La Journée Française de l’Allergie est dédiée à l’information du grand public. Il ne s’agit pas de mener des consultations qui demandent à la fois du temps et une préparation.
Cette 3e Journée Française de l’Allergie organisée par l’Association Asthme & Allergies, mobilise tous les acteurs de l’allergologie, partenaires de l’opération : l’ANAFORCAL (Association Nationale de Formation Continue en Allergologie), l’ANAICE (Association Nationale des Allergologues et Immunologistes Cliniciens Exclusifs), la SFAIC (Société Française d’Allergologie et Immunologie Clinique), la SNAF (Syndicat National des Allergologues Français), parrainée par la World Allergy Organization (WAO) avec le soutien des Laboratoires Schering-Plough.
* Entre 20% et 24% des Français sont allergiques
Il est important de se reconnaître allergique et de comprendre sa maladie :
- Pour sortir du cercle vicieux des symptômes, du caractère chronique de la maladie qui s’installe et se répercute sur la qualité de vie,
- Pour éviter que la maladie s’aggrave avec le risque de chocs anaphylactique(s),
- Pour faire prendre conscience que l’allergie n’est pas une fatalité et que l’on peut efficacement lutter contre.
* Les Français sont de plus en plus allergiques
Des études comparatives à 10 – 15 ans soulignent les progressions en la matière : l’asthme est passé de 2 % de la population à 9, 1 %, le rhume des foins de 9,4 % à 14 %.
* Le Mardi 24 mars 2009
Une période sensible pour les allergiques aux pollens anémophiles (ceux transportés par le vent) et aux pollens des graminées. Mais tous les allergiques ne se ressemblent pas. A la flore caractéristique d’une région correspond des allergies spécifiques :
* La liste des allergènes s’allonge
Officiellement 400 allergènes sont recensés en France : acariens, pollens, allergènes d’animaux, aliments, produits de nettoyage, lessives… En milieu professionnel, 250 agents sont répertoriés comme étant susceptibles d’entraîner une allergie. Par exemple, dans le secteur de la boulangerie 5 à 24 % des professionnels exposés présentent une manifestation allergique. Dans celui de la coiffure, les personnes concernées par l’allergie professionnelle due à des substances qu’elles manipulent ou auxquelles elles sont exposées est de 30 % !
Les allergènes sont variés allant des plus courants comme les acariens, les graminées, les poils de chat, le lait ou l’arachide ; aux plus surprenants comme la pomme, les tétines, la colle sur les enveloppes, les instruments en nickel et certains médicaments.
* Les allergies peuvent avoir des origines différentes
Outre les pollens, on trouve des allergènes dans l’alimentation, l’environnement de la maison ou le milieu professionnel
L’allergie n’est pas une fatalité. Il ne faut pas sous estimer les symptômes. Cette pathologie réclame une consultation auprès des spécialistes, les allergologues.
A quoi sert la journée du 24 mars ?
L’objectif de cette journée est de susciter un intérêt pour une pathologie chronique qui peut évoluer et empirer et que beaucoup sous-estiment.
Cette journée sera l’occasion d’aller à la rencontre des allergologues, spécialistes encore méconnus du grand public, les plus à même de répondre aux multiples questions suscitées par les manifestations et les répercussions de l’allergie. L’allergologue remettra ce jour là au public un guide de conseils utiles « l’Allergie en pratique ».
Qu’est-ce qu’un allergologue ?
On recense aujourd’hui entre 1200 et 1500 allergologues en France. Issus de la médecine générale ou des spécialités, ces médecins ont enrichi leurs compétences d’une capacité d’un Diplôme Universitaire (DU), ou d’un Diplôme d’Etudes Spécialisées Complémentaire (DESC).
Une grande moitié d’entre eux sont des spécialistes d’organe : pneumologues, dermatologues, pédiatres, ORL, médecins internistes ou du travail qui ont complété leur formation d’un DU d’allergologie.
La majorité de ces médecins exerce en libéral avec une activité hospitalière d’une demijournée à deux jours par semaine.
