dépasse les capacités sphinctériennes au cours d’un effort, en dehors de toute contraction vésicale. Or, chez les femmes sportives, lorsque la paroi abdominale est très tonique, la tension abdominale est une source de pression « vers le bas », en direction du plancher pelvien. Et les exercices physiques qui occasionnent des sauts répétés (jogging, saut, etc.) ajoutent une pression abdominale - à titre d’exemple, la PIA (pression intra-abdominale) peut être multipliée par 10 lors d’une course ou d’un saut !

Cette mécanique d’hyperpression intra-abdominale influe, à terme, sur la statique pelvienne et finit par produire un déséquilibre entre une sangle abdominale trop puissante et un plancher périnéal insuffisamment musclé, favorisant des « fuites urinaires » d’effort.

Des pertes d’urine, ce n’est pas rare et chez les grandes sportives c’est plutôt fréquent. Comment l'expliquer ?

Le périnée est le plancher du ventre. Ce plancher est perforé par l’urèthre, par le vagin et le rectum (la fin de l’intestin) avec l’anus. Pour maintenir tous ces organes en place, il doit être très solide. Quand ce plancher manque de tonus, qu’il est mou, les organes passent au travers, c’est la descente d’organe (pour les médecins, c’est un prolapsus).

La vessie est un muscle muni de capteurs d’envie. Quand elle contient suffisamment d’urine, les capteurs sont avertis, vous avez alors envie d’uriner et vous contractez votre vessie. Si vous n’attendez pas le dernier moment, vous irez aux toilettes tranquillement, quand vous le décidez, vous pouvez vous retenir car rien ne presse.

Parfois les capteurs d’envie sont trop sensibles, comme irrités. Ils envoient des signaux à tort et à travers à la vessie qui se contracte n’importe quand et n’importe comment. Elle se contracte si fort et votre envie est si pressante qu’il n’est pas possible de vous retenir plus de quelques minutes parfois même plus de quelques secondes. Si vous ne trouvez pas très vite des toilettes, vous ne contrôlez plus rien, c’est la fuite assurée.

Quelle prise en charge ?

Il paraît évident que des actions d’éducation devraient être menées auprès de ces jeunes sportives afin de les informer sur le schéma corporel féminin, sans que le rôle du périnée ne soit occulté, et les risques potentiels liés à l’oubli de ce dernier...

Ensuite, tout dépend du sport pratiqué et de l’importance du handicap, mais l’IUE étant peu sensible aux traitements médicamenteux, la prise en charge doit porter en premier lieu sur une prévention des troubles de la statique pelvienne, mais aussi rachidienne. Dans ce domaine, les techniques de rééducation connaissent de réels succès. Elles ont pour objectif la meilleure utilisation de l’appareil sphinctérien et son renforcement musculaire : exercices périnéaux, cônes vaginaux, biofeedback ou électrostimulation, ces différentes techniques (parfois combinées entre elles) permettent une amélioration certaine, mais peu durable. En effet, il est nécessaire de poursuivre les exercices réalisés chez le kinésithérapeute par des exercices à la maison, sur le long cours, une contrainte à laquelle tous les patients ne parviennent pas à s’astreindre.

Dans des cas plus sévères, les femmes peuvent bénéficier du « MAB program ». Il s’agit d’une méthode dérivée du biofeedback avec télémétrie. Grâce à une mesure des activités musculaires enregistrées par un système EMG, elle renseigne sur les possibilités de chacune du verrouillage périnéal, lors d’activités sportives. Les informations recueillies sont transmises à un ordinateur qui exprime, via un écran de contrôle, les données en temps réel, au cours de l’activité physique ; permettant à la patiente d’adapter et de doser la force musculaire de son périnée en fonction du mouvement à réaliser.

La Femina Gym, est une méthode originale mise au point par des professionnels de santé. Cette méthode concilie les impératifs de conservation du tonus périnéal et l’amélioration de la condition physique. L’originalité de la méthode est de combiner gymnastique, exercices de yoga et aérobic, avec intégration du verrouillage périnéal (avec ou sans cônes vaginaux). Cette rééducation se pratique en groupe (6 personnes maximum), une séance dure 45 minutes et il existe plusieurs niveaux de pratique dans lesquels la patiente peut évoluer en fonction des résultats obtenus.

Enfin, si l’IUE sévère persiste après différents traitements, il peut être envisagé un recours à la chirurgie. L’intervention la plus pratiquée aujourd’hui est le soutènement urétral. Elle consiste à mettre en place (par le vagin) une bandelette en matériau biocompatible qui soutient le conduit de l’urètre lors de l’effort pour éviter qu’il ne s’ouvre de façon intempestive. La bandelette est sans tension (comme un hamac), sous l’urètre, supportant ce dernier pendant l’effort physique, empêchant ainsi toute fuite d’urine. Cette technique est mini-invasive, l’intervention ne dure pas plus de 30 minutes et se pratique sous anesthésie locale ou loco-régionale, la patiente restant hospitalisée de un à deux jours.

Le sport au féminin reste, bien sûr, souhaitable et profitable ! Mais une meilleure information, et une déculpabilisation des femmes sportives concernant l’IUE permettrait une meilleure prise en charge et, le cas échéant, d’orienter précocement vers des rééducations spécifiques. Enfin, si le sujet de l’incontinence urinaire était moins tabou, et si l’on pouvait en parler plus simplement avec des professionnels compétents, les femmes, notamment les plus jeunes, pourraient, dans des cas très précis, envisager de réorienter leur choix d’activité physique et sportive. Source: communiqué de l'Association Française d'Urologie.

 
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