« Nous souhaitons pour l’avenir une plus grande pratique hospitalière, et ceci pour plusieurs raisons, explique le Dr Jacques Gayraud Président du SNAF (Syndicat National des Allergologistes Français). Nous sommes en effet une discipline transversale. Par ailleurs, certains tests nécessitent un environnement hospitalier. Le binôme anesthésiste/allergologue est nécessaire en milieu hospitalier privé ou public. Enfin l’hôpital va être de plus en plus le lieu où seront disponibles de nouveaux traitements utiles contre l’allergie.
De son côté le Dr Isabelle Bossé présidente de l’ANAICE (Association Nationale des Allergologues et Immunologistes Cliniciens Exclusifs) précise l’impact de la prise en charge des professionnels sur la résolution de problèmes allergiques : « Nous sommes capables de vraiment soulager les patients. Nous prenons en charge une population très variée allant de l’enfant à la personne âgée, pour des pathologies variant du plus simple au plus compliqué. La spécialité est en évolution perpétuelle, à la pointe de la recherche et de l’innovation, c’est passionnant. »
Comment se déroule une consultation chez l’allergologue ?
La Journée Française de l’Allergie est dédiée à l’information du grand public. Il ne s’agit pas de mener des consultations qui demandent à la fois du temps et une préparation.
* Avant la consultation diagnostic
Il est important d’être sevré de tout traitement anti-histaminique, d’anti-dépresseur, d’anxiolytique depuis au moins 10 à 15 jours. Les crèmes corticoïdes sont à déconseiller. Une cure courte de corticothérapie orale n’a pas d’effet significatif sur les tests cutanés. Quant aux tests biologiques (prise de sang), ils peuvent être pratiqués même sous traitement.
* Le médecin propose alors un bilan allergologique.
Il repose sur un interrogatoire très précis et des tests cutanés. L’interrogatoire va permettre au médecin de cerner les symptômes, de lister avec le malade les facteurs déclenchants et de comprendre l’impact négatif de la maladie sur vie quotidienne. C’est aussi un moment privilégié pour poser toutes sortes de questions : faut-il se séparer du chat ? L’oreiller en plumes ou la couette doivent-ils être mis au rebus ? Puis je venir faire pratiquer des tests à mon petit garçon de 4 ans ? Mon récent déménagement peut-il être à l’origine de mes crises ? L’eau calcaire entraîne-t-elle des allergies ? Pour bien préparer cet interrogatoire, il ne faut pas hésiter à lister ses questions, à noter les jours qui précèdent la consultation, la nature de son alimentation et enfin à décrire son environnement professionnel ou ses conditions de vie. Dans un deuxième temps, les tests cutanés (par exemples, les « prick-test ») consistent à déposer sur la peau des extraits allergènes, le médecin effectue des petites ponctures indolores afin que les allergènes passent dans la peau. Après 20 minutes, les résultats peuvent être lus. Chaque réaction cutanée qui ressemble à un bouton semblable à celui d’une piqûre de moustique traduit une sensibilisation à l’allergène correspondant. Ces tests mettent en évidence les anticorps spécifiques d’une allergie (les IgE spécifiques).
Le médecin peut alors diagnostiquer les allergies dites immédiates, telles que la rhinite, la conjonctivite, l’asthme ou l’urticaire. Ce test est très fiable.
Pour diagnostiquer un eczéma qui est par contre une manifestation retardée de l’allergie, le médecin pratique ce qu’on appelle des patch-tests. En consultation, il appliquera des substances sur la peau qui resteront entre 48 à 72 heures (il ne faut pas laver cet endroit là). Une consultation est programmée aux 2e, 3e, voire 4e jour plus tard pour la lecture des tests. Les produits appliqués, s’ils sont à l’origine de l’eczéma reproduisent cet eczéma au point d’application.
* L’allergologue est un véritable détective.
Son diagnostic est essentiel à une bonne prise en charge. Il peut alors atténuer les symptômes et lutter contre la survenue des manifestations allergiques et dans certaines circonstances vaincre l’allergie grâce à la désensibilisation, actuellement validée pour les seuls allergènes respiratoires. Dans tous les cas, l’allergologue est un conseiller qui informe et aide le patient à éviter la récidive, en proposant de limiter les contacts avec les allergènes responsable, en essayant de circonscrire l’inflammation et en donnant les moyens thérapeutiques au patient pour que ses allergies soient prises en charge très précocement afin de limiter les symptômes. L’allergologue établit également le suivi du patient.




